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Cicéron

jeudi 4 février 2016

Le Voyage de M. de Balzac à Turin de Max Genève

Lecture en partenariat avec les Editions Serge Safran : un grand merci pour cet agréable voyage.

Le résumé de l'éditeur 

En juillet 1836, le duc Guidoboni-Visconti et sa femme proposent à Balzac de les représenter à Turin, tous frais payés, pour une affaire d’héritage. Cela tombe à pic : ruiné, l’écrivain vient de liquider La Chronique de Paris, acquise six mois plus tôt, ce qui met un terme à ses ambitions politiques.
Pour l’accompagner dans ce voyage, l’auteur du Lys dans la vallée – le roman vient de paraître –, recrute un jeune page prénommé Marcel. Habillée en homme, mariée, mère de famille, elle s’appelle en vrai Caroline et… Claire Brunne de son nom de plume !

En route et en Italie certains croient reconnaître George Sand en Caroline ou… Marcel. Balzac ne les détrompe pas. Et, bien évidemment, se noue une intrigue amoureuse d’un genre très particulier.

Avis 

En mission pour le duc Guidoboni-Visconti, Balzac quitte avec plaisir et  surtout soulagement Paris pour Turin : officiellement, il représentera ses amis dans une affaire d'héritage.  Officieusement, il laisse derrière lui des soucis d'argent et quelques ambitions politiques pour une escapade vers le Sud, en charmante compagnie.

Sur fond historique, Max Genève nous propose un voyage bien plaisant : en plus de la découverte des usages de l'époque dans la bonne société, nous suivons les préoccupations d'Honoré de Balzac, tiraillé entre amours et affaires.   Sa visite fait sensation et les invitations se succèdent. Ceci expliquant cela : à l'occasion, Caroline est prise pour George Sand et suscite une certaine curiosité.  


L’ambiguïté qui la précède est troublante mais amusante.  Sous les traits du jeune secrétaire Marcel, se cache en effet Caroline, une délicieuse jeune femme, cultivée et pleine d'esprit.  Le périple vers Turin, au gré des cahots et des péripéties, rapproche les compagnons de voyage et amorce une aventure galante et taquine.

J'ai trouvé cette lecture très divertissante: il s'agit d'un mélange savoureux de carnet de voyage, de roman historique, teinté d'intrigue amoureuse.  Le ton est léger, badin, à l'instar du soleil italien et de la douceur de vivre qui en découle. 

De plus, ces dehors charmants n'enlèvent rien au soin apporté par l'auteur aux recherches préalables. Et ceci sans aucune lourdeur mais bien en conservant un état d'esprit romanesque et insouciant.  Max Genève partage avec succès la beauté des paysages, des villes rencontrées, des monuments visités et des richesses qu'ils abritent, ...  Ainsi, les collections du museo egizio qui abrite une magnifique collection égyptologique ou encore les jardins de Maître Colla.  Le tout formant une charmante parenthèse pour le lecteur, comme on imagine qu'elle a pu l'être pour Balzac et son petit page.


2 commentaires:

Jérôme a dit…

La démarche est intéressante en tout cas.

Nahe a dit…

Oui, c'est assez original !