"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

jeudi 27 juillet 2017

Acquanera de Valentina D'Urbano


La présentation de l'éditeur :

Après dix ans d’absence, Fortuna retourne à Roccachiara, le village de son enfance perché dans les montagnes du Nord de l’Italie, qu’elle croyait avoir définitivement abandonné. La découverte d’un squelette qui pourrait être celui de sa meilleure amie, Luce, lui a fait reprendre le chemin de la maison. C’est l’occasion pour la jeune femme de revenir sur son histoire, de régler ses comptes avec le passé et en particulier avec sa mère, la sauvage Onda dont elle n’a jamais été aimée.

Ainsi débute ce récit sur quatre générations : quatre générations de femmes – Clara, Elsa, Onda et Fortuna – qui ont vécu en autarcie année après année, privées d’hommes, marquées comme au fer rouge par d’étranges dons qui les ont placées en marge de leur communauté. Au terme de cette plongée aux origines, Fortuna pourra-t-elle s’engager sur le chemin de la reconstruction et de la réconciliation ?

Acquanera aborde avec force et sensibilité les thèmes des relations maternelles et filiales, de la transmission, de la mort, de la différence et de l’amitié. Avec ce deuxième roman symbolique et poétique, Valentina D’Urbano confirme son singulier talent.

Avis :

En apprenant la découverte d'un corps dans les bois proches du village où elle a grandi, Fortuna met un terme à sa longue absence et décide de rentrer affronter sa mère Onda.  Elle décide ainsi de tirer un trait sur le passé et choisit de revenir sur une histoire familiale un peu hors du commun.

Par petites touches, depuis Clara Castello, Fortuna nous livre le destin des femmes de sa famille, des personnalités fortes et impressionnantes.  Des qualités qui, de tout temps, les ont tenues à l'écart de la vie du village.

A Roccachiara, l'eau est omniprésente : elle borde le village, berce le quotidien des villageois et accompagne les étranges dons des femmes de la famille de Fortuna.  C'est également elle qui donne son atmosphère au roman, l'enveloppant d'un voile gris et pesant. 

Ce poids entoure surtout les femmes de la lignée de Fortuna, révélant leurs pouvoirs et en faisant quasi une malédiction: le village a besoin d'elles mais les accepte mal.  A travers ces portraits de femmes dures mais très humaines, Valentina D'Urbano nous entraîne dans une saga familiale envoûtante, un texte qui frôle le fantastique et mêle avec bonheur mystère et magie.  Une heureuse découverte que je dois à Owlygirl du blog Bookowlic: merci encore !


lundi 17 juillet 2017

Aelfic de Patrick Mc Spare

Lecture en partenariat : merci aux éditions Scrinéo et Emilie pour cette découverte passionnante !

La présentation de l'éditeur : 

Le voyage initiatique d’un jeune adolescent dans le monde des elfes, entre danger et émerveillement

Comme chaque été, Ael profite des vacances avec ses parents.  Hélas, cette année, elles tournent rapidement au drame.

Projeté dans le monde des Neuf Forêts, Ael croit d’abord faire un cauchemar. Puis il s’interroge. Est-il fou ? Est-il mort ? Ni l’un ni l’autre. Lylidra, la jeune apprentie magus, Mouk, l’étrange ouistiti qui parle, Queen Mama et tous les autres elfes existent vraiment.

Prisonnier de cet univers fait de magie, de dangers, de traîtrises, Ael doit survivre et sauver ses parents. N’importe quel garçon de quatorze ans échouerait. Mais Ael est désormais Aelfic, mi-humain, mi-elfe. Et il compte bien se montrer à la hauteur de l’enjeu !

Avis : 

Visites touristiques et perfectionnement de son anglais sont au menu des vacances que passe Ael avec ses parents dans le comté du Whiltshire : un programme qui réjouit le jeune garçon.  Pourtant ce voyage est violemment interrompu par un étrange accident de voiture à proximité du site de Stonehenge.

En se réveillant après le choc dans une forêt inconnue, Ael est un peu désorienté : rapidement, il comprend qu'il a été transporté dans un autre monde et cherche à retrouver la sécurité de son univers.  Un groupe d'elfes vient alors à son aide et Ael réalise alors que son retour ne sera pas simple. 

Pour réintégrer sa propre vie, il devra traverser le monde des neuf Forêts, un endroit inconnu et parfois dangereux. Même s'il est maintenant à moitié elfe et possède quelques pouvoirs, une quête mouvementée attend le jeune Aelfic.

En s'attachant aux pas d'Ael et de ses parents, Patrick Mc Spare nous transporte, à première vue, dans un récit assez classique et sans surprise.  Pourtant, très vite, à l'image d'Ael, devenu Aelfic, basculant dans un univers parallèle, le lecteur se retrouve plongé dans une aventure qui se révèle plus complexe que prévu : des mondes divers et surprenants qui s'imbriquent pour former le domaine des neuf Forêts. Il en va de même pour les habitants et leur mode de vie.

