"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

mardi 11 octobre 2016

Nous avons toujours vécu au château de Shirley Jackson


La présentation de l'éditeur 

"Je m'appelle Mary Katherine Blackwood. J'ai dix-huit ans, et je vis avec ma sœur, Constance. J'ai souvent pensé qu'avec un peu de chance, j'aurais pu naître loup-garou, car à ma main droite comme à la gauche, l'index est aussi long que le majeur, mais j'ai dû me contenter de ce que j'avais. Je n'aime pas me laver, je n'aime pas les chiens, et je n'aime pas le bruit. J'aime bien ma sœur Constance, et Richard Plantegenêt, et l'amanite phalloïde, le champignon qu'on appelle le calice de la mort. Tous les autres membres de ma famille sont décédés."

Avis :

Merricat, de son véritable nom Mary Katherine Blackwood, et sa sœur Constance vivent isolées, en dehors du village.  Elles veillent sur leur vieil oncle Julan, qui semble avoir perdu la tête.  Elles ont peu de contact avec le monde extérieur et seule Merricat accepte de sortir de la maison pour les indispensables courses.  Ses incursions en ville sont soigneusement planifiées, ritualisées même.

Leur famille a été victime d'un drame il y a quelques années et depuis lors, les soupçons pèsent sur les jeunes filles, les tenant éloignées de toute vie sociale.

C'est par la voix de Merricat que nous découvrons le quotidien oppressant de la famille Blackwood : l'atmosphère qui se dégage de son récit est pesante, ambiguë même.  Les rituels gouvernent leur vie, tout est soigneusement réglementé pour tenir le malheur et les intrus hors de la maison.  Lorsqu'un lointain cousin se présente, la tension monte, insidieusement.  La confession de Merricat se pare de noirceur et face aux autres personnages, prend des airs de folie.

Tout au long du roman, des questions apparaissent : peut-on se fier aux dires de Merricat ?  Est-elle folle ?  Est-elle seulement vivante ?  Que s'est-il vraiment passé il y a six ans ?  Autant d'interrogations qui entretiennent l'ambiance délicieusement malsaine qui règne sur ce témoignage et créent un récit subtil à mi-chemin entre le rêve et le cauchemar.


9 commentaires:

Syl. a dit…

Elles semblent chouettes tes lectures de ce mois. Livre noté.

Nahe a dit…

Merci, Syl : subtil et glaçant, cela va te plaire !

EstelleCalim a dit…

Il a l'air bien ce roman ! Je le note !!

Pedro (Pan Rabbit) a dit…

Je l' ai chroniqué le mois dernier... Ton billet est excellent, et je me retrouve dans ton appreciation de cette lecture malsaine et dérangeante, mais ô combien fascinante ;)

Marguerite a dit…

Il faut que je lise Shirley Jackson un jour, c'est une incontournable du genre parait-il ! Mais ce n'est pas celui-ci qui m'attire le plus.

MyaRosa a dit…

Tous les ans je prévois de le lire pour Halloween et à chaque fois il passe à la trappe. Zut, zut, il a l'air chouette ! Il nous faudrait un mois d'octobre un peu plus long...

FondantGrignote a dit…

Cet ouvrage m'intéresse bien, pour l'an prochain sans doute ! :-)

memelessorciereslisent a dit…

Oh je note il a l'air très bien !

Nahe a dit…

@ Estelle Calim : Je te souhaite une bonne lecture !
@ Pedro (Pan Rabbit) : Merci !
@ Marguerite : j'irai voir ses autres titres alors.
@ Mya Rosa : oui, le challenge passe trop vite...
@ FondantGrignote : je vois que nous faisons toutes nos provisions ^^
@ Mêmelessorcièreslisent : Je te souhaite une bonne lecture !