"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

dimanche 15 juillet 2012

Allmen et les libellules de Martin Suter

La présentation de l'éditeur :

Johann Friedrich von Allmen, élégant dilettante désargenté, a dû s’installer dans la maison du jardinier. Mais pourquoi renoncer au piano, à l’opéra et aux quatre étoiles quand il est si facile de dissimuler un vase Kangxi sous son manteau en cachemire, pour le revendre à un antiquaire discret ? Et cette coupe Art nouveau ornée d’une libellule, ne lui permettrait-elle pas de rembourser ses dettes ?


Avis :

Fils d'un agriculteur ayant fait fortune en spéculant sur ses terres, Johann Friedrich von Allmen aime à mener la grande vie.  Le sens des affaires et un peu de prudence lui auraient permis de vivre grâce au capital que lui a légué son père  mais des hôtels à Paris, des tailleurs à Londres, des œuvres d’art… ont eu vite raison de cet héritage.  Aujourd’hui, c’est son accent d’Oxford, sa bonne mise et son entregent qui permettent à Allmen d’entretenir l’illusion de cette grande vie car il ne manque ni d’idées, ni d’ingéniosité !  Une entourloupe lui assure de conserver la même adresse, un toit et son employé de maison, Carlos.  Il en va de même pour sa loge à l’opéra, pour sa voiture avec chauffeur, … 
De temps en temps, des talents un peu spéciaux règlent notes et dettes en tous genres : à l’occasion, Allmen n’hésite pas à subtiliser l’une ou l’autre antiquité de prix et à la revendre à un antiquaire qui ferme volontiers les yeux sur son origine.  Aussi, lorsqu’au cours d’une soirée, il découvre de superbes coupes Art nouveau, ornées de libellules, ses hésitations sont de courte durée.  D’autant qu’un de ses créanciers se fait grossièrement et dangereusement pressant…
En abordant cette série policière, Martin Suter met en scène un tandem inattendu : Allmen, oisif,  aventurier lorsque le besoin se fait sentir, et Carlos son homme à tout faire, immigré clandestin guatémaltèque.  Avec ce duo intéressant, l’auteur excelle à créer une atmosphère particulière, douillette, un peu démodée, voire intemporelle.  L’intrigue policière est bien présente mais sans suspense palpitant, ni poursuite effrénée, ce qui ne gâche en rien l’intérêt du roman.   D’un bout à l’autre du récit,  j’ai suivi, avec grand plaisir les aventures d’Allmen qui combinent élégance et distinction et entraînent le lecteur dans un univers feutré, en dehors du temps. 

6 commentaires:

sybille a dit…

je ne connais pas mais il pourrait me plaire !

Nahe a dit…

Je le crois aussi !

argali a dit…

A noter pour plus tard... quand j'aurais fait baisser ma PAL !! ;-)

Nahe a dit…

On a tous les mêmes soucis^^

Syl. a dit…

Nahe, question d'importance :
Il est bô ?

Nahe a dit…

Syl : petite chipie ! Il a en tout cas un certain style et être comparé à Arsène Lupin est un référence de poids ^^