"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

mercredi 26 février 2014

Un homme est mort de Kris & Etienne Davodeau


La présentation de l'éditeur :

195O. Brest est un immense chantier. De la ville fortifiée, aux ruelles étroites, une nouvelle ville va surgir, orthogonale, rectiligne, ordonnée, moderne. Ce sera Brest-la-Blanche,  qui deviendra très vite Brest-la-Grise.  Mais face aux revendications salariales des ouvriers travaillant à la reconstruction, les patrons refusent de céder. La grève générale est déclarée. Les chantiers sont immobilisés, les ouvriers de l'Arsenal rejoignent le mouvement.

Et le 17 avril, le drame se produit. La police, dépassée par l’ampleur du mouvement, tire sur la foule, blessant plus de vingt personnes et tuant un homme. Édouard Mazé.

Le lendemain, appelé par la CGT pour tourner un film sur le mouvement, René Vautier débarque clandestinement à Brest. Il est alors recherché par la police suite à un premier film documentaire, Afrique 50, témoignage sans concessions du système colonial français d'après guerre.

René arrive dans une ville en état de siège. Le lendemain ont lieu les obsèques d'Édouard Mazé. Une foule immense, un peuple entier accompagnera son cercueil.

En s’attachant à la véracité des événements, en respectant la parole des témoins, Kris et Étienne Davodeau nous redonnent l’espoir en l’homme et en sa faculté à lutter pour sa liberté.

Avis 

Brest : 1950.  La ville n'est qu'un immense chantier, la guerre a laissé un champ de ruines et il faut maintenant reconstruire.  La tâche est de taille et les ouvriers sont nombreux, logés dans des barraquements de fortune.  Face aux conditions de travail difficiles et à l'intransigeance des patrons, la grève éclate.  Suite à l'arrestation de militants, une manifestation s'organise et la répression est  immédiate.  Parmi les blessés, un homme reste à terre, une balle en pleine tête :   Edouard Mazé.

Cherchant à faire entendre son action, la CGT a fait appel à René Vautier, un cinéaste connu pour ses documentaires tournés en Afrique et en Irlande.  Dénonçant le colonialisme dans ses reportages, René Vautier est recherché par la police.  Son arrivée s'organise en douce et coïncide malheureusement avec la mort de Mazé.  Par la force des événements, le film à venir va prendre une autre dimension.

Pour le tournage, Vautier sera épaulé de deux militants, Désiré et Ti'zef.  D'un chantier à l'autre, par des moyens de fortune, au milieu des cortèges et des piquets de grève, le film se monte, mélange d'ingéniosité et de solidarité.  Sa diffusion suivra le même chemin !

Cet album, fruit de la collaboration de Kris et de Davodeau relate l'épopée de ce film et sa destinée.  Un dossier en fin d'ouvrage nous en apprend plus sur la genèse de cet album, sur les journées de grève de 1950 et sur leurs protagonistes.  Une touche qui ajoute encore à la cruelle réalité de cette bande dessinée et à son capital d'émotions.

Habilement rendue par le tandem Kris et Davodeau, l'ambiance qui plane sur Brest est palpable, quel que soit le moment.  Colère des ouvriers, excitation liée au projet du film, urgence face au manque de moyens, ... Des instants forts qui crèvent les pages et retrouvent un second souffle, sous les yeux du lecteur.  Couleurs, découpage, mise en page s'harmonisent et offrent un ensemble sensible et puissant.  De loin en loin, la touche rouge d'un drapeau dénote, acquérant par là-même davantage de sens.  Un album magnifique,  que je vous invite à découvrir, le qualifiant même d'utile et d'indispensable ! 

mardi 25 février 2014

Cache-cache avec les suricates : à travers l'histoire de Jen Wainwright et Paul Moran

Maxwell le suricate vient d'inventer une machine à remonter le temps. Un dernier réglage et tout sera prêt. 

Mais l'atelier n'est pas à l'abri des jeux de Frankie, la sœur de Maxwell, et de ses amis.  Poursuivie par Kevin, le faucon végétarien, Frankie se réfugie dans la machine, suivie par ses congénères. Pris par le jeu, Kevin les rejoint à son tour.  Et Maxwell est bien obligé de les rejoindre, pour s'assurer que tout se passe bien.

Au total, ce sont donc douze personnages, dix suricates, un faucon et un écureuil, qu'il faut débusquer, à travers l'Histoire, au fil des tableaux présentés.  Les experts pourront trouver en fin d'ouvrage une liste d'objets à retrouver dans chaque page.  Un livre qui peut donc convenir à des enfants d'âge différents ou qui peut être relu avec un plaisir de découverte intact.

