"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

mardi 22 avril 2014

Le Choeur des femmes de Martin Winckler

Le résumé de l’éditeur :

Je m'appelle Jean Atwood. Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on m'oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de «Médecine de La Femme», dirigée par un barbu mal dégrossi qui n'est même pas gynécologue, mais généraliste! S'il s'imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu'est-ce qu'il croit? Qu'il va m'enseigner mon métier? J'ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas – et je ne veux pas – perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur cœur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu'elles pourraient m'apprendre.

Avis : 

Pour Jean Atwood, interne des hôpitaux et major de promo, un patient se résume, la plupart du temps, à un corps dans lequel inciser. En bout de formation, un poste envié semble déjà l'attendre.  Il lui reste pourtant une formalité à accomplir : effectuer ses six derniers mois au sein de l'unité 77, consultation gynécologique dirigée par le docteur Karma, un "simple généraliste".

Les pieds de plomb, Jean y passe sa première journée : une épreuve pour l'interne et son maître de stage.  Tous deux semblent avoir des vues diamétralement opposées de la médecine.  A un point tel que le docteur Karma met le marché suivant sur la table : une semaine dans son service contre la validation de ses six mois de stage. Si Jean désire toujours s'en aller...

En commençant ce billet, je sais déjà qu'il me sera très difficile de vous en parler, tant j'ai aimé cette lecture.  Je me suis déjà torturé les méninges avec le résumé, cherchant à ne rien dire, tout en vous donnant envie...  Vous donner mon impression ne sera pas plus facile ! 

Du côté des personnages, il y a bien sûr le fameux docteur Karma, tant décrié mais adulé par ses patientes.  A l'opposé, le docteur Atwood, pétri d'un savoir tout neuf et de l'importance que peut avoir cette science.  Les deux médecins et leur vision de la médecine vont tout au long de l'ouvrage s'opposer, prenant la parole tour à tour. 

Bien sûr, cet affrontement est savoureux mais il n'y a pas que cela : l'environnement joue un rôle également.  Ce roman se passe dans une consultation gynécologique et d'un bout à l'autre de la semaine, les patientes y défilent, apportant leur lot de souffrances et de joie, parfois.  Ce contexte donne une dimension très humaine et réaliste à l'ouvrage, autre bon point. 

Les personnages secondaires viennent également apporter leur petite pierre à l'édifice.  Personnel soignant, patientes, ... s'expriment au fil des chapitres, ajoutant tour à tour leur modeste contribution, dans ce roman bien nommé.


Si je reste un peu dubitative face à la fin du récit, en préférant nettement la première partie, ce bémol n'entame guère mon enthousiasme face à ce roman passionnant.  Ainsi il y a toutes les petites choses que je passe sous silence, soucieuse de ne pas en dire trop, vous invitant simplement à découvrir ce texte à votre tour ! 

3 commentaires:

faelys a dit…

un roman dont je garde un excellent souvenir moi aussi!

chlop a dit…

C'est effectivement un roman dont il est difficile de parler avec justesse, pour moi aussi ça a été un gros coup de cœur. Même si, parfois, on sent qu'il a été écrit par un médecin plus que par un romancier, je lui pardonne bien volontiers quelque maladresse d'écriture parce que le fond est tellement important, tellement humain. Quand je l'ai lu, j'ai pensé qu'il devrait absolument être lu par toute les femmes. Puis par tout les hommes aussi. Et surtout, par tout les médecins! en tout cas, il modifie vraiment le regard que j'avais sur la médecine (et m'a rendue extrêmement exigeante dans le choix de mon gynéco! )

bénédicte a dit…

moi j'ai j'en ai un très très bon souvenir, d'ailleurs j'aime tous ces romans