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Cicéron

lundi 1 décembre 2014

Loeuk... Tchong Kraoy : La dernière fois de Phiseth Srun

Lecture en partenariat avec Livraddict et les éditions VPS: un grand merci pour cette lecture !

Quatrième de couverture :
Au début du printemps 1975, à 12000 kilomètres du Sud-Est de la France, un jeune étudiant de vingt ans, originaire de Phnom Penh et issu d'un milieu militaire, quitte sa ville natale pour se rendre chez ses amis au Laos. Pour ce faire, il doit parcourir 800 kilomètres en autocar, partant de la région Nord-Ouest du Cambodge pour rejoindre Vientiane.
Un mois plus tard, les maquisards communistes "Khmers rouges" envahissent les villes du pays, et en très peu de temps, tous les citadins sont évacués de chez eux. Les intellectuels, les fonctionnaires, mais aussi les soldats du régime déchu comptent immédiatement parmi les premières proies de ces révolutionnaires "pro-Maoïstes", assoiffés de diverses formes de vengeances primitives, et qui se composent majoritairement d'adolescents.
Du jour au lendemain, face aux échos des nouvelles qui circulent dans le mauvais sens, notre jeune orphelin khmer se retrouve ainsi dénué de toutes ressources, mais surtout dépouillé de ses rêves de jeunesse.

Avis : 

Débuté par l'arrivée en France de Zsunara, un jeune Cambodgien,  ce récit nous emmène en 1975, époque où le Cambodge était mis à mal par les Khmers Rouges.  Envoyé par sa famille au Laos pour quelques temps, le jeune homme, sans nouvelles des siens, se voit contraint de quitter le pays en même temps que les amis qui l'hébergeaient.  Le voilà donc seul dans un avion à destinations de Paris, à l'aube d'une nouvelle vie.

Ce roman se compose de différentes époques : le voyage vers la France, le périple laotien de Zsunara et la vie en France dans un centre pour réfugiés de Tours.  A ces époques correspondent des narrations très différentes : à la troisième personne pour la France, à la première personne lorsque le jeune homme se souvient des aventures qui l'ont mené vers l'Hexagone.  A certains moments, le style de l'auteur est un peu bancal, certaines constructions semblent étranges et sonnent mal.  Ceci dit, en associant ces tournures étranges à un réfugié cambodgien, cela peut sembler logique et cadrer avec l'univers décrit dans le roman.

Charnière du roman, le déferlement des Khmers Rouges est largement évoqué dans la quatrième de couverture.  Dans le roman, il est à peine évoqué, si ce n'est pour les conséquences qu'il provoque pour Zsunara et la famille qui l'hébergeait.  J'aurais aimé en apprendre davantage à travers ce récit mais la place accordée à ces événements que l'on sait dramatiques est marginale.  De la même manière que l'on ignore tout du sort de la famille du héros.

Sans réel appui historique donc, ce roman est le récit du voyage d'une jeune réfugié; l'auteur nous y décrit son périple du Cambodge au Laos, son séjour chez des amis et ensuite son trajet vers l'Europe.  La dernière partie du livre évoque l'intégration de Zsunara : les amitiés qu'il noue, le centre de réfugiés, l'espoir d'un premier travail.  Le récit est simple, plaisant mais manque, à mon goût, de recul et de profondeur.  Cela reste néanmoins une lecture agréable pour laquelle je remercie Livraddict et les éditions VPS.

2 commentaires:

Estelle Calim a dit…

C'est dommage, il y a peu de romans qui parlent de cette période et du Cambodge. Je comprends que l'auteur ait voulu éviter, mais c'est peut-être ce qu'il y aurait eu de plus intéressant, comme tu le dis.

Nahe a dit…

iL ya toujours des choix difficiles...