"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

vendredi 21 février 2014

Je mourrai pas gibier d'Alfred

Le résumé de l'éditeur :

Mortagne, c'est mille deux cent dix-neuf habitants. Mortagne, c'est du bois et de la vigne, les deux seules ressources qui alimentent les deux seules entreprises de la commune : Le Château Clément et la Scierie Listrac. Travailler pour Monsieur Clément revient à haïr ceux qui travaillent pour Monsieur Listrac, et inversement. La haine fouette les murs de Mortagne et c'est comme ça depuis toujours. Martial a préféré fuir ces querelles de clochers. Jusqu'à son geste sans retour...

Avis :

Des noces saccagées et des cadavres : à Mortagne, la fête est finie.  Les gendarmes comptent les victimes et le médecin pose son diagnostic.   Martial revient sur ses gestes et dénoue les fils de cette dramatique journée.

A Mortagne, l'univers se limite aux vignes et à la scierie.  Les fêtes y finissent souvent mal et les destins y semblent tout tracés.  Par défi, Martial suit des études de mécanique, en interne.  Il rentre le week-end et fait le trajet en compagnie de Terence, le "pleu-pleu" du village : la marche, les oiseaux et les pierres du chemin les réunissent durant huit cents mètres. 

Mais un vendredi, Terence est absent à l'arrivée du car : pour Martial, le route solitaire semble bien lourde.  Rentré chez lui, il comprend rapidement la raison de l'absence de son ami.  Insidieusement, la machine est lancée...

Cet album est l'adaptation d'un titre de Guillaume Guéraud, retraçant lui-même un faits divers tragique.  Les dessins d'Alfred, bruts et torturés, collent parfaitement au récit : on y lit le désespoir de Martial et la révolte qui sourd.  Les planches alternent paysages, gros plans ou encore portraits des personnages, torturés par leurs pensées.

A leur tour, les couleurs sont lourdes et sombres, elles ajoutent également à la morosité ambiante et à cette brutalité, officieusement monnaie courante à Mortagne. 

Au fil des pages, implacablement, la tension monte, au diapason de la colère de Martial.  Rendant habilement émotions et ambiance, Alfred signe ici un album coup de poing, dénonçant la fatalité et l'univers fermé de Mortagne, un village aux allures d'abîme.



4 commentaires:

Syl. a dit…

Non, c'est un peu trop peut-être pour moi. Je laisse pour l'instant.

Moka a dit…

Un vrai coup de cœur pour moi !

http://aumilieudeslivres.wordpress.com/2013/10/30/je-mourrai-pas-gibier-dalfred/

Sunset Avenue a dit…

Je ne connais pas mais il est intriguant !

Jérôme a dit…

Terrible cet album, j'avais adoré !