L'univers ainsi mis en place est complexe et son histoire est solidement étayée : cette société n'est pas bâtie sur du vent et Aelfic le comprendra rapidement, la situation actuelle trouve son origine dans des événements bien lointains et des querelles ancestrales.  Y évoluer, en cherchant un moyen de regagner son monde, amènera Aelfic à se poser de réelles questions sur notre société et son mode de fonctionnement.

Partagé entre deux mondes, Aelfic mettra tout en œuvre pour les concilier et fera preuve de son caractère et de sa détermination: dans sa quête, il se fera des alliés, des personnages hauts en couleurs, drôles et attachants.  Une équipe que j'aurais aimé suivre dans d'autres aventures fantasy aussi inspirées que celle-ci.  Qu'à cela ne tienne, Patrick Mc Spare a semé dans ce roman quelques petits cailloux blancs menant à ses autres séries : les Hauts Conteurs ou les Héritiers de l'aube, d'excellents choix également !


vendredi 7 juillet 2017

La lanterne des morts de Janine Boissard

Lecture en partenariat : un grand merci à Gilles Paris pour cette découverte.

La présentation de l'éditeur :

Lila et Adèle sont sœurs. Belle, brillante, passionnée, Lila ne rêve que de mener la grande vie. Hélas elle est victime de bipolarité, cette terrible maladie où le meilleur côtoie le pire. Adèle est douce, tendre, responsable.

Les années passant, de lourds soupçons pèsent sur Lila. Autour d’elle, plusieurs événements tragiques, toujours liés à des affaires d’argent. Mais sans jamais la moindre preuve.

Voyant sa sœur s’attaquer à celui qu’elle aime, les yeux d’Adèle s’ouvrent enfin. Menant une discrète enquête, elle découvre la vérité. Mais cela suffira-t-il à sauver Vivien ?

C’est dans les beaux paysages du Périgord Noir, où flottent les arômes de truffe et de bon vin, que se passe cette histoire de famille comme Janine Boissard excelle à les raconter, mêlée d’un suspense qui ne faiblit jamais.

Avis 

Sept ans séparent Adèle et Lila et leurs caractères respectifs creusent encore l'écart entre les deux sœurs.  Autant Adèle est calme et réfléchie, autant Lila est exubérante et emportée.  Dès leur petite enfance, Adèle est passionnée par l'héritage familial, la truffe; Lila rêve plutôt de s'amuser.  Depuis toujours pourtant, Adèle est fascinée par cette sœur tellement brillante.

Mais c'est la maladie qui explique le comportement instable de Lila: l'adolescente souffre de bipolarité.  A la mort de leur mère, elle part vivre chez sa marraine à Bordeaux et profite de sa liberté.  Le temps passe et les deux sœurs suivent des chemins bien éloignés : Lila en Espagne menant une vie de fête auprès d'un mari très épris et Adèle à la tête du domaine familial, espérant l'amour de Vivien un ami d'enfance, qui dirige avec brio la propriété viticole voisine.  Lorsque Lila réapparaît subitement, la situation entre les deux sœurs semble avoir évolué...


Un caractère instable et imprévisible, des secrets trop longtemps tus, le poids des traditions, un style sensible et délicat et, pour couronner le tout,  une région magnifique comme écrin à une histoire de famille difficile à lâcher : le suspense est là et l'angoisse monte.  Sans vouloir trop y croire car cette Lila semble si vive et charmante et Adèle est si douce... Pour découvrir les surprises que réserve le duo formé par Adèle et Lila, il ne reste qu'à vous plonger dans les mystères du Périgord Noir en compagnie de la lanterne des morts.

lundi 26 juin 2017

La merveille imparfaite d'Andrea De Carlo


Lecture en partenariat : un grand merci à Gilles Paris pour cette découverte.

Le résumé de l'éditeur :

L’automne en Provence : les premiers froids de l’hiver alternent avec les dernières chaudes journées d’été. Un événement va marquer la fin de cette saison : un grand groupe de rock anglais, les Bebonkers, prépare un concert caritatif en l’honneur du troisième mariage de son très charismatique chanteur, Nick Cruickshank. Les préparatifs vont bon train et tout s’organise sous l’oeil attentif de la future mariée.

