"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

mardi 18 janvier 2011

L'homme qui m'aimait tout bas d'Eric Fottorino



Lecture en partenariat avec Blog-o-Book et les éditions Folio.

Quatrième de couverture :

«Mon père s'est tué d'une balle dans la bouche le 11 mars 2008. Il avait soixante-dix ans passés. J'ai calculé qu'il m'avait adopté trente-huit ans plus tôt, un jour enneigé de février 1970. Toutes ces années, nous nous sommes aimés jusque dans nos différences. Il m'a donné son nom, m'a transmis sa joie de vivre, ses histoires de soleil, beaucoup de sa force et aussi une longue nostalgie de sa Tunisie natale. En exerçant son métier de kinésithérapeute, il travaillait "à l'ancienne", ne s'exprimait qu'avec les mains, au besoin par le regard. Il était courageux, volontaire, mais secret : il préféra toujours le silence aux paroles, y compris à l'instant ultime où s'affirma sa liberté, sans explication. "Ce sont les mots qu'ils n'ont pas dits qui font les morts si lourds dans leur cercueil", écrivit un jour Montherlant. Mais il me laissa quand même mes mots à moi, son fils vivant, et ces quelques pages pour lui dire combien je reste encore avec lui.»

Avis :

Une fois encore, Eric Fottorino fait la place belle à son père adoptif dans un de ses ouvrages : après l’avoir notamment caché sous les traits d’un ostréiculteur ou d’un marchand de cannes à pêche, il le place au centre de « L’homme qui m’aimait tout bas » et lui rend un hommage vibrant.

A travers ces pages, il évoque ses premières années, enfant sans père, et remercie Michel Fottorino du nom, de l’attention et de l’amour qu’il a reçus sa vie durant. « J’aurai bientôt neuf ans et je viens de naître. Bientôt, je m’appellerai Eric Fottorino, je suis le gamin du Grand-Parc qu’il vient chercher pour l’emmener au foot dans sa Simca bleue, celle qu’il gare le soir sous nos fenêtres et dont je vérifie avant de trouver le sommeil qu’elle ne part pas, qu’elle reste là, qu’il reste avec nous. »

Parallèlement à ses souvenirs d’enfance, l’auteur évoque le parcours tragique de ce père qui s’est donné la mort en mars 2008, il cherche à suivre ses derniers instants, à comprendre, … « Papa, où es-tu allé, qui as-tu vu, pourquoi ce jour-là, précisément ? Toutes ces heures à tuer, avant. As-tu hésité, douté, songé à renoncer ? Sûrement pas, au contraire. »

Dans un style simple, agréable, Eric Fottorino nous livre sa peine dans un ouvrage poignant et fort, il évite avec bonheur le piège du mélodrame et par ce très beau livre, il donne à son père l'éternité offerte aux personnages de romans. "J'ai réalisé à ce moment la dimension magique de l'écriture : les personnages ne vieillissent ni ne meurent."

Un grand merci à Blog-o-Book et aux éditions Folio pour cette émouvante lecture !

2 commentaires:

isa a dit…

Un récit très touchant qui m'a beaucoup plu.

Nahe a dit…

Tout en pudeur et en émotion !