"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

lundi 23 septembre 2013

Je m'appelle Budo de Matthew Dicks


Quatrième de couverture

Aussi longtemps que Max croit en moi, j'existe. Les gens disent que c'est ça qui fait de moi un ami imaginaire. Ce n'est pas vrai : j'ai mes idées et ma vie en dehors de lui. Mais j'étais là le jour où il a disparu. Je sais qu'il est en danger. Et je suis le seul à pouvoir l'aider.



Avis

C'est un héros pour le moins original que nous invite à découvrir Matthew Dicks dans Je m'appelle Budo:  Budo est un ami imaginaire, créé de toutes pièces par Max, un jeune autiste. Budo est une version très élaborée des amis imaginaires : il est aussi "complet" qu'un être humain, il est doué de parole, il est capable de réfléchir, il peut même traverser les portes.  Au cours de son existence, il a pu se rendre compte de sa chance, à travers ses rencontres avec ses semblables : certains sont parfois réduits à leur plus simple expression, d'autres n'existent que quelques instants ou sont limités dans leurs capacités, tant physiques qu'intellectuelles. 

Budo, lui, existe depuis cinq ans, il aide Max dans les moments difficiles de son existence, l'aidant par exemple à se décider entre deux parfums de glace à l'eau ou vérifiant que personne ne se trouve dans les toilettes de l'école lorsque Max désire s'y rendre...  Incapable de dormir, Budo passe la nuit à se promener et à faire de nouvelles rencontres.  La journée, il accompagne Max à l'école et c'est ainsi qu'il assiste à son enlèvement : séparé de son ami, Budo va tout mettre en oeuvre pour le retrouver, bien décidé à l'aider à s'échapper.

Matthew Dicks nous propose ici un roman jeunesse passionnant : Budo est un héros atypique, attachant.  Les préoccupations des amis imaginaires sont éloignées des nôtres, leur vie est en général furtive et faite de sacrifices.  Suivre l'aventure du point de vue de Budo est une perspective très  riche, il nous permet d'envisager des angles variés dans cette sombre histoire de disparition : Max, ses parents, ses professeurs, le ravisseur sont tous concernés mais chacun à sa manière.  Envisager ces différents aspects permet davantage d'empathie et de réalisme pour le lecteur.

Sur fond d'amitié, ce récit est un roman d'aventures captivant par son contexte très particulier.  Pourtant, il ne s'agit pas seulement d'un roman policier pour la jeunesse : le lecteur y suit pas à pas le quotidien de Max et ses découvertes, ses progrès, ses dépassements même.  L'auteur y traite avec finesse et drôlerie le sujet difficile de l'autisme, il nous offre ici un roman d'apprentissage plutôt inhabituel. Je préfère ne rien dire de la manière dont Max vivra  son enlèvement, ni des répercussions qu'aura ce rapt dans son quotidien.  Par contre, je recommande fortement cet ouvrage tendre et avisé  qui, s'il est a priori destiné à un lectorat jeune, devrait plaire également à un public plus âgé.


Un grand merci aux éditions Flammarion pour cette lecture en partenariat.

4 commentaires:

Sunset Avenue a dit…

Je pense qu'il me plairait tout à fait !!

Jérôme a dit…

Voila qui pourrait être très sympa. Je note !

paikanne a dit…

Ce fut vraiment une belle lecture :-)

Nahe a dit…

@ Sybille : Je crois, note-le vite !
@ Jérôme : Une sage décision !
@ Paikanne : Je suis comme toi, sous le charme !