Dans la petite ville de Fayence, Milena Migliari, une jeune Italienne, crée des glaces exceptionnelles avec une attention d’artiste. Elle a délaissé les hommes depuis longtemps et vit avec Viviane. Leur relation est solide et calme, à l’opposé exact de ses glaces évanescentes. Dans quelques jours, Milena va commencer, sans grande conviction, un traitement hormonal pour tenter d’avoir un enfant. Elle hésite à partager ses interrogations avec sa compagne, tout comme Nick, qui se demande depuis quand son histoire d’amour s’effiloche. C’est ainsi qu’une rock star anglaise et une jeune artisane italienne vont voir leur destin se croiser… et se jouer en trois journées très particulières.

Avis 

Châtaigne, kaki ou encore fleur de lait, voici un aperçu des glaces hors du commun que prépare Milena dans sa petite boutique de Fayence.  Elle y met tout son cœur, recherchant des produits d'exception au fil des saisons, attentive à créer un produit inoubliable mais pourtant fugace.

Non loin de là, Nick Cruickshank, leader du célèbre groupe des Bebonkers, est sur le point de se marier pour la troisième fois.  Pour l'heure, la situation se résume en préparatifs pharaoniques et invités capricieux.  Au milieu de cette agitation, Nick traîne la cool attitude qui a fait sa réputation, espérant désespérément la plénitude de la Provence en automne.

Entre glace et rock'n roll, la rencontre de Nick et Milena est plutôt improbable.  Pourtant, à la grâce d'une panne de courant inattendue, les voilà réunis dans une rencontre bouleversante.

Glace et romance semblent annoncer une lecture d'été légère et éphémère.  Il n'en est pourtant rien ici : Andrea De Carlo se plaît à creuser ses personnages, leurs sentiments et leur psychologie, à décortiquer leur situation, égratignant au passage le statut de célébrité et une société artificielle, vide d'âme.  Il nous offre ainsi une romance psychologique dans un cadre envoûtant, relevée d'une pointe de gourmandise.  A l'image des glaces de Milena, un parfum sensible et exceptionnel.  Une lecture à savourer !


mercredi 21 juin 2017

Il faut se méfier des hommes nus d'Anne Akrich

Lecture en partenariat avec Babelio et les Editions Julliard: un grand merci !

La présentation de l'éditeur
 :

« Si Dieu ne s'était pas mis en tête de planter ce foutu jardin en Éden, on n'en serait pas là. Si, au milieu de ce jardin, Il n'avait pas fait pousser l'arbre de la connaissance, la femme n'aurait pas croqué dans le fruit et ne l'aurait pas tendu à l'homme. Tout le monde serait resté nu. On aurait continué à cultiver sagement la terre et à dompter les fleuves. Si l'homme-poussière et la femme-côtelette n'avaient pas entrepris de se venger en lançant la rumeur de l'Éden, leurs descendants n'auraient pas eu cette idée fixe : retrouver le jardin ! Ils n'auraient pas construit de beaux bateaux pour partir à sa recherche. Ils n'auraient donc jamais trouvé Tahiti, ni ne l'auraient baptisée ainsi : Paradis perdu. S'il n'avait pas été perdu, personne n'aurait songé à le retrouver.
Pas même Marlon Brando. »

À mi-chemin entre la biographie tragi-comique d'un monstre sacré du cinéma et le thriller introspectif, ce roman jubilatoire dynamite en un seul récit deux mythes toujours enracinés : le glamour hollywoodien et le paradis terrestre.

Avis :

Chargée d'écrire un scénario sur la période tahitienne de la vie de Marlon Brando, Cheyenne Cohen se voit contrainte de retourner à Tahiti après une dizaine d'années d'absence.  Elle y a passé son enfance et y a vécu des heures douloureuses partagées avec sa jumelle.  Son endroit de naissance et son prénom en ont fait la personne parfaite pour réaliser ce scénario.  Reste à voir comment elle va mener sa mission à bien, une fois arrivée au Paradis perdu et confrontée à sa famille, aux caprices d'Hollywood, aux souvenirs tragiques, à la drogue omniprésente sur l'île...


Mêlant fiction et réalité, satire et une pointe de thriller, ce roman est plutôt atypique : il met en lumière la vie de Marlon Brando mais en gomme parfois la vérité pour plaire à Hollywood.  Il se focalise également sur Tahiti qui a su séduire Brando mais montre que sous le soleil, tout est loin d'être rose.  Sans cesse, Anne Akrich semble souffler le chaud et le froid en appuyant là où ça fait mal.  Le cinéma hollywoodien est loin d'être épargné, stigmatisé dans sa folie et ses rêves de grandeur. Le ton est caustique, vif; le style est fluide et l'ensemble se lit sans déplaisir.  Une lecture plaisante, magnifiée par sa couverture et son titre !


mercredi 14 juin 2017

La Voie des Rois: Volume 1 de Brandon Sanderson

Lecture en partenariat : merci au  Livre de Poche pour cette lecture passionnante !

