"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

mardi 19 novembre 2013

Monstrueux de Natsuo Kirino


La présentation de l'éditeur :

Ma sœur Yuriko était un monstre. Une beauté époustouflante, anormale. Elle nous méprisait, ma mère et moi. Seuls les hommes l'intéressaient. Quand elle avait quinze ans, le lycée de Tokyo tout entier lui est passé dessus. Elle pensait réussir grâce à son corps. Son cadavre a été retrouvé dans un meublé crasseux. Aujourd'hui, on me demande de témoigner...


Avis 

Le procès du meurtrier de deux prostituées à Tokyo est sur le point de s'ouvrir : Yuriko et Kazue ont toutes deux été tuées dans des circonstances similaires et leur assassin semble le même.  Appelée à témoigner, la sœur de Yuriko revient longuement sur sa vie et les circonstances qui ont conduit au drame.  Au fil du récit, elle cède la place aux journaux de Yuriko et Kazue, nous permettant une vision très complète des événements.

Nées de l'union d'un père suisse et d'une mère japonaise; Yuriko et sa sœur ont peu de points communs : la beauté exceptionnelle de Yuriko semble l'avoir mise à l'écart au sein de sa famille-même.  Pour son aînée, c'est un monstre, invisible à première vue mais pour qui dépasse les apparences, ce fait est une évidence.

Désireuse de se démarquer de sa famille et de sa cadette, la sœur de Yuriko a intégré le prestigieux lycée K tandis que les siens quittaient le Japon pour la Suisse.  Au décès de sa mère, par suicide, Yuriko décide de rentrer au pays et est scolarisée dans le même établissement, elle y trouvera le moyen de focaliser l'attention et ainsi y fera ses premiers pas dans la prostitution.  Jusqu'à sa mort...


Dans ce roman dense et captivant, Natsuo Kirino nous offre ici une vision sans concession de la société japonaise : travailleurs immigrés, place de la femme, système scolaire, ...  De la même manière, elle applique le même traitement à ses protagonistes et à leur famille : au plus profond de l'âme, les monstres sont légion.  Un récit dur et fort, qui mérite plutôt la mention de "roman psychologique" que de "thriller".  Surtout au vu de la fin qui démérite un peu en regard des pages précédentes.



Challenge Ecrivains japonais : Lecture du mois d'octobre, Natsuo Kirino

3 commentaires:

Jérôme a dit…

Je ne suis pas fan des romans psychologiques, surtout quand il sont denses. Si en plus la fin est décevante, je passe mon tour.

Manu a dit…

Je vois que la fin t'a aussi déçue. Bien dommage car le roman était vraiment captivant.

Nahe a dit…

@ Jérôme : Pas d'objection ^^
@ Manu : je suis restée sur ma faim, dommage...