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Cicéron

dimanche 13 février 2011

De Jérôme à Lidoire de Martine Lafon-Baillou



Lecture en partenariat dans le cadre de l'opération Masse critique : un grand merci à Babelio et aux Editions Passiflore.

La note de l'éditeur :

Pape de la branchitude, Jérôme Lidoire est un auteur adulé à Paris.
Sur les instances de sa mère, il revient à Maizieux-sur-Lidoire, son village natal honni, pour être fait citoyen d’honneur. Impliqué malgré lui dans les problèmes de Maizieux, il redeviendra pour un temps Jean-Claude Lagrive, le fils de l’instituteur.
Une journée suffira pour transformer à la fois le village et le citoyen d’honneur.

Cette comédie mordante et drolatique fait la part belle à ce que chacun de nous porte en lui malgré le cynisme et la superficialité de l’époque, un peu de sa candeur enfantine.

« … La nuit fut agitée, bouillante, et le corps de Lidoire comme une bouillabaisse. La Biafine collait aux draps, et la peau de Geronimo, sur sa partie écarlate, devenait verte à la moindre pression. Il gisait sur le dos, toujours vêtu de son maillot de bain car il craignait de s’éplucher en essayant de l’enlever. Véronique se réjouissait de l’indépendance de leurs lits. Elle s’était mise sur un coude et, tandis que l’écrivain lui contait la naissance de son premier succès, elle contemplait son cou marbré de rouge et de blanc sur lequel allait et venait sa pomme d’Adam comme le mercure sur un thermomètre. Une seule fois, le malheureux ouvrit les yeux et elle fut transportée en plein Paris, à l’arrêt, sous un feu, puis l’appel vert de ses iris passa au rouge des paupières. Rideau… »

Avis :

Jérome Lidoire, Jean-Claude Lagrive pour l’état civil, cumule les défauts et les prix littéraires. Auteur à succès, il collectionne les excentricités et marque bien peu de points pour parvenir à se faire aimer de la lectrice que je suis. Qu’il décide de partir en week-end ou planifie un repas au restaurant, la marche à suivre est la même : il envoie un texto (dans le plus pur langage sms que j’ai eu parfois quelques difficultés à décrypter) à deux, trois connaissances et voit qui lui répond en premier lieu…

Sur le point d’être fait citoyen d’honneur de son village natal, il doit revenir sur le théâtre de son enfance et composer pour une journée avec la ruralité de Maizieux-sur-Lidoire. La confrontation de ces deux mondes promet bien des surprises !

Peu importe l’antipathie que m’a inspiré le « héros » du roman de Martine Lafon-Baillou, j’ai beaucoup apprécié cette lecture : le roman est fort bien écrit, la critique est subtile et le ton est caustique, voire cynique. Manies d’auteur capricieux, futilité du monde politique ou petits travers quotidiens, chacun des protagonistes est égratigné à son tour. L’ensemble est très drôle, bien agréable à lire. Un auteur que j’ai découvert avec grand plaisir. Un grand merci à Babelio et aux Editions Passiflore pour cette découverte savoureuse!



2 commentaires:

Sybille a dit…

Je ne connais pas du tout, mais la plupart du temps, on fait de belles découvertes avec l'opération Masse Critique, pour ma part, je n'ai jamais été déçue !

Nahe a dit…

C'est vrai pour moi aussi, même si je n'y ai pas beaucoup participé...