Le résumé de l'éditeur :

Roshar, terre de pierres et de tempêtes. Des siècles ont passé depuis la chute des Chevaliers Radieux, mais leurs avatars, des épées et des armures mystiques qui transforment des hommes ordinaires en guerriers invincibles, sont toujours là.

Au cœur des Plaines Brisées, Kaladin lutte depuis dix ans dans une guerre insensée. Dalinar, le chef d’une des armées, est fasciné par un texte ancien, La Voie des rois. Au-delà de l'océan, la jeune Shallan apprend la magie et découvre certains secrets des Chevaliers Radieux...

Avis 

Dans le monde fantastique de Roshar, Brandon Sanderson met en scène quelques héros majeurs et de nombreux personnages tout aussi passionnants mais qui apparaissent plus rarement.  On y trouve même une charmante sprène répondant au nom de Syl, une jolie coïncidence, que j'ai pris grand plaisir à suivre. 

Il nous invite ainsi à suivre Kaladin, un soldat brave et impétueux, Shallan une jeune érudite qui  cache d'étranges motivations derrière sa soif de savoir, Dalinar, un chef de guerre à la gloire bien établie et qui s'intéresse depuis quelques temps à La voie des rois, un ouvrage ancien.  Tour à tour, ils se débattent avec les problèmes et leur situation ne semble pas vraiment sur le point de s'arranger.  Que du contraire !  

Au fil du récit, chacun d'entre eux nous livre son passé et ses espoirs dans ce qui peut apparaître comme un puzzle gigantesque.  L'histoire de chacun est dure mais malgré tout prenante, elle se dévoile peu à peu : cette première partie compte plus de sept cents pages et la suite tout autant. Deux autres volumes, le livre des Radieux, continuent cette série captivante.  Ceci sans pour autant décourager le lecteur : bien au contraire ! Les pages se tournent sans peine tant le lecteur se laisse emporter par l'imagination de l'auteur et ses héros hors du commun.  C'est ici que le terme "addictif" prend tout son sens.

L'univers mis en place par Brandon Sanderson est époustouflant : faune, flore, climat, organisation de la société...  Tout a été minutieusement pensé : l'imagination de l'auteur est juste renversante.  Ceci combiné à des personnages atypiques et attachants, plongés en plein chaos, donne une série fantasy réellement enthousiasmante.  Inutile de rajouter que j'ai déjà entamé le deuxième tome...


vendredi 2 juin 2017

Martha ou la plus grande joie de Francis Dannemark


Un grand merci à Françis Dannemark pour cette lecture!

La présentation de l'éditeur :

« Martha a perdu de larges pans de sa mémoire à la suite d’un accident. Elle parle peu mais elle voit tout. Et quel sourire ! Au début de l’été, en nous rendant dans un joli village au bord de l’Yonne, nous ignorions qu’une femme âgée allait nous dévoiler son passé et nous plonger dans l’eau froide du nôtre. Pendant ce temps, en Irlande, un vieil écrivain, dont j’étais le traducteur et l’ami, serait accusé de plagiat et disparaîtrait dans la nature.

Mais lorsque je repense à ces journées, j’ai envie de retenir tout ce qu’elles ont eu de tendre, de farfelu et de merveilleux. J’ai envie de parler de la plus grande joie de Martha, qui pourrait bien être aussi la mienne. Et la vôtre. »

De révélations en rencontres, la vie des protagonistes se transforme, faisant place à une grande joie, dans cette comédie dramatique où l’on retrouve la « petite musique » si fluide de l’auteur.

Avis 

A la rencontre d'une vieille amie de leur père, Martin emmène sa sœur jumelle passer quelques jours dans un village au bord de l'Yonne : la nature et la proximité de la rivière envoûtent Martha.  Depuis une mauvaise chute, Martha a bien changé: elle est restée de longs moments dans le coma, son comportement est depuis lors un peu erratique et sa mémoire est des plus capricieuses.  Le regard qu'elle pose maintenant sur la vie et les autres est plutôt naïf et bienveillant; elle voit ce qui passe inaperçu pour d'autres.  Dont son fils, déboussolé par cette mère qu'il ne reconnait plus et qu'il cherche à encadrer à tout prix.

Ces quelques jours avec Martin et cette plongée dans leur passé familial vont de manière inattendue bouleverser leur vie : de jolies rencontres, une nature magnifiée, une fillette mutique, des secrets de famille, un écrivain irlandais en vadrouille...  Il n'en faut pas plus à Martha pour révéler sa part de fantaisie et s'affranchir d'une existence trop conformiste.

En compagnie de Martha, Francis Dannemark nous invite à faire l'école buissonnière et nous perd joyeusement dans un roman tendre et savoureux.  Il met en scène une héroïne touchante, dont on envie la capacité à s'émerveiller des détails du quotidien.

