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Cicéron

vendredi 21 janvier 2011

Histoire d'une île : la tempête des gazelles (tome II) de Yachar Kemal



Lecture en partenariat grâce à Blog-o-Book et aux éditions Gallimard, un grand merci !

L'avis de l'éditeur : L’Île Fourmi, sur la mer Egée, est un îlot paradisiaque, mais désert depuis que la population grecque en a été chassée après la Première Guerre mondiale. Peu à peu, de nouveaux arrivants débarquent, groupes bigarrés venus de tous les coins de l’ancien Empire ottoman. Tous ces migrants portent en eux le goût pour l’aventure, mais aussi les traumatismes et les cauchemars engendrés par les conflits armés. Chacun d’eux tente de recréer une patrie sur ce morceau de terre, tandis que des millions de fugitifs errent encore à travers l’Anatolie.

Le roman s’ouvre sur l’arrivée d’un inconnu à la recherche de Poyraz Musa et qui semble vouloir le tuer… Au fil du texte, de nombreux personnages apparaissent, de toutes origines et confessions, formant une véritable arche de Noé d’une humanité rescapée. Ils apprendront à se connaître, et formeront peu à peu, dans un irrépressible besoin de fraternité, une sorte de conjuration amenée à subir de dures épreuves.

La tempête des gazelles, récit limpide et d’une beauté sereine, révèle une fois encore le regard pénétrant que Yachar Kemal porte sur l’histoire du XXe siècle et le cœur des êtres humains.

Avis : Ce deuxième tome de "L’histoire d’une île" nous narre la renaissance de l’Ile Fourmi : abandonnée par ses habitants sous la contrainte lors de la première guerre mondiale, « occupée » par Vassili et Poyraz Musa dans le premier opus, l’île renaît véritablement à la vie avec l’arrivée de nouveaux occupants. Chacun, à sa manière, tente de s’y créer un foyer mais y apporte également son lot de drames et de blessures. Ensemble, dans cet environnement à la nature sublimée, ces déracinés devront composer pour accéder à une vie nouvelle et au bonheur.

Le récit de Yachar Kemal mêle admirablement les beautés de paysages paradisiaques, les souvenirs terribles de la guerre, les légendes ancestrales, les espoirs et l’attente insupportable, la présence magique de la mer …

L’agha rêvait au milieu de l’ile, de cette minuscule parcelle de terre perdue au milieu de l’immense mer, des araignées qui tissent des toiles géantes comme des draps, des coccinelles tachetées de noir, des insectes qui glissaient sur l’eau de la vasque et de leurs ombres sur les galets blancs… et que dire des violettes, tapies au creux des buissons, à l’abri de la lumière, et de leur parfum intense qui s’emparait de toute créature vivante, homme, femme, oiseau… ?

L’auteur nous livre ici un ouvrage qui combine admirablement conte et poésie dans un texte envoûtant, imagé, vivant. Dans leur quête de lendemains meilleurs, les personnages, vibrant d’espoirs et marqués à jamais, sont particulièrement attachants.

Une lecture superbe pour laquelle je remercie Blog-o-Book et les éditions Gallimard.

1 commentaire:

mazel a dit…

superbe n'est-ce pas... j'espère que la fin de la trilogie arrivera bientôt...
bonne lecture