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Cicéron

mardi 9 décembre 2014

Un printemps à Tchernobyl d'Emmanuel Lepage


La présentation de l'éditeur :

26 avril 1986. À Tchernobyl, le cœur du réacteur de la centrale nucléaire commence à fondre. Un nuage chargé de radionucléides parcourt des milliers de kilomètres. Sans que personne ne le sache… et ne s’en protège. C’est la plus grande catastrophe nucléaire du XXe siècle. Qui fera des dizaines de milliers de victimes. À cette époque, Emmanuel Lepage a 19 ans. Il regarde et écoute, incrédule, les informations à la télévision. 22 ans plus tard, en avril 2008, il se rend à Tchernobyl pour rendre compte, par le texte et le dessin, de la vie des survivants et de leurs enfants sur des terres hautement contaminées. Quand il décide de partir là-bas, à la demande de l’association les Dessin’acteurs, Emmanuel a le sentiment de défier la mort. Quand il se retrouve dans le train qui le mène en Ukraine, où est située l’ancienne centrale, une question taraude son esprit : que suis-je venir faire ici ?

Avis :

Pour Emmanuel Lepage, âgé de dix-neuf ans en 1986, Tchernobyl évoque immanquablement une catastrophe nucléaire sans précédent.  Grâce à l'association Dessin'acteurs, s'offre à lui la possibilité de se rendre compte par lui-même en se rendant sur place.  Il part donc en avril 2008, en compagnie d'un illustrateur: un album-reportage est en projet. 

L'album s'ouvre sur le voyage vers Tchernobyl : Emmanuel Lepage est accompagné de Gildas Chasseboeuf, un illustrateur.  Ce trajet vers l'Ukraine est l'occasion de rappeler des témoignages de victimes, le dessinateur s'imprègne peu à peu de son sujet.  Le sujet semble lourd, impressionnant.  A l'image des informations distillées, le dessin est sombre, le noir domine.  Le tracé est superbe, précis; le dessin magnifie les décors désolés.  Difficile d'imaginer que ce voyage a failli ne pas se faire, en raison d'une incapacité à dessiner, une "crampe de l'écrivain".


Les premiers temps du voyage, la même pressions pèse sur l'équipe en place: mesures de précaution, sentiment de risque, ...  prédominent.  Pourtant doucement, la vie prend se place dans l'album comme elle le fait à Tchernobyl, prenant les formes les plus variées :  hospitalité sans frontière, cerfs dans les lieux abandonnés, musique, cueillette de jonquilles...  Comme le printemps, les couleurs reviennent et reprennent leurs droits, elles colonisent l'album et repoussent les teintes sombres des premiers temps du voyage.  La réalité persiste :certes, tristesse et pertes ne s'effacent pas; pourtant, au terme de ce magnifique voyage en compagnie d' Emmanuel Lepage,  l'espoir demeure.

6 commentaires:

bénédicte a dit…

lu il y a déjà quelques temps j'avais beaucoup aimé cette BD !

Jérôme a dit…

J'ai adoré ! Un de mes albums préférés de tous les temps ;)

Mo a dit…

Coup de cœur pour cet album. Les souvenirs que j'ai de cette lecture se bonifient avec le temps.

Syl. a dit…

Malgré le thème abordé, c'est une belle lecture. Il y a de la lumière.

Sunset Avenue a dit…

C'est vraiment un thème original pour un album !

Nahe a dit…

Alison Mossharty :

Cette BD je la croise tout le temps mais je la lis jamais va savoir pourquoi ! Il faudrait que je remédie à ça :)