Tel l'Yonne, très présente dans cette histoire, le texte coule, fluide et vif et nous entraîne dans un univers paisible et apaisant, un monde où les pannes de voiture ne constituent pas un sujet de contrariété mais bien l'occasion de réaliser de belles rencontres ou de faire trempette.  Une vision du quotidien bienfaisante et bienvenue, un petit trésor heureusement contagieux que Françis Dannemark offre à ses lecteurs dans ce récit qui en devient indispensable.


mercredi 31 mai 2017

Glass sword de Victoria Aveyard

Lecture en partenariat : merci au  Livre de Poche pour cette lecture passionnante !

Le résumé de l'éditeur : 

Mare Barrow a le sang rouge, comme la plupart des habitants de Norta. Mais comme les seigneurs de Norta, qui se distinguent par leur sang couleur de l’argent, elle possède un pouvoir extraordinaire, celui de contrôler la foudre et l’électricité. Pour la famille royale, elle est une anomalie, une aberration. Une dangereuse machine de guerre.

Alors qu’elle fuit la cour et Maven, le prince qui l’a trahie, Mare fait une découverte qui change la donne : elle n’est pas seule. D’autres Rouges, comme elle, cachent l’étendue de leurs pouvoirs. Traquée par Maven, Mare fait face à sa nouvelle mission : recruter une armée, rouge et argent. Aussi rouge que l’aube, plus rapide qu’un éclair d’argent. Capable de renverser ceux qui les oppriment depuis toujours. Mais le pouvoir est un jeu dangereux, et Mare en connaît déjà le prix.

Le deuxième volet épique et passionnant de la série Red Queen.

Avis 

Fuyant la cour de Norta et le roi Maven, Mare a rejoint la résistance.  Elle se sait "à part", un mélange entre les mondes rouge et argent.  Consciente de son pouvoir, elle cherche à rallier d'autres mi-rouge, mi-argent.  Ils sont en effet une menace pour Maven et il pourrait chercher à les faire disparaître.  Le temps est compté.  Commence donc à travers le pays une chasse à l'homme impitoyable.

Pour Mare, quitter Norta est un soulagement mais ce n'est pas encore le moment de profiter des siens : la lutte continue et des sacrifices s'imposent.  En cherchant à créer une armée de personnes extraordinaires comme elle, Mare connaîtra de nombreuses pertes.  Sa position est difficile, elle doit être inflexible et sans faille.  N'étant ni vraiment rouge, ni vraiment argent, elle doit endosser un rôle exigeant et ingrat sans l'avoir voulu.  Au sein même des rebelles, la méfiance la poursuit.  A ses côtés, Cal et Kilorn se disputent le droit de l'aider mais rien n'est vraiment simple en plein milieu de la guerre.


Ce second tome est sombre, angoissant: l'atmosphère est incertaine et menaçante.  Opérations commando, trahisons, batailles sanglantes... le suspense est complet et cet épisode est à la hauteur des promesses du premier volet de la série.  Il se referme avec regret et de nombreuses interrogations.  Affaire à suivre !

samedi 27 mai 2017

Ka Mate, Patate ! d'Arnaud Tiercelin et Lauranne Quentric


Lecture en partenariat avec Babelio et les Editions Kilowatt: un grand merci !


La présentation de l'éditeur :

Antoine aime par-dessus tout jouer du piano et écrire des histoires. Un jour pourtant, son père l'inscrit au club de rugby sans lui demander son avis. Une histoire pour découvrir que finalement, le rugby c'est vraiment chouette et que des fois on peut se tromper.

Avis 

Le jour où Antoine apprend que son père l'a inscrit dans un club de rugby, c'est la catastrophe.  Ce qu'il aime, lui, c'est le piano, le scrabble et inventer des histoires.  Le rugby, pense-t-il, c'est un sport de sauvages et de là, à s'imaginer écrasé sur le terrain, il n'y a pas loin.

A l'école, son copain Pablo trouve ça génial et voit déjà Antoine réaliser des plaquages comme les All Blacks : voilà qui ne va pas rassurer davantage le petit garçon. 

Le jour de l'entraînement, Antoine a le moral au plus bas et quand son papa lui annonce qu'il ne pourra pas le conduire comme prévu, il se voit sauvé.  Le répit est de courte durée car d'autres enfants de l'école vont au rugby et pourront l'y accompagner.  Cette fois, Antoine se prépare au pire...

A travers les inquiétudes d'Antoine, ce roman présente le rugby de manière sympathique et inédite
: l'histoire est drôle et touchante.  Antoine n'est pas rassuré à l'idée d'essayer le rugby et ses pensées laissent présager une catastrophe.  Le petit garçon exprime ses émotions dans un langage imagé et réaliste : les petits lecteurs retrouveront forcément leurs doutes et leurs interrogations dans cette situation. 