A la suite des facétieux suricates, le petit lecteur découvre des lieux et des époques très variés, : en Egypte au temps des pyramides, à la Cour d'Henri VIII, en pleine bataille de Waterloo, à Berlin lors de la chute du Mur, ...  Chaque double page permet ainsi une première approche de l'Histoire de manière amusante, à travers ce jeu qui demande une bonne dose de patience et d'observation.  On y retrouve également un petit encart mêlant les aventures des suricates et des anecdotes historiques : le lecteur y découvre par exemple ce qu'est la Pythie, une caravane, un tricératops, ...

Ce titre est le troisième album de la série Cache-cache avec les suricates qui ont déjà accompli un tour du monde et passé d'inoubliables vacances. Pour les plus téméraires, une version zombies de cet ouvrage amusant existe également.
  
Un grand merci aux éditions Flammarion pour cette lecture en partenariat.

lundi 24 février 2014

Les orphelines d'Abbey Road, tome 1 : Le Diable Vert d'Audren

Le résumé de l'éditeur 

L’orphelinat d’Abbey Road ne s’est pas toujours appelé ainsi. Son véritable nom, il vaut mieux ne pas le connaître. Il vaut mieux ne pas poser de questions, non plus, ni sur ce sujet ni sur aucun autre. Sœur Ethelred n’aime pas que les enfants posent des questions. Elle dit que Dieu apportera toutes les réponses. Ses réponses à elle, ce sont les punitions. 

Ce soir, comme chaque soir, les pensionnaires ont dit leur prière et sœur Ethelred a coupé l’électricité dans le dortoir. Mais Joy ne peut pas dormir. 

Elle pense au souterrain que son amie Margarita a découvert sous l’abbatiale. 

Qu’y a-t-il au bout de ces couloirs qui sentent le soufre ? Pourquoi Prudence ne parle-t-elle plus depuis qu’elle les a visités seule ? De quoi a-t-elle si peur ? D’où vient cette étrange brûlure sur son bras ? 

Que cache le mince sourire de Lady Bartropp, la bienfaitrice de l’orphelinat ? 

Et pourquoi la petite Ginger chante-t-elle sans cesse une chanson en latin sans même s’en apercevoir ? 

Les réponses sont peut-être là, tout près, dans un autre monde.

Avis :

Confort spartiate, prières et discipline, voici le lot quotidien de Joy et de ses amies.  Hébergées à l'orphelinat d'Abbey Road, grâce à la générosité de Lady Bartropp, les jeunes filles rêvent pourtant de liberté et d'affection.  Leurs parents leur manquent, qu'ils aient disparu ou les aient abandonnées.  Entre elles, la solidarité remplace l'amour qui fait défaut à leurs jeunes existences.

Découvert par Margarita voulant échapper à une visite médicale, un souterrain caché dans la propriété attise ma curiosité des jeunes orphelines.  Et lorsqu'une des leurs disparaît pour réapparaître hébétée et portant une brûlure au bras, ses amies mettront tout en œuvre pour découvrir ce qui lui est arrivé et lui faire recouvrer la santé.

Cet orphelinat d'Abbey Road nous propose un univers charmant, mélange d'aventures de mystère et de fantastique, y ajoutant des héroïnes attachantes et débrouillardes.  Tout n'y est pourtant pas rose et les religieuses y sont plutôt austères, cherchant à convaincre leurs protégées de suivre la voie du noviciat.


Ce premier tome des orphelines d'Abbey Road est une lecture précieuse et passionnante, un brin effrayante.  A tout moment, l'amitié prend le pas et triomphe des adultes revêches.  L'esprit et la facétie des enfants priment aussi et la magie vient apporter une petite touche lumineuse.  Une très jolie lecture jeunesse, qui devrait plaire également à ceux d'entre vous qui ont gardé une âme d'enfant.


dimanche 23 février 2014

Tag: de A à Z



Taguée par Angeselphie, je viens de rédiger mon abécédaire, un peu de moi en 26 lettres :


A. Une lecture à l'aveugle !  Voici ce que nous propose Jérôme qui a testé cette formule pour le moins intrigante : à tenter très vite !



B. Bocal de petits bonheurs : une collecte de joies au quotidien et une mise en commun prévue par Syl pour le 20 mars.



C. Cases : j'adore lire les BD mais j'ai plus de mal à les chroniquer, ce que je fais donc peu.  En ayant ramené en masse à la maison, au désespoir de mon homme qui ne parvient pas à suivre, j'essaye de m'y mettre sérieusement !



D. Dimanche : le jour où on laisse réveil et agendas de côté !  Un pendant bienvenu aux horaires impossibles de la semaine.



