D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds de Jón Kalman Stefánsson
Tourte de Grand-Mère Margrét
Pour la pâte
Prenez une grosse part de nature; mélangez-en la beauté sauvage et quelques caractères bien trempés dans un plat creux. Ajoutez le deuil soigneusement nettoyé et une mesure de peine. Incorporez au mélange précédent en pétrissant rapidement et légèrement du bout des doigts. Vous obtenez alors une sorte de semoule grossière en 2 ou 3 min, un mélange savoureux et poétique, légèrement chargé d'amertume. Incorporez-y rapidement deux pintes d'eau de mer et sa puissance. Formez une boule et réservez.
La farce
La farce est
composée majoritairement de poisson et de souvenirs; agrémentez de quelques
notes de musique et d'une pointe d'adolescence.
Une bonne dose de chômage viendra donner de la consistance à l'ensemble
et liera l'appareil.
Les plus audacieux
y ajoutent quelques soupçons de vengeance douanière; d'autres n'imaginent pas
ce plat sans quelques extraits d'honneur marin.
Pour
former la tourte
Avec la moitié de
la pâte, garnissez une tourtière, versez-y la farce et recouvrez du reste de
pâte. Vous servirez ainsi un plat
familial alliant sagesse et rudesse sauvage, avec une pointe d'amour et de
mélancolie.
Vous pouvez également façonner
de petits pâtés individuels, en n'oubliant pas de les assaisonner d'une pointe
d'égoïsme et d'inconséquence. Cette
préparation semble avoir la préférence de la jeune génération.
La
cuisson
Faites cuire durant
trois générations, à four oscillant entre ardent et mélancolique. Lorsqu'une bonne odeur de passion et de
tradition sort du four, piquez au cœur pour vérifier la cuisson. Servez bien chaud, accompagné d'une salade composée
: sensualité et sentiments. Ce plat simple et parfumé ravira vos convives
!
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Pour ces matchs de la rentrée littéraire 2015, organisés par PriceMinister, la consigne est à la créativité et à l'originalité. Une fois n'est pas coutume, sortons des sentiers battus pour ce billet...
La présentation de l'éditeur :
La présentation de l'éditeur :
«Elle est plus belle que tout ce qu’il a pu voir et rêver jusque-là, à cet instant, il ne se souvient de rien qui puisse soutenir la comparaison, sans doute devrait-il couper court à tout ça, faire preuve d’un peu de courage et de virilité, pourtant il ne fait rien, comme s’il se débattait avec un ennemi plus grand que lui, plus fort aussi, c’est insupportable, il serre à nouveau les poings, récitant inconsciemment son poème d’amour. Elle s’en rend compte et lui dit, si je dénoue mes cheveux, alors tu sauras que je suis nue sous ma robe, alors tu sauras que je t'aime.»
Ari regarde le diplôme d’honneur décerné à son grand-père, le célèbre capitaine et armateur Oddur, alors que son avion entame sa descente vers l’aéroport de Keflavík. Son père lui a fait parvenir un colis plein de souvenirs qui le poussent à quitter sa maison d'édition danoise pour rentrer en Islande. Mais s’il ne le sait pas encore, c’est vers sa mémoire qu’Ari se dirige, la mémoire de ses grands-parents et de leur vie de pêcheurs du Norðfjörður, de son enfance à Keflavík, dans cette ville «qui n’existe pas», et vers le souvenir de sa mère décédée.
#MRL15 #PriceMinister
Commentaires
J'avais déjà noté ce titre sur d'autres blogs et c'est bien la première fois que je lis une telle chronique. C'est culotté!Je vais moi aussi la goûter cette tourte, un jour.
@ Noukette : Merci ;)
@ Jérôme : Merci, Jérôme, je l'ai lu sur tes recommandations et cela m'a beaoup plu, tu vois.
Très bien !!!