Ce qui peut sembler simplement amusant cache parfois un réel malaise face à la nouveauté.  Arnaud Tiercelin et Lauranne Quentric l'ont bien compris : le ton est juste et fait mouche; les illustrations viennent dynamiser le texte et s'y accordent très bien.  Le tout est un roman jeunesse réfléchi et amusant amenant avec bonheur le sport et l'inconnu dans une vie tranquille d'enfant.  Un joli récit à découvrir à partir de sept ans.


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mardi 23 mai 2017

Le vertige des falaises de Gilles Paris

Lecture en partenariat : merci à Gilles Paris et aux éditions Plon.

Le résumé de l'éditeur :

Sur une île sauvage et désertée, Marnie, adolescente effrontée et fragile, vit au-dessus des falaises au cœur d'une imposante maison de verre et d'acier avec sa mère Rose et sa grand-mère Olivia, qui règne sur la famille et sur l'île tout entière.

Des plaines aux herbes hautes, des sentiers au bord de mer, la nature se révèle aussi cruelle que les mystères trop longtemps ensevelis.

Et si une seule personne détenait tous les secrets de cette famille et s'en libérait enfin ?

Avis : 

Insoumise et audacieuse, Marnie ne craint pas les falaises qui se précipitent dans l'océan.  Elle ne craint d'ailleurs rien, ni personne.  Du haut de ses quatorze ans, elle est bien décidée à vivre comme elle l'entend.

Digne représentante de la famille Mortemer, comme sa grand mère Olivia avant elle, elle s'affirme envers et contre tout.  A l'image de Glass, la maison familiale, faite de verre et d'acier et qui en impose sur la petite île où elles vivent.

Voix dominante de ce texte, Marnie se livre dans ce roman choral où elle raconte les siens et leurs secrets.  Car chacun a quelque chose à cacher dans la famille Mortemer et c'est l'ensemble de leurs confidences mises bout à bout qui permettra au lecteur d'appréhender ce tableau un peu noir.

Dans cette histoire familiale teintée de roman policier, Gilles Paris met en lumière, à travers Marnie et Olivia, des personnages touchants et forts, parfois énigmatiques.  Des voix, dites secondaires, les accompagnent dans l'aventure, certaines faibles, d'autres naïves... mais toujours profondément humaines et réalistes.

L'île offre un environnement idéal à l'intrigue: sauvage et impétueux.  Un décor où peu à peu le malaise s'installe et où les masques tombent, balayant d'un coup de vent les idées reçues.  En ombres chinoises, derrière la tempête qui fait souffler la vérité sur Glass, se découpent les silhouettes d'Agatha Christie, Daphné du Maurier ou encore Alfred Hitchcock, venus noircir un peu plus l'ambiance du roman, tels de maléfiques parrains. 


L'ensemble inquiète et captive : de beaux portraits de femmes, une atmosphère pesante, des secrets de famille... un mélange inattendu pour un roman envoûtant !

dimanche 14 mai 2017

Des fleurs en cuisine






Pour ce dimanche, les cuisines sont fermées : pas le cœur à festoyer.  

Les pensées des marmitonnes rejoignent Asphodèle dont le joli sourire est en peine en ce moment.

dimanche 30 avril 2017

Un mois au Japon : billet de clôture




Mai arrive et voici le moment des comptes pour le challenge Un mois au Japon de Hilde et Lou

En cuisine : 

Sushis

Dorayaki


Lectures

Hôzuki d'Aki Shimazaki

La fleur de l'illusion de Keigo Higashino

Hôtel Iris de Yôko Ogawa

Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa

Tsubaki d'Aki Shimazaki


Je reste sur ma faim car j'aurais voulu en faire plus mais mon emploi du temps ne me l'a pas permis...  

Au final : des lectures bien agréables, de jolies découvertes et surtout l'envie de continuer ce voyage.  En 2018 sans doute !




Challenge Un mois au Japon avec Hilde et Lou

samedi 29 avril 2017

Rendez-vous sous les cerisiers de Cendrine Genin et Nathalie Novi

Le résumé de l'éditeur : 

Septembre 1914, Henri est mobilisé. Restée au village, Marguerite l'attend. Ils s'écrivent. Leurs lettres font se croiser les mots tendres et les anecdotes de la vie quotidienne, cette vie qui continue, au village comme au front.

L'insouciance et la ferveur espiègle de leur amour fait peu à peu place au désarroi. La guerre résonne de plus en plus fort dans les lettres d'Henri et avec elle, la violence, le fracas, l'éloignement. 

Bientôt le silence s'installe...

Avis : 

Marguerite est grand mère et elle décide de se confier à sa petite fille à propos de sa grande histoire d'amour, celle qu'elle ne peut oublier et qui a marqué sa vie.  