E. Ecart-type : ma leçon de demain.  Arrachage de cheveux en vue :D



F. Frites : une petite touche belge, indispensable à ce tag.  D'autant que j'attends la question des enfants, rengaine du week-end, sur le menu du jour ^^



G. Gâteaux et pâtisseries en tout genre : j'ai un bon public à la maison et je ne me prive pas de "pâtisser".  Les filles sont pris le pli, avec une spécialité chacune : l'une avec des cupcakes, l'autre des macarons.  Le garçon lui goûte tout...



H. Hercule Poirot, un de mes héros favoris : son orgueil et ses petites manies  m'enchantent !  Son intelligence aussi ;o)



I. Il était une fois...  le prélude à la rêverie et l'évasion ♥♥    



J. Julie, ma filleule qui fête aujourd'hui ses trente ans !



K. Le prénom d'un de mes trois ado-rables, l'occasion de penser à eux et de me débarrasser facilement d'une lettre difficile ;o)  J'aurais dû appeler mes filles Zoé et Xénia !



L. Lessive : le programme emballant de mon week-end ! 



M. Madrid, une ville qui m'a charmée et où je retournerais volontiers...



N. No rain, no rainbow !  Une jolie façon de voir les choses et de relativiser : on essaye, on essaye...



O. Oreiller !  L'indispensable de mon côté marmotte !



P. Pivoines : des fleurs qui me rappelle mon enfance et que je retrouve chaque année avec bonheur au jardin.



Q. Qualité : un projet professionnel qui m'occupe beaucoup cette année.



R. Rougeole : une maladie enfantine qui m'a rattrapée il y a peu, m'obligeant à quitter trop tôt la maison hantée d'Hilde et Lou.



S. Soumonces : le Carnaval approche !  Ici, il aura lieu plus tard, appelé Laetare mais aujourd'hui, on répète...  Une ambiance de fête qui annonce les beaux jours ♥ ♥



T. Toniiiiiight !  Tiré d'un titre de FUN, une chanson qui m'a beaucoup plu, devenu en quelque sorte un hymne familial ^^  Vous ne connaissez pas ?  J'en parle ici ;o)



U. Utile : un aspect de mon métier qui compte beaucoup.  Sans doute plus que la matière que j'enseigne d'ailleurs, c'est la confiance que l'on peut redonner aux étudiants qui prime.



V. Vélo  : une petite piqûre de rappel, grâce à ce tag !  Les vacances approchent, le moment idéal pour s'y remettre !



W. Who ?  The Doctor bien sûr !  Et des bracelets personnalisés pour mes filles : Waiting for a madman in a blue box pour l'une et There are only THREE words A GIRL ever wants to hear a handsome stranger say to her. I'M THE DOCTOR pour l'autre



X. XOXO : ça se passe de commentaires !



Y. Yaourt : une affaire à suivre et bientôt des recettes pour les copines du challenge cuisine.



Z. Zen : mon idéal !  Pas toujours facile à atteindre, voir la lettre E par exemple...


A mon tour de faire suivre ce tag : je propose donc cet abécédaire à Carnet de lecture, Oksambre, Tigrouloup, Syl et Bénédicte.  Aucune obligation bien sûr, mais si le cœur vous en dit, les filles...


samedi 22 février 2014

Fenouil braisé aux tomates cerises


Après l'avoir testé en potage, j'ai essayé le fenouil en accompagnement : une recette facile pour servir avec viande ou poisson mais c'est déjà délicieux avec du pain !




Ingrédients :


4 bulbes de fenouil - 250g de tomates cerises - 4 échalotes - 4 cuillères à soupe d’huile d’olive - Sel & poivre


Préparation :

Épluchez les échalotes et émincez-les. 

Faites chauffer l’huile d’olive dans une grande poêle et ajoutez-y les échalotes et les tomates cerises entières. Laissez cuire doucement pendant une vingtaine de minutes à feu moyen pour que les tomates puissent confire.

Lavez les fenouils, émincez-les et ajoutez-les ensuite aux tomates. Laissez cuire en remuant souvent avec une spatule jusqu’à ce que le fenouil soit fondant mais pas trop.

La tête dans les étoiles : 
4/20
Salez, poivrez et servez bien chaud !



Recette Complètement toquée pour le Challenge Nos gourmandises avec Syl 2014

vendredi 21 février 2014

Je mourrai pas gibier d'Alfred

Le résumé de l'éditeur :

Mortagne, c'est mille deux cent dix-neuf habitants. Mortagne, c'est du bois et de la vigne, les deux seules ressources qui alimentent les deux seules entreprises de la commune : Le Château Clément et la Scierie Listrac. Travailler pour Monsieur Clément revient à haïr ceux qui travaillent pour Monsieur Listrac, et inversement. La haine fouette les murs de Mortagne et c'est comme ça depuis toujours. Martial a préféré fuir ces querelles de clochers. Jusqu'à son geste sans retour...

