"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

jeudi 7 octobre 2010

La face cachée du vin de Laurent Baraou et Monsieur Septime


C'est doublement motivée que j'ai posé ma candidature au partenariat organisé entre Blog-o-Book et François Bourin Editeur. Avant d'aller plus loin, un grand merci à eux pour cette lecture bien intéressante. Comme beaucoup d'entre nous, j'apprécie un verre de vin, sa convivialité, son partage, ... Rien de bien original jusqu'ici ! Ensuite, en tant que professeur de marketing, j'ai eu l'occasion de visionner avec mes étudiants Mondovino de Jonathan Nossiter et l'état des lieux dressé alors (en 2004) sur la situation du vin dans le monde m'avait passablement interpellée. Ce partenariat me donnait donc l'occasion de faire le point sur la question. J'ai alors répondu "Présent ! " au quart de tour...


La note de l'éditeur :
Le vin est un produit vivant. Il est l’expression d’un terroir et le reflet du travail des vignerons. Pourtant, en à peine cinquante ans, il a quitté le domaine du vivant pour devenir un produit industriel : aseptisé, stable dès sa mise en bouteille et consommable immédiatement. Dans les rayons des hypermarchés, stocké à la verticale, le vin ne craint plus ni la chaleur, ni la lumière.

La chimie a fait des miracles pour répondre aux besoins de sociétés commerciales souhaitant un produit stable et uniforme. Seul le marketing compte. Et c’est bien là le paradoxe : tandis que l’on a essayé de créer une dynamique qualitative par le biais des AOC, l’industrie alimentaire s’est engouffrée dans les failles du système, l’étiquette prenant le dessus sur le vin, et le contenant sur le contenu.

Pourtant, tous les vignerons n’ont pas cédé à cette facilité. Et on assiste aujourd’hui au renouveau de certains petits vignobles et de vins de table aux qualités et aux spécificités étonnantes. Ce sont eux que La Face cachée du vin souhaite vous faire découvrir… pour le plaisir.

Avis :

C'est une conclusion en deux temps, également, que je dois rédiger en refermant cet ouvrage.

D'une part, les auteurs dénoncent les dérives auxquelles le marketing et les impératifs du marché mènent les viticulteurs : homogénéisation des goûts, culture d'une image de luxe au détriment de la qualité, distribution inadaptée au produit, ...

D'autre part, le constat dressé par Laurent Baraou et Monsieur Septime risque de faire passer le goût du vin à Bacchus lui-même ! Le viticulteur s'est transformé en petit chimiste et des substances aussi diverses que nocives semblent être devenues indispensables tout au long "du processus de fabrication" : pour repousser les maladies et les indésirables, pour obtenir une robe de couleur rubis, pour donner au vin ce petit goût de framboise ou de banane si recherché, pour assurer la conservation du divin breuvage dans les linéaires, ...

Je pense néanmoins que ce constat désolant n'est pas le message à retirer de cet ouvrage : les auteurs concluent en présentant quelques viticulteurs irréductibles, producteurs de vin naturel, adeptes de qualité et de saveur.

" Dans le vin naturel, il y a la force de la vie, comme dans les vignes dont il est issu. Le vigneron qui s'engage dans une démarche organique et naturelle préserve ses vins de la stérilité due aux traitements oenologiques et phytosanitaires, qu'il épargne aussi à ses vignes, au risque de perdre gros quand les éléments sont contre lui."

Ces 44 vignerons montrent qu'une autre voie est possible, que le vin peut encore être associé au respect du consommateur, de la nature, qu'il peut toujours être un produit de qualité, synonyme de plaisir et convivialité.

Un ouvrage à ne pas réserver aux seuls amateurs de vin !

1 commentaire:

Baraou a dit…

Merci pour cette lecture et les commentaires.
J'espère que nous détournement les amateurs des linéaires de la grande distribution et des ses vins fabriqués, pour les orienter vers des vins authentiques, typés, expressifs et uniques. Je précise que les vignerons remarquables (dont nous citons 44 qui nous semblent représentatifs) ne sont pas nécessairement engagés dans une démarche officielle en Agriculture Biologique ou Biodynamique, ni obligatoirement adeptes du sans-soufre ajouté ou du travail 100% manuel ; ils prouvent juste qu'il est possible de réaliser des bons vins, des excellents, des exceptionnels, sans recourir à de grossiers artifices.
Au plaisir,
Laurent Baraou