"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

mercredi 25 novembre 2015

La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel

La présentation de l'éditeur :

C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh.

Il est seul désormais à savoir qu'il s'appelle ainsi. Debout à la poupe du bateau, il voit s'éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l'enfant dort.

Le pays s'éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaître à l'horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette. 

Avis 

Fuyant son pays et la guerre, Monsieur Linh a tout laissé derrière lui : sa maison, ses souvenirs, sa famille décimée...  Il est monté sur un bateau et s'apprête à découvrir un autre pays, un autre chez lui.  Le peu qui lui reste tient dans une maigre valise : quelques effets personnels, un peu de terre et une vieille photo. 

Il y a aussi sa petite fille, Sang diû : un bébé de quelques semaines qu'il a recueillie dans le champ où ses parents ont trouvé la mort.  Pour elle, Monsieur Linh a trouvé la force de continuer à vivre, de tenter l'aventure de la traversée, d'affronter la vie dans un centre pour réfugiés. 

Pourtant dans cette ville grise et sans odeur, où tout le monde est pressé, le havre d'un banc offre à Monsieur Linh, de manière inattendue un peu de réconfort.

A travers le périple vécu par Monsieur Linh, Philippe Claudel nous offre un texte sensible et tendre sur l'exil et le déracinement.  Le vieil homme est un personnage attachant et fort; son parcours est aujourd'hui particulièrement touchant : perdu dans un pays qu'il ne connaît pas, centré sur sa petite fille, son seul lien avec le passé.  Ses petits bonheurs et ses craintes nous le rendent profondément humain et éveillent la compassion.

Sous la plume de Philippe Claudel, les mots glissent doucement, les émotions aussi.  Les pages tournent, filent plutôt et  en compagnie de Monsieur Linh, le récit est vite achevé.  Difficile de reposer ce roman en cours de lecture !  Faut-il y voir un bien ou un mal ?  Je ne saurais me prononcer mais c'est assurément un texte qui remue, un titre qui marque le lecteur.







4 commentaires:

Jérôme a dit…

Claudel... Son écriture me fascine !

keisha a dit…

Une belle histoire d'amitié aussi (et j'ai pleuré à la fin ^_^)

Bidules Detoutfils a dit…

En achetant le livre, prendre aussi 3 boites de kleenex.

Syl. a dit…

Moi aussi j'ai pleuré. Et j'avais deviné la fin...