Avis :

Des noces saccagées et des cadavres : à Mortagne, la fête est finie.  Les gendarmes comptent les victimes et le médecin pose son diagnostic.   Martial revient sur ses gestes et dénoue les fils de cette dramatique journée.

A Mortagne, l'univers se limite aux vignes et à la scierie.  Les fêtes y finissent souvent mal et les destins y semblent tout tracés.  Par défi, Martial suit des études de mécanique, en interne.  Il rentre le week-end et fait le trajet en compagnie de Terence, le "pleu-pleu" du village : la marche, les oiseaux et les pierres du chemin les réunissent durant huit cents mètres. 

Mais un vendredi, Terence est absent à l'arrivée du car : pour Martial, le route solitaire semble bien lourde.  Rentré chez lui, il comprend rapidement la raison de l'absence de son ami.  Insidieusement, la machine est lancée...

Cet album est l'adaptation d'un titre de Guillaume Guéraud, retraçant lui-même un faits divers tragique.  Les dessins d'Alfred, bruts et torturés, collent parfaitement au récit : on y lit le désespoir de Martial et la révolte qui sourd.  Les planches alternent paysages, gros plans ou encore portraits des personnages, torturés par leurs pensées.

A leur tour, les couleurs sont lourdes et sombres, elles ajoutent également à la morosité ambiante et à cette brutalité, officieusement monnaie courante à Mortagne. 

Au fil des pages, implacablement, la tension monte, au diapason de la colère de Martial.  Rendant habilement émotions et ambiance, Alfred signe ici un album coup de poing, dénonçant la fatalité et l'univers fermé de Mortagne, un village aux allures d'abîme.



jeudi 20 février 2014

Brunetti et le mauvais augure de Donna Leon

Le résumé de l'éditeur :

Pas de repos pour le commissaire Brunetti en cet été caniculaire. Pendant que sa famille profite de la fraîcheur des montagnes, Brusca, son ami d’enfance, vient lui demander son aide. Il y aurait des cas de corruption au tribunal de Venise et une juge y serait mêlée. Pour Brunetti, c’est une occasion de plus de s’opposer à sa hiérarchie, peu pressée d’enquêter au sein du système judiciaire de la Sérénissime. Evidemment, des notables sont impliqués dans cette affaire, mais aussi dans l’enquête officieuse qu’il mène en parallèle avec l’inspecteur Vianello. La tante de ce dernier, vieille dame crédule, obsédée par les horoscopes, divinations et prédictions en tous genres, retire de grosses sommes d’argent : est-elle victime d’un gourou peu scrupuleux qui lui extorque des fonds ?

Quand un greffier est assassiné, les maigres espoirs qu’avait encore Brunetti de profiter de vacances bien méritées sont définitivement anéantis…

Avis :

Venise souffre de la canicule et le commissaire Brunetti souffre avec elle.  Sous un soleil de plomb, il rêve de vacances en famille à la montagne : le départ est proche. 
Pendant qu'il traite des affaires de routine, Paola est obligée de lire tant la chaleur empêche toute autre activité !  Même la cuisine est au point mort...

Un vieil ami le renseigne sur une affaire de corruption au Tribunal et Vianello sollicite son aide pour aider une tante, victime d'un escroc.  Dans la moiteur ambiante, Brunetti s'intéresse à ces affaires mais les vacances sont là.  A mi-chemin entre Venise et le Haut-Adige, un appel l'arrache à ses projets : un cadavre a été découvert et il lui faut rejoindre la questure sur le champ.

Dans cette nouvelle enquête du commissaire Brunetti, l'ambiance est un peu différente : pas de cuisine et une torpeur qui semble peser sur Venise et s'insinuer jusque dans le travail. 

Pareille à elle-même, la cité des Doges occupe une place à part entière dans le récit et reste fascinante.  Autre élément récurrent : la corruption qui gangrène l'appareil de l'état italien et que dénonce Donna Leon, à travers ses personnages.

Quoi qu'il en soit, la formule est efficace et j'ai passé un excellent moment en suivant cette enquête, appréciant une fois encore ces retrouvailles vénitiennes !

mercredi 19 février 2014

Sous l'ombre des étoiles de Thomas Geha

Lecture en partenariat avec Book en Stock et les Editions Rivière Blanche : un grand merci pour cette découverte.

La présentation de l'éditeur :

La guerre entre Salamandres et Humains a pris fin.

À la suite d'une dernière bataille épique, Kee Carson, tireur d'élite à bord du Templier, s'échoue sur une planète insignifiante, Seinbeck.

