"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

samedi 27 août 2016

Albert sur la banquette arrière d'Homer Hickam

Lecture en partenariat avec Babelio et les Editions Mozaïc : un grand merci!

Le résumé de l'éditeur 

C'est l'histoire d'un couple où l'un aime et l'autre pas. C'est l'histoire de Homer, honnête mineur de Virginie, d'Elsie, sa jeune épouse aux rêves déçus, et d'Albert. 

Mais qui est donc Albert ?  Un alligator. Un cadeau de mariage qu'Elsie a reçu du grand amour de sa vie quand elle s'est résignée à épouser Homer. Une petite bête facétieuse et un peu cruelle,  qui s'interpose sans cesse entre elle et son mari.   

Que fait Albert sur la banquette arrière ?  On le ramène chez lui. Exaspéré par les tours féroces que lui joue l'alligator, Homer pose un ultimatum à Elsie : c'est Albert ou lui...  Ainsi commence une expédition à trois vers la Floride, pour ramener Albert chez lui.

Avis 

Un alligator, voilà un bien étrange cadeau de mariage !  C'est pourtant ainsi qu'Albert est entré dans la vie d'Elsie et Homer, faisant le bonheur de la jeune femme mais au grand désespoir de son époux. 

Au fil des ans, Albert grandit tandis qu'Elsie et Homer s'interrogent sur l'avenir de leur couple : Elsie ne cesse de regretter un ancien amoureux et Homer a un peu de mal à l'accepter.  Lassé des farces d'Albert maintenant de belle taille, Homer prend la décision de ramener l'alligator en Floride et de lui rendre sa liberté.

Elsie accepte et profite de l'occasion pour rêver à une nouvelle vie.  Finalement, ce voyage en voiture à travers les Etats Unis décidera de la suite de leur vie à deux...

Dans ce roman un peu fou, Homer Hickam Jr nous raconte le périple de ses parents, Elsie et Homer, accompagnés d'Albert : ils quittent la Virginie pour la Floride dans l'Amérique des années trente, une époque marquée par la Dépression et un contexte très intéressant. 

Une expédition qui ne sera pas de tout repos et conduira nos héros à développer des talents inattendus ou à exercer des métiers pour le moins originaux.  Le tout résultant sur un mélange d'aventures en tout genre au fil des rencontres qui émailleront la route.  De Steinbeck à Hemingway en passant par Tarzan, les intervenants se suivent et ne se ressemblent pas.  Ajoutez-y un coq têtu, des contrebandiers, des marins, des malfaiteurs obstinés, quelques miséreux... et vous aurez un aperçu de la douce folie qui caractérise ce roman.  Le tout est plaisant à lire, tout en étant parfois un peu fouillis ou quelque peu monotone.


Loin de ce côté déjanté, les relations conjugales sous-tendent l'action d'un bout à l'autre du récit.  J'ai pourtant regretté que la fin, en l'occurrence le choix d'Elsie, se décide un peu rapidement, finalement à contre-courant des aventures. Une impression d'urgence que je regrette, tout comme le vol de la paternité du titre les Raisins de la colère...  

Une histoire hors du commun :  un joli voyage pour les amateurs d'aventures improbables !

dimanche 31 juillet 2016

Les valises sont prêtes !





Enfin, presque...  Quoi qu'il en soit, le moment est venu : 
les vacances sont là.

Profitez bien de votre été, au plaisir de vous retrouver à la rentrée !

samedi 30 juillet 2016

L’Award de l’été






Il y a peu Les conteuses, le blog de passionnées de travaux d'aiguilles relayées par Syl sur la toile, m'ont décerné un Award : un grand merci à elles, c'est toujours un grand plaisir de suivre leurs superbes travaux.  Je loue leur patience et leur dextérité; les suivre est un peu magique.

Maintenant, c'est à mon tour.  Je dois donc : remercier la personne, écrire la liste des règles, mettre la photo de l’Award, écrire 7 faits me concernant et passer le relais.

  1. Les vacances approchent à grands pas : c'est entre deux valises que je rédige ce billet,
  2. Pour les vacances, j'ai opté pour la liseuse, histoire d'alléger les valises.  J'ai été bien gourmande en la chargeant cette année,
  3. Ma PAL de vacances est toujours prête bien avant les autres valises.
  4. A la rentrée, je devrai(s) ranger mon bureau mais je crains de me laisser aller.  Je suis un peu paresseuse ^^
  5. Je viens de soutenir le projet d'Edwige et de sa famille : ils décident de changer de vie et de prendre la route, c'est fantastique !  N'hésitez pas à découvrir leur aventure et à en parler à votre tour.
  6. Syl vient de me conseiller deux titres bien tentants, je les ai commandés dans la foulée.  Je suis faible...
  7. Je retourne à mes valises et puis, je file corriger un texte d'élève à poster demain matin.
Il me faut à mon tour transmettre cet Award : les vacances aidant, la tâche n'est pas aisée mais c'est avec plaisir que je délivre cet award à : 

  1.  Le petit monde de Bénédicte
  2.  Edwige crée des trucs
  3.  Estellecalim
  4.  A quand les bonnes nouvelles
  5.  D'autres vies que la mienne


Aide-moi si tu peux de Jérôme Attal

La présentation de l'éditeur :

Stéphane Caglia n'est pas un flic comme les autres. Pour échapper à la violence urbaine qui est son quotidien, il se réfugie dans les années 80 – les années de son enfance.

