Les Lectures des otages de Yôko Ogawa

La présentation de l'éditeur :

Huit touristes japonais ont été pris en otages dans une région montagneuse et désolée. Après l’assaut d’une brigade anti-terroriste, la cabane où ils sont retenus prisonniers est totalement détruite, il n’y a aucun survivant. Seul un enregistrement atteste de leur existence en ces lieux. Des lectures semble-t-il : des textes énoncés à haute voix par chacun d’entre eux pour surmonter la peur et tenter d’échapper à l’ombre béante de la mort.


Avis : 

Prise d'otages dans un pays choisi plutôt comme destination de vacances: un  petit groupe de Japonais est retenu prisonnier par la guérilla antigouvernementale.  Un événement dramatique qui se conclut, après de stériles pourparlers, par l'assaut d'un peloton anti-terroriste et la mort des otages. 

L'histoire ne s'arrête pourtant pas là car par l'intermédiaire de la Croix Rouge, un micro était caché dans la cellule des otages et a capté leurs conversations.  Surtout des textes clandestins, très personnels que chacun à tour de rôle a rédigé et lu à ses compagnons d'infortune.

Ces témoignages feront l'objet d'une émission diffusée à la radio, intitulée Paroles d'otages, des textes profonds et sensibles, clôturés par une brève présentation de l'otage concerné et des circonstances de son voyage.

Une petite fille apportant son aide à l'ouvrier d'une aciérie blessé à la jambe, les relations entre l'employée d'une fabrique de biscuits et sa logeuse, maniaque du rangement, la version japonaise de la salle à la demande, la naissance d'une vocation, la préparation inattendue d'un consommé, une séance d'entraînement au javelot, une ressemblance curieuse, le destin d'un bouquet de fleurs et enfin la rencontre entre une famille vivant en forêt et un groupe d'entomologistes désireux de suivre la cérémonie du prix Nobel.


Les huit récits ainsi regroupés sont évidemment très humains et émouvants, on y retrouve, comme toujours chez Yôko Ogawa, beaucoup d'émotions et de délicatesse.  Cette fois, le lien avec l'auteur-otage ajoute un petit plus de réalisme et de sensibilité.  Comment ne pas s'identifier à l'un ou l'autre de ces malheureux ?

Dans un contexte inattendu, l'auteur réussit le tour de force de mettre en scène une parenthèse douce et nostalgique, loin du sentiment d'urgence et de violence lié à la situation; une fois encore, un très beau texte de  Yôko Ogawa.





Challenge Un mois au Japon avec Hilde et Lou

Commentaires

rachel a dit…
et bin cela ne m'etonne pas de Yogo Ogawa...un jour je lirais tous ses livres dont celui-ci qui me donne vraiment envie....;)
Jérôme a dit…
Un roman au scénario vraiment surprenant mais pourquoi pas...
Hilde a dit…
Le sujet semble bien pesant, et pourtant je n'ai aucun mal à imaginer l'ambiance et cette délicatesse qu'on retrouve dans les récits de Yôko Ogawa. C'est particulier et je suis facilement perturbée par son écriture.
Lou a dit…
Je suis certaine que Yoko Ogawa exploite le sujet avec beaucoup de finesse mais c'est un titre qui jusqu'ici ne me tente pas trop, sans doute parce qu'il fait tellement écho à l'actualité et à des sujets auxquels on n'aime pas penser.
Anonyme a dit…
J'aime tellement cette auteure ! J'essaierai de lire celui-ci le plus vite possible... peut-être ce mois-ci pour participer un peu au challenge !!

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