Marguerite aime Henri et son amour est partagé mais la guerre viendra pourtant séparer les amoureux et c'est donc par lettres qu'ils se diront leur amour.  Au fil de cet échange, la relation évolue...


Ce superbe album relate une histoire d'amour, vive et poignante : les lettres d'Henri et de Marguerite sont intenses, elles disent le poids de l'absence mais aussi la triste réalité de la vie au front.  Le texte de Cendrine Genin est poignant et les illustrations s'y rattachent à merveille.  Elles apportent de la vie et montrent les sentiments contenus par la distance.


Un très bel album : fort et mélancolique !


jeudi 27 avril 2017

Tsubaki d'Aki Shimazaki


La présentation de l'éditeur :

Dans une lettre laissée à sa fille après sa mort, Yukiko, une survivante de la bombe atomique, évoque les épisodes de son enfance et de son adolescence auprès de ses parents, d’abord à Tokyo, puis à Nagasaki. Elle reconstitue le puzzle d’une vie familiale marquée par les mensonges d’un père qui l’ont poussée à commettre un meurtre. 

Obéissant à une mécanique implacable qui mêle vie et Histoire, ce court premier roman marie le lourd parfum des camélias (tsubaki) à celui du cyanure. Sans céder au cynisme et avec un soupçon de bouddhisme, il rappelle douloureusement que nul n’échappe à son destin. 

Avis 

A la mort de sa mère Yukiko, Namiko reçoit une lettre que cette dernière lui a laissée : elle y évoque ses jeunes années et surtout son adolescence à Nagasaki.  Yukiko revient sur les jours qui ont précédé le lancement de la deuxième bombe atomique, des jours douloureux où elle a, sans le vouloir, découvert les sombres secrets que cachait son père.

Dans ce premier roman du cycle, l'Histoire du Japon et l'histoire familiale de Yukiko se confondent : l'annonce d'une catastrophe plane sur la famille de Yukiko et des jours difficiles s'annoncent.  La jeune fille détaille sa vie durant la guerre, son travail à l'usine, son amitié avec le fils des voisins et les mensonges de son père.  Elle se livre également sur la difficile décision qu'elle a prise alors et qu'elle a tenue cachée jusque là.

Aki Shimazaki nous offre beaucoup de finesse et de douceur dans ce roman, malgré la rudesse du contexte, qu'elle soit historique ou personnelle.  Le texte est fluide, léger; l'histoire se parcourt vite et donne envie de se plonger dans le prochain tome, à la suite de Namiko.






Challenge Un mois au Japon avec Hilde et Lou

lundi 24 avril 2017

Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa


Le résumé de l'éditeur

« Écouter la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges dont sont fourrés les dorayaki, des pâtisseries japonaises.

Sentarô, qui a accepté d'embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu'elle lui a fait partager.

Avis

Dans sa petite échoppe, Sentarô vend des dorayaki, des pâtisseries japonaises. Les jours passent, sans réelle conviction ni entrain.  Il accepte un jour d'embaucher une vieille dame pour l'aider et lui confie la préparation du an, la pâte dont il farcit les dorayaki.

Au delà d'une recette de cuisine, c'est une leçon de vie que lui prodigue Tokue en lui montrant comment préparer les haricots rouges.

Empreint de délicatesse, ce roman tourne autour d'une page cachée de l'Histoire du Japon et des plaisirs de l'existence.  De petits bonheurs à savourer comme la floraison de ces cerisiers qui bordent la petite boutique de Sentarô.

Les dorayaki servent de dénominateur commun entre les personnages du livre et leur permettent d'envisager l'existence sous un jour nouveau.  Un roman touchant et mélancolique !









Challenge Un mois au Japon avec Hilde et Lou

lundi 17 avril 2017

Hôtel Iris de Yôko Ogawa



La présentation de l'éditeur :

Mari et sa mère sont propriétaires de l’hôtel Iris. Modeste mais bien tenu, l’établissement est le plus souvent complet. Comme chaque soir, la jeune Mari tient la réception, l’hôtel s’endort paisiblement quand le calme des lieux est soudain troublé par des cris. Une femme sort de sa chambre en insultant l’homme qui l’accompagne. Mari est impressionnée par la scène, inconsciemment touchée par l’élégance et la distinction de ce vieillard accusé publiquement des pires déviances. Mais ce n’est que quelques jours plus tard qu’elle fera sa connaissance. Croisé dans un magasin, cet homme intrigue la petite. Curiosité ou attirance, elle va le suivre. Innocente ou très consciente de son effroyable beauté, la jeune ingénue entre dans l’arène du désir.