Resté deux siècles en hibernation, il s'y éveille et apprend qu'Humains et Salamandres, descendants des naufragés, ont fini par s'allier en tribus nomades pour faire face à une menace mutuelle : les indigènes de ce monde.

Dans le clan qui l'adopte, Carson fait la connaissance de Sirval, un salamandre qu'il déteste aussitôt. Difficile pour lui d'oublier ses années de guerre, celles qui l'ont séparé de sa famille et de Valtor, sa planète natale. Mais bientôt, contaminé par Mari-Ou, guide de la Tribu de l'Espace, et Poing de Verre, un géant rouquin devenu son meilleur ami, il commence à changer...

Kee le sait parfaitement, aucun retour en arrière n'est possible : il devra s'adapter à son nouveau monde, sous l'ombre des étoiles...

Avis 

Originaire de la planète Valtor, Kee Carson est enrôlé comme tireur d'élite dans le combat qui oppose humains et salamandres.  Lorsque sa capsule s'échoue après une bataille particulièrement rude, Kee sortant d'hibernation découvre que plus de deux cents ans ont passé et qu'il est maintenant contraint de refaire sa vie sur une planète inconnue.

Recueilli par la tribu de l'Espace, Kee a tout apprendre de ce nouveau monde et de son fonctionnement.  Il doit surtout mettre de côté ses rancoeurs passées car son groupe abrite depuis longtemps Sirval, un salamandre avec qui il devra cohabiter.

Pas facile d'imaginer la position de Kee et son obligation, du jour au lendemain, de faire face à la fin de son existence passée.  Ceci implique un nouveau cadre de vie, des compagnons à découvrir, une société à intégrer, ... 

D'autant qu'à première vue, la planète Seinbeck ne semble pas des plus accueillantes, offrant aux naufragés une vie d'errance, traqués par les indigènes.  La faune et la flore y sont inattendues et fascinantes, de quoi compliquer encore un peu l'acclimatation.

Pourtant, heureusement entouré, Kee s'adapte peu à peu et comme les autres, attend avec impatience, la Tribusade, ce rassemblement des nomades qui a lieu une fois l'an.


A travers le personnage de Kee et ses compagnons, Thomas Geha met en scène des héros d'une carrure hors du commun, unis face à l'adversité, de ceux que l'on regrette de ne pas suivre plus longtemps.  Mesurant ainsi la portée de son message fait de tolérance et d'ouverture aux autres, dans ce décor pour le moins atypique. 




Pour découvrir cet auteur, Dup et Phooka organisent le mois de Thomas Geha.

Jeu des questions-réponses, textes inédits ... sont au menu. N'hésitez pas, vous ne regretterez pas le détour !






lundi 17 février 2014

La Stratégie Ender d'Orson Scott Card

Lecture en partenariat :  Un grand merci aux éditions J'ai lu pour cette excellente découverte !

La présentation de l'éditeur :

Andrew Wiggin, dit Ender, n’est pas un garçon comme les autres. Depuis sa naissance, ses faits et gestes sont observés par l’intermédiaire d’un moniteur greffé dans son cerveau. Car ceux qui l’ont conçu ambitionnent de faire de lui rien de moins que le plus grand général de tous les temps, le seul capable de sauver ses semblables de l’invasion des doryphores. Et alors qu’Ender suit pas à pas le dur chemin de son apprentissage de guerrier, ses créateurs mesurent la gravité de leur choix : en donnant naissance à un monstre, n’ont-ils pas damné l’humanité elle-même ?

Avis : 

Agé de six ans, Ender représente tous les espoirs de l'humanité !  En guerre contre les doryphores, la Terre se cherche un nouveau stratège et reporte ses espoirs sur Ender et d'autres enfants de son âge.  Regroupés dans une école militaire, en orbite autour de la planète, ces petits soldats voient donc leur quotidien transformé en cours, exercices et combats entre armées rivales de l'école. 

Une réalité extrême : isolement, jalousie, cruauté semblent leur lot quotidien !  Difficile au fil du récit de réaliser que ces héros sont des enfants, tant les exigences formulées à leur encontre sont dures !  Tant leur logique de pensée, leurs idées semblent éloignées des préoccupations de nos têtes blondes... 

Et ceci ne s'applique pas aux élèves de l'école militaire uniquement : ainsi, restés sur Terre, les frère et sœurs d'Ender s'ingénient à manipuler l'opinion de façon très mûre.  Bien sûr, leur Terre a un passé et un contexte fort différents du nôtre, ceci expliquant sans doute cela.

Une fois ce "décalage" accepté, l'intrigue est passionnante : le parcours d'Ender et sa progression dans les cadres de l'armée, sa solitude et ses peurs, ne peuvent qu'émouvoir et donner envie de poursuivre à tout prix ce récit.