Traqué par un tueur à la solde d'une mystérieuse secte, il va devoir enquêter sur la disparition d'une jeune fille, liée à une série de crimes. Tamara, dix-sept ans, postait sur Internet des reprises de chansons des Beatles. Là est peut-être la clé de l'énigme...

Avis 

Résolument coincé dans les années 80, Stéphane Caglia concilie avec bonheur sa passion pour la décennie qui a marqué son enfance et son travail dans la police. 

Pour l'instant, en pleine période de canicule, il se voit confier une nouvelle enquête : un homme est mort, étranglé au moyen d'une corde de guitare.  Pour venir corser le tout, les recherches mènent à une découverte étrange : la tête d'une jeune fille dans le congélateur de la victime.

Comme si cela ne suffisait pas, Caglia se voit également chargé d'une coéquipière inattendue: une jeune anglaise en formation, Prudence Sparks.  Une jolie prime...

Tandis qu'une affaire qui semblait terminée se rappelle au bon souvenir de Caglia, le tandem Caglia-Sparks trouve peu à peu ses marques et s'oriente vers une piste musicale, les chansons des Beatles apparaissant régulièrement dans le décor des enquêteurs.

Conciliant la musique, les années 80 et de sordides meurtres, le roman de Jérôme Attal est un roman policier à l'allure joyeuse : l'enquête de base est sérieusement construite mais d'autres éléments viennent en alléger la noirceur.  Ainsi le rythme imprimé par l'auteur, l'univers musical qui berce l'enquête ou encore les rebondissements soigneusement distillés au fil des pages.


Sans oublier le héros : un personnage hors du commun, rigoureux dans son travail mais sans cesse focalisé sur les années 80.  Ses références m'ont rappelé de charmants souvenirs et ses répliques percutent à chaque fois.  Sa présence donne un côté agréablement décalé et émouvant au récit; l'ensemble est savoureux.  Un heureux mélange d'humour et de nostalgie sur fond de roman policier; un cocktail que je ne peux que vous encourager à découvrir !

Anti-Glace de Stephen Baxter


Lecture en partenariat : merci au  Livre de Poche pour cette découverte !

La présentation de l'éditeur :

L’anti-glace est une matière au potentiel hautement énergétique. Inerte à basse température, elle atteint son rendement optimal sous l’effet de la chaleur. Depuis sa découverte par une expédition anglaise dans les neiges du pôle Sud, elle a donné à la Couronne britannique, en cette seconde moitié du xixe siècle, le leadership mondial. Une situation qui exacerbe les tensions entre le Royaume-Uni, la France et la Prusse...

Jeune diplomate en mal d’aventures, Ned Vicars est à Ostende dans le but de contempler l’avènement d’une de ces merveilles scientifiques qu’autorise l’anti-glace. Mais il se retrouve bientôt bloqué, lui et une poignée d’autres infortunés, à bord du Phaeton, engin prodigieux qui quitte l’atmosphère terrestre en direction de la Lune. L’équipée fantastique commence. Une aventure steampunk débridée.

Avis 

Grâce à l'anti-glace, l'Angleterre est devenu un empire puissant qui cherche à s'imposer sur l'Europe.  Cette matière inédite a connu de nombreuses applications civiles mais aussi militaires par le génie de Josiah Traveller.  L'équilibre européen en a été bouleversé et les tensions sont vives.

Un peu naïf et impressionnable, le jeune Ned Vicars se voit tout à coup libre de son temps suite à une mission avortée sur le site de l'Exposition Universelle de Manchester.  Il décide alors de se rendre à Ostende pour assister au lancement en grandes pompes d'un vaisseau à la pointe de la technologie, le Prince Albert.  Sans le savoir, le voilà qui plonge au cœur d'un complot terroriste qui va le mener bien plus loin qu'il n'aurait osé le rêver...


En côtoyant sir Josiah Traveller, l'inventeur de l'anti-glace, Ned Vicars met le pied dans un engrange inattendu : il entre ainsi dans une aventure fantastique, mélange de grandes découvertes et de sombres considérations politiques.  La partie portant sur les progrès scientifiques et la conquête spatiale m'a intéressée mais je me suis perdue dans les digressions politiques, faites de diplomatie et de stratégie militaire.  Grâce à une galerie de personnages solidement croqués et à une intrigue originale, j'ai pourtant pris plaisir à suivre le voyage de Ned Vicars et de ses compagnons : une aventure agréable à lire!

lundi 25 juillet 2016

La ligue des enfants extra ordinaires de Gitty Daneshvari


Lecture en partenariat avec Livraddict et les éditions Michel Lafon : un grand merci à tous deux pour cette lecture !