Les familiers de l’œuvre de Yôko Ogawa, virtuose du malaise, entrent cette fois dans une histoire d’amour sans limites, bien au-delà de l’atmosphère allusive qui imprégnait les livres précédents. Car entre la jeune réceptionniste et le vieux traducteur solitaire, le corps à corps n’est pas un jeu de dupes.

Avis :

Réceptionniste dans l'hôtel familial, Mari mène une existence un peu calme.  Un soir, tout l'hôtel est réveillé par les cris d'une femme traitant son compagnon de pervers.  Un scandale s'ensuit et le couple quitte l'hôtel rapidement.

Croisant l'homme en faisant des courses, Mari ressent une curieuse attirance et se met à le suivre.  Peu à peu, une étrange relation se noue entre la jeune fille et ce traducteur de cinquante ans son aîné débouchant sur une histoire d'amour malsaine.

Dans ce roman dérangeant, Yôko Ogawa dépeint une histoire qui prend naissance entre Mari et le traducteur : désir, pratiques extrêmes, curiosité ... animent ce couple hors du commun.  L'atmosphère est très réussie, trouble et envoûtante, à l'image de la jeune Mari qui joue avec le feu comme si de rien n'était.

L'auteur souffle le chaud et le froid, qu'il s'agisse de ses personnages et de leurs réactions ou encore des scènes où elle alterne calme trompeur et action violente.  Dans l'ensemble, je ressors de cette lecture un peu indécise, tout en louant le pouvoir de l'auteur à créer une atmosphère malsaine à souhait. 




Challenge Un mois au Japon avec Hilde et Lou

dimanche 16 avril 2017

Red velvet cake



Pas de Japon ce dimanche pour nous : un anniversaire à fêter avec un Red velvet cake et un fameux travail d'équipe.  Résultat un délicieux gros gâteau à la pâte joliment rouge et à la texture moëlleuse.





Pour découvrir les autres préparations de Syl  et sa brigade : chez  Asphodèle, Sandrion, Louise,  Syl, Hilde et Marion.  Joyeuses Pâques à tous !












vendredi 14 avril 2017

Martha & Alan : d'après les souvenirs d'Alan Ingram Cope par Emmanuel Guibert


La présentation de l'éditeur :

Martha et Alan, nouveau volet de la vie d’Alan Ingram Cope, nous replonge dans son enfance. Avec cet aparté, Emmanuel Guibert s’attache à un épisode tout particulier de ses jeunes années, celui d’une amitié qu’il noue dès l’âge de 5 ans avec une petite fille de son école, Martha Marshall. 

Entre les jeux, les bêtises d’enfants et les rendez-vous hebdomadaires dans l’église presbytérienne de sa communauté, on retrouve Alan, bientôt orphelin, et son quotidien de petit Californien dans une Amérique des années 1930 marquées par la Grande Dépression. Les années passant, Martha, figure qui a accompagné sa prime jeunesse, s’éloigne peu à peu à l’adolescence, jusqu’à des retrouvailles furtives, la veille du départ d’Alan pour l’armée.

Avec ces souvenirs au timbre nostalgique, Emmanuel Guibert nous fait entendre une nouvelle fois la voix d’Alan et laisse transparaître avec pudeur les regrets qui se mêlent à l’évocation de celle qui fut son premier amour. Un récit, tout en couleurs, composé d’images en double page, qui restitue une Amérique surannée grâce à un dessin plus que jamais somptueux.

Poursuivant ce qui devient petit à petit la fresque de la vie d’Alan Ingram Cope, Emmanuel Guibert rend le plus bel hommage qui soit à cet ami humble et extraordinaire qui disait « nous sommes les gens de qui nous parlons ».

Avis :

A l'école, Alan rencontre Martha : il accepte de jouer avec elle tandis que les autres enfants la rejettent.  Voilà le début d'une amitié forte, mélange de jeux, de refuges dans les arbres ou encore de chants partagés à la chorale.

A la mort de la mère d'Alan, les relations s'espacent pour cesser tout à fait sur les injonctions de sa tout nouvelle belle-mère.  A la veille de partir à l'armée, Alan cherchera à rencontrer Martha pour lui dire au revoir mais il ne rencontrera qu'une jeune fille un peu bougonne qui ne ressemble que de loin à son amie d'enfance.

Dans ce volet de la vie d'Alan Ingram Cope, Emmanuel Guibert s'attarde sur l'enfance d'Alan et son amitié avec Martha; il livre un récit empreint de nostalgie évoquant des jours passés et regrettés.  Alan évoque son amie mais effleure aussi les possibles qui ne seront finalement pas.

Ce volet d'histoire est tout en délicatesse et en sobriété; les dessins, superbes, évoquent parfois des photographies, leur richesse m'a fascinée et j'ai pris plaisir à partager ces quelques années avec Martha et Alan