A côté de cela, l'univers original, mis en place par Orson Scott Card, et son fonctionnement strict, est criant de réalisme. La part qu'y occupent nouvelles technologies et réseaux sociaux est tout bonnement stupéfiante quand on réalise que l'ouvrage date des années quatre-vingt... 


Enfin, La Stratégie Ender est assurément un roman qui dérange et pousse le lecteur à s'interroger : manipulation, sacrifice, justice morale, ... sont autant de questions qui naissent au fil des pages et donnent tout son sel à cette lecture !

dimanche 16 février 2014

Youvetsi

Le youvetsi tire son nom du plat en terre dans lequel il cuit.  Il est traditionnellement préparé à base d'agneau, en voici une version maison, viande de veau et légumes de saison.

Ingrédients :

600 gr de kritharaki (pâtes grecques en forme de riz) - 600 gr de viande de veau pour blanquette, en dés - légumes au choix (tomates+poivrons ou légumes pour pot au feu ou ?)- emmental râpé ou feta - sel et poivre 




Préparation :

Faites dorer les dés de viande dans du beurre.

Ajoutez-y les légumes choisis, couvrez d'eau et laissez cuire une heure environ.  Vérifiez le degré de cuisson : la viande doit se défaire facilement.

Faites cuire les pâtes dans une grande quantité d'eau bouillante légèrement salée, environ 12 minutes. 

Égouttez les pâtes et ajoutez-les à la viande.  Mélangez et versez dans la préparation les deux-tiers du fromage choisi. 

Versez la préparation dans un plat à four large et suffisamment profond.  Rectifiez l'assaisonnement.
La tête dans les étoiles : 
3/20

Parsemez  du reste de fromage, glissez au four à 180° le temps de gratiner.

Recette Les meilleures recettes de la cuisine grecque pour le Challenge Nos gourmandises avec Syl 2014

samedi 15 février 2014

Metal mélodie de Maryvonne Rippert


La présentation de l'éditeur :

Dix-neuf heures. 
Mom devrait être là, tout de même. 
Je fais quoi, moi ? J'ai faim ! 
L'adolescente se leva, éteignit la télé d'un geste. 
Le silence s'installa. Un je-ne-sais-quoi d'inhabituel s'était insinué dans l'atmosphère de la maison. Seule sa chambre était telle qu'elle l'avait laissée. Tapissée d'affiches sombres aux caractères gothiques, chargée d'un parfum d'encens et de cigarettes blondes refroidies. 
Sur le bureau, la lettre l'attendait.

"Luce,
Le journal m'envoie en Australie. Quand tu liras ces lignes, je serai sans doute dans l'avion. Je déteste les séparations, tu le sais. N'aie pas de regrets, c'est sûrement mieux ainsi ... J'ai tout organisé. Une somme sera versée sur ton livret jeune, le loyer est payé. A toi de gérer le reste."

Avis :

Entre Luce et sa mère, les relations sont plutôt tendues ; toute tentative de communication se solde inévitablement par un échec.  Aussi, lorsque la jeune fille apprend, par une lettre, le départ pour l'Australie, elle prend la chose plutôt bien et s'apprête à savourer cette liberté inattendue. 

Au fil des semaines et du silence qui grandit, Luce commence pourtant à s'inquiéter et se rend compte qu'elle ne connaît rien de sa mère et de son passé.  Mi-curieuse, mi-honteuse, elle se lance alors dans une enquête difficile.

Adolescente rebelle, Luce est une enfant compliquée.  Entre son look gothique et son caractère bien tremper, elle en fait voir de toutes les couleurs à Inès, sa mère.  A la suite de son départ, elle est amenée à se remettre en question et à s'intéresser un tant soit peu à celle qui lui a donné la vie.  Ses recherches vont la mener en Andalousie où de prime abord, pour la petite fille gâtée qu'elle est, l'existence ne sera pas des plus faciles.


Tout au long de sa quête, Luce se débarrasse peu à peu de sa carapace de sale gamine capricieuse, elle devient une ado mal dans sa peau et inquiète, le soleil d'Espagne la révèle à elle-même.  Au travers de cette métamorphose, Maryvonne Rippert nous offre un roman fort et tendre sur les relations mère-fille; elle fait la part belle aux  émotions et à la délicatesse, dans un cadre magnifique.  Un texte à ne pas réserver à nos ados ! 

vendredi 14 février 2014

Alice et l'homme-perle de Valérie Cohen


Lecture en partenariat dans le cadre de l'opération Masse Critique: un grand merci à Babelio et aux Editions Luce Wilquin.