Le résumé de l'éditeur 

Quand les gens disent que “ les enfants sont l’avenir ”, ils ne pensent pas à moi. »
Jonathan Murray, 12 ans

Qu’est-ce que la Ligue des Enfants Ordinaires ? Eh bien, je suis ravi que vous me posiez la question. (Oh, vous n’avez rien demandé ? Vous l’auriez fait à un moment ou à un autre, et je déteste perdre mon temps.) Nous formons un réseau secret d’espions composé des enfants les plus quelconques du pays, ceux qu’on oublie complètement. Pourquoi des enfants banals ? Pourquoi pas des surdoués ? Ou des sportifs ? Ou des reines de beauté ? Parce que les gens n’oublient pas ces derniers, alors qu’ils nous oublient, nous. Et vous savez pourquoi ? Parce que nous nous fondons dans le décor. Nous évoluons dans l’angle mort du monde.

Avis

Dans la petite ville d'Evanston, tout est soigneusement contrôlé et l'excellence est encouragée.  Pourtant Shelley et Jonathan y mènent une existence sans histoire : même leurs camarades de classe ne les remarquent pas.  Tous deux semblent insignifiants, transparents même.

Curieusement, tout à coup, cette banalité devient un atout et leur permet d'intégrer la Ligue des Enfants Ordinaires, un réseau d'espions inhabituel.  Appelés à la rescousse après l'enlèvement du Vice-Président des Etats Unis, Shelley et Jonathan sont les premiers surpris de se voir confier une mission...

Dans ce roman jeunesse amusant et animé, Gitty Daneshvari met au centre de l'action des anti-héros pour le moins inattendus.  Shelley et Jonathan n'ont vraiment rien de remarquable : Shelley parle à tort et à travers, elle ne s'investit en rien dans son nouveau "métier"; à ses côtés, Jonathan ferait même figure de bon élève !  Les voir évoluer à côté de leurs collègues du MI5, les efficaces Vera et Félix, est drôle et plein de surprises, tant le contraste est fort.

Pour les encadrer, l'auteur a prévu des adultes, eux aussi, un peu spéciaux : ainsi, l'infirmière Maidenkirk, le recruteur de la Ligue, Hammett ou Arthur Pelton, le gardien de la Maison Blanche valent également le détour.

L'histoire est basique : une intrigue autour de codes volés, animée de suspense; elle plaira aux jeunes lecteurs qui pourront, à l'instar des héros, échafauder quelques pistes. Et les voir retomber quelques pages plus tard... L'humour est bien présent et de nombreuses illustrations viennent également égayer l'ouvrage, tout comme des citations en début de chapitres, présentées comme des dossiers top-secret.

Sous ses dehors légers, le récit se penche sur le rejet des différences et la recherche de la performance que l'on demande souvent aux enfants.  Ici, le message est tout autre et ceci est plutôt appréciable.

En résumé, tous les ingrédients pour plaire aux jeunes lecteurs sont réunis ici : une histoire sympathique, de l'humour, de l'action, une morale plaisante...





dimanche 24 juillet 2016

Ardalén, vent de mémoires de Miguelanxo Prado

Le résumé de l'éditeur 

Chamboulée dans sa vie personnelle et professionnelle, Sabela se rend dans un village des montagnes de Galice, sur les traces d’un ami de sa famille. Mais sur place, sa rencontre amicale avec un vieil homme solitaire, Fidel, va bientôt bouleverser les projets de la jeune femme. En dépit de l’hostilité et de la jalousie de certains villageois alentour, l’un et l’autre en viennent rapidement à s’échanger confidences et souvenirs. Leurs récits s’entremêlent et la mémoire impétueuse de Fidel, qui invoque souvent l’univers coloré de Cuba, semble parfois acquérir la texture du réel : l’évocation de sa fiancée d’autrefois Rosalia, de son ami Ramon disparu dans un naufrage, d’une mystérieuse fée qui lui fait écouter la mer dans un coquillage, et jusqu’à ses visions du chant des baleines, qui lui apparaissent parfois à l’orée de la forêt, poussées par le vent…

Avis 

A la recherche d'un ami de son grand père, Sabela retourne dans le village de Galice, berceau de sa famille.  Il y a fort longtemps, Francisco en serait parti pour Cuba et sa petite fille aimerait rencontrer quelqu'un qui l'aurait connu.  

Sur les conseils des villageois, elle y rencontre Fidel, un vieil homme à la mémoire défaillante.  Pourtant, entre Fidel et Sabela, le courant passe et les discussions s'éternisent : Fidel aime à se rappeler Cuba, ses amis, sa fiancée, ...  Il aime également les promenades dans les bois d'où surgissent des baleines, les jours de grand vent.

Tandis que Sabela, désormais sans réelle attache, s'attarde au village, les discussions vont bon train sur l'amitié qui la lie au vieil homme...


J'ai beaucoup apprécié ce voyage au gré de la mémoire hésitante de Fidel : les vues d'Espagne, les souvenirs de Cuba, ces étranges baleines...  Le récit oscille sans cesse entre rêve et réalité : le résultat est poétique, chargé d'émotions.  Le dessin est unique, très particulier mais son charme colle bien à cette histoire dont on doute sans cesse, soumise aux caprices de l'Ardalén, ce vent qui souffle sur les côtes atlantiques.