"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

vendredi 11 avril 2014

Terre-neuvas de Christophe Chabouté


Le résumé de l'éditeur :

Chaque année des milliers de pêcheurs de morues partaient en direction de Terre-Neuve, vers des mers froides et dangereuses. 

Durant ces longues campagnes qui pouvaient durer six à neuf mois, la maladie, les blessures, les noyades, l'hygiène déplorable, la saleté repoussante, la violence et l'alcoolisme étaient le lot quotidien de ces pêcheurs que l'on surnommait aussi les 'forçats de la mer'. 

3 avril 1913, après avoir navigué pendant trente-sept jours, la goélette 'la Marie-Jeanne' et ses 28 hommes d'équipage arrivent enfin au large de Terre-Neuve mais les poissons ne 'donnent' pas. 


L'absence de bancs de morues présage une mauvaise pêche et un maigre salaire. Les tensions montent. L'ambiance à bord s'échauffe. Quand un matin, on découvre le corps inerte du second dans sa couchette, un couteau planté dans le dos.   Autour du manche, un petit ruban de soie.



Avis : 


Février 1913 : la Marie-Jeanne vient d’embarquer pour la pêche à la morue : à son bord, des marins chevronnés, de vieux loups de mer et pour son premier voyage, le Boueux.  Malmenés par ses pairs, le Boueux est la bête noire du navire.  Il se tait et fait de son mieux.  Le mousse n'a pas plus à lui envier.  Avant d’arriver vers les bancs de morue, le travail est déjà rude et le plus dur reste pourtant à venir…

Après quelques jours de pêche, le poisson se fait rare et l’ambiance est tendue : les hommes pensent à la paye, ils se querellent facilement, le capitaine force sur la bouteille, …  Lorsque le second est retrouvé mort d'un coup de couteau, les doutes et les suspicions viennent s’ajouter à une atmosphère déjà tendue !

Avec une parfaite maîtrise du noir et blanc, Chabouté nous offre un album où l’atmosphère domine : la difficulté de la vie à bord, les tensions, la toute puissance des flots, transpercent les pages et sautent aux yeux du lecteur.  

L’écriture du journal de bord, semblant faite de coulures renforce ce sentiment de malaise et de difficulté.  De loin en loin, la brume s'invite dans ces pages et s'ajoute à l'équation.  Les portraits des hommes, sans compromission, consolident à leur tour la puissance de cet album.

A ce climat déjà orageux, vient se greffer un volet policier : un mort, puis deux, puis trois…  Pourtant, hors de question de débanquer.  La pêche laborieuse tourne au huis-clos angoissant : tout le monde surveille tout le monde, la tension monte et une étincelle peut mettre le feu aux poudres.  Il ne faudrait pas grand'chose pour désigner un bouc émissaire...

Un magnifique album sur la difficile existence des marins, un aspect policier qui vient distiller le suspense, un graphisme superbement mis au service de l'histoire, ...  Une BD que je ne peux que recommander !

4 commentaires:

Noukette a dit…

Chabouté a un talent fou...! Un album qu'il me reste encore à découvrir mais je sais déjà que je serais sous le charme...

Syl. a dit…

L'auteur est noté depuis le début de mon incursion dans la bd. Apparemment tous ses titres sont bons !

Jérôme a dit…

Pas mon Chabouté préféré mais ça reste un très bel album.

Hilde a dit…

C'est une BD qui me tente depuis pas mal de temps car je ne connais toujours pas les albums de Chabouté.
A un moment donné je m'intéressais un peu aux Terre-Neuvas alors je pense que ça me plairait.