La présentation de l'éditeur :

Alice, Juliette et Gisèle partagent leur quotidien dans une Résidence pour sexagénaires argentés de Saint-Germain-en-Laye. Lorsqu'elle oublie la couleur des yeux d'un ancien amant, Alice sombre dans une profonde mélancolie. Hormis son époux décédé, Diego est le seul homme qu'elle ait jamais aimé. Pourquoi vivre encore si l'essentiel lui échappe ? Ses amies lui organisent alors un voyage surprise à Séville avec l'objectif inavoué de retrouver Diego. Un professeur de dessin taiseux, un juge vieux garçon et la sulfureuse directrice de la Résidence les accompagnent. Un périple cocasse, mais surtout un voyage intérieur durant lequel leur propre histoire s'invite. Tout comme leurs désirs, leur envie d'oser de nouvelles routes. Leurs peurs aussi...

Avis 


Au cœur de la résidence Les eaux douces, la vie s'écoule paisiblement : confort, service hôtelier, soins, loisirs variés, ...  Tout a été prévu pour offrir une existence dorée à des seniors à l'abri du besoin. 

Alice y vit depuis six ans, fuyant la triste réalité d'une capitale trop grise.  Une escapade chaque jeudi à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle lui permet d'entretenir son capital de rêves.

Dans la résidence douillette de Saint-Germain-en-Laye, elle s'est rapidement liée avec Gisèle et Juliette, naviguant comme elle entre deux âges, assez jeunes pour avoir la tête pleine de projets !

Depuis quelques temps, la mémoire d'Alice est capricieuse mais cela ne l'a jamais vraiment contrariée.  Lorsqu'un cours de dessin avec modèle lui rappelle Diego, elle découvre qu'elle a oublié les traits de son ancien amant.  Voilà qui est insupportable : déprimée, Alice n'a plus goût à rien.  Le moment est venu pour son amie Juliette de donner un petit coup de pouce au destin!

Entamé avec le quotidien d'Alice, ce roman nous entraîne à l'intérieur de la résidence Les eaux douces et nous y découvrons des retraités, plein de vie et de bonne humeur.  L'âge est là bien sûr mais la vie n'est pas finie pour autant, loin de là ! 

Mélangeant avec bonheur les personnalités, Valérie Cohen nous propose de suivre le voyage de ces sexagénaires bien attachants.  Juliette à sa tête, suivie de près par Lucie, la directrice de la résidence, le petit groupe dévoile peu à peu des facettes soigneusement tues : un poids qui peut parfois être lourd à porter mais qui à grands renforts d'amitié et de solidarité, peut s'avérer plus léger, encouragé par le soleil d'Andalousie.

Dans un mélange bien plaisant, le roman alterne les descriptions du périple de nos fringants sexagénaires et les messages laissés à Alice par Diego durant leur relation : une façon originale d'en découvrir la genèse.

Avec ce roman inattendu et positif, Valérie Cohen nous propose une histoire émouvante, optimiste sans rien cacher de la, parfois sombre, réalité.  Tour à tour drôle ou triste, mais toujours plein de vie, ce récit devrait vous toucher de jolie façon, réchauffant votre journée, à l'image d'une branche de mimosa en hiver.

Un dimanche par an, ses proches lui rappellent que durant des décennies, sa vie n'a été qu'une succession de fabuleux métiers peu lucratifs : puéricultrice, infirmière de nuit, psychologue, chauffeur de taxi, cuisinière, réparatrice de portes trop lourdement claquées, de pantalons troués et de cœurs brisés.  Mère.




tous les livres sur Babelio.com

mardi 4 février 2014

Thermae Romae de Mari Yamazaki




La présentation de l'éditeur

Lucius Modestus, architecte romain en panne d’inspiration, découvre un passage à travers le temps qui le fait émerger au XXIe siècle, dans un bain japonais !!! Entre stupeur et émerveillement, Lucius parviendra-t-il à mettre à profit cette fantastique découverte pour relancer sa carrière ?



Avis :



Découverte chez Jérôme et entamée grâce à XL via le loto BD de Mo', la série Thermae Romae est à présent terminée : elle met en scène Lucius Modestus, un architecte romain à l'époque de l'empereur Hadrien.  Lucius accumule les soucis : idées dépassées, manque d’inspiration, problèmes conjugaux, …  Rien ne va !  Afin de lui changer les idées , un ami l’emmène aux bains et par accident, Lucius se retrouve dans un endroit inconnu : un établissement de bain japonais à notre époque !  

D'abord stupéfait, Lucius observe avec grand intérêt ce nouvel environnement et y découvre de nombreuses améliorations qu'il s'empresse d'appliquer aux thermes romains dès son retour.  Au fil de la série, et des bains de Lucius, interviennent de nouvelles découvertes et la réputation de Lucius ne cesse de s'améliorer.

Dans un registre plus "scolaire", chaque épisode est entrecoupé de textes de l'auteur sur sa passion pour la Rome antique, la vie à Rome, les bains... Un bémol : ces passages sont illustrés mais la taille du manga ne permet pas d'apprécier ces illustrations qui sont minuscules.

Le passage de Lucius à travers le temps et l'espace se faisant toujours de manière identique, le schéma narratif paraît un peu répétitif.  Pourtant, rapidement, l'auteur vient y ajouter d'autres éléments qui relancent le récit : la santé de l'empereur Hadrien et sa prochaine succession, l'accueil reçu par Lucius dans sa profession, un voyage plus long au Japon, ...  Les aventures japonaises de Lucius prennent alors le pas sur ses voyages dans le temps et l'espace.   Ce changement de registre laissant de côté l'idée originale de départ ne m'a pas déplu, cela donne un second souffle à cette série et  une orientation tout différente.  Attirée tout d'abord par le mariage entre l'Antiquité et le Japon moderne, j'ai néanmoins pris plaisir à suivre la fin des aventures de Lucius, curieuse de voir comment se terminerait cette improbable histoire.  Au final : un mélange intéressant, entre Histoire et aventures, servi par un dessin réaliste, très classique et rehaussé d'une pointe d'humour !  S'il vous tente, n'hésitez pas à votre tour, à vous jeter à l'eau...





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lundi 3 février 2014

Silo de Hugh Howey

Lecture en partenariat avec Livraddict et les éditions Actes Sud  : un grand merci à tous deux pour cette lecture !

La présentation de l'éditeur :


Dans un futur postapocalyptique indéterminé, une communauté d’hommes et de femmes a organisé sa survie dans un silo souterrain géant. Du monde extérieur, devenu hostile, personne ne sait rien, sinon que l’atmosphère y est désormais irrespirable. Les images de mauvaise qualité relayées par d’antiques caméras, montrant un paysage de ruines et de dévastation balayé de vents violents et de noirs nuages, ne semblent laisser aucune place à l’illusion. Pourtant, certains continuent d’espérer. Ces individus, dont l’optimisme pourrait s’avérer contagieux, représentent un danger potentiel. Leur punition est simple. Ils se voient accorder cela même à quoi ils aspirent : sortir.

Avis :

144 étages et une organisation minutieuse, voici la base de la société contenue dans le Silo : un monde scrupuleusement hiérarchisé, au fil des étages en quelque sorte et une unique fenêtre vers l'extérieur.  Une sortie qu'il est interdit d'évoquer, des naissances accordées par une loterie, un passé soigneusement tu, ... Dans le silo, les interdits sont légion.  

Le récit s'ouvre, en même temps que la porte du silo avec la sortie du shérif Holston et l'obligation de lui trouver un remplaçant : histoire d'y rencontrer un candidat potentiel, Madame le Maire entreprend de descendre vers les "Machines", en compagnie de Marnes, l'adjoint du shérif.  Une descente qui se révèlera pénible, bien indépendamment de la difficulté physique.

Outre ces innombrables marches, Silo se démarque avant tout par des personnages hors du commun, malmenés par l'existence dans cet environnement si particulier.  Une vie faite de renoncement et de soumission; sans droit de regard sur le passé, ni sur l'avenir d'ailleurs puisque les naissances sont soigneusement (et cruellement) réglementées; sans véritable liberté d'expression mais avec un manifeste contrôle de l'information. Des vies tracées d'avance, des porteurs aux ombres.  Des conditions qui mènent chacun à donner le meilleur de lui-même ou le pire !  C'est dire si la situation est instable ...

Dans cet enfer quotidien, émergent de petites pépites humaines, des hommes et des femmes prêts à renoncer à tout, à se sacrifier quel qu'en soit le prix, à endosser.  Des êtres qui réhabilitent le terme solidarité et lui donnent de nouvelles lettres de noblesse.  Par delà les castes et les étages !


Indépendamment de cette richesse humaine, Hugh Howey excelle à ferrer son lecteur, lui aussi prisonnier du Silo et de son atmosphère pesante.  Le lecteur découvre le Silo et sa stricte organisation au fil de la descente amorçant le récit : cette découverte est aussi  pénible que les efforts de Jahns et Marnes, marqués par les ans et les souvenirs.  Une telle société est difficilement acceptable, son évocation oppresse et révolte.  

Pourtant le lecteur persiste, captivé.  Au fil des chapitres, alternant héros et points de vue, l'auteur entretient la tension, relançant sans cesse le suspense, évitant tout répit, obligeant au final le lecteur après 500 pages à attendre la sortie du prochain tome !  Un joli tour de force !




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