La Madone de Notre-Dame d'Alexis Ragougneau
La présentation de l'éditeur :
Au lendemain de la
procession organisée par Notre-Dame pour honorer la Vierge Marie, une jeune
fille très belle y est retrouvée morte... Installée telle une dévote sur un
banc, elle s’est effondrée sur le sol lorsqu’une plantureuse touriste
américaine s’est assise à ses côtés.
La procureur,
Claire Kauffmann, Landard, le commandant, et Gombrowicz, le tout jeune
lieutenant, s’interrogent. Qui est cette femme à la robe blanche ? Qu’est-ce
qui a orienté ses pas vers Notre-Dame ? Tout le monde est, a priori, interrogé
et tous sont unanimes : elle était dans les parages le jour de la procession,
et sa présence a fait sacrément scandale. Le mystère s’épaissit de jour en
jour, d’autant que l’autopsie révèle un élément des plus violents : le vagin de
la victime a été scellé avec la cire d’un cierge. Le père Kern, qui effectue
chaque été un remplacement à Notre-Dame, est assailli de tous les côtés.
Lorsque les soupçons s’orientent trop naturellement vers un très jeune homme «
fou » de la Vierge et aux allures d’ange blond, il comprend qu’il doit mener sa
propre enquête, en marge de l’investigation officielle.
Avis :
Au lendemain de la
procession du quinze août, une jeune fille semble se recueillir dans la
cathédrale de Notre-Dame. Bousculée par
une touriste, elle s’effondre, morte.
Dans la foule, c’est la stupeur mais la première surprise passée, le
meurtre est établi et la victime identifiée : elle avait suivi de près le
cortège de la veille, scandalisant les fidèles par sa tenue un peu légère. Un jeune homme blond l’en a d’ailleurs
violemment chassée à coups de crucifix.
Faut-il voir en lui l’assassin ?
Outre les
enquêteurs du Quai des Orfèvres fixés sur la piste de ce fidèle, passionné par
la Vierge, le père Kern, remplaçant pendant la période d’été, se penche sur le
crime, persuadé de l’innocence du jeune homme blond. Poursuivi par ses propres démons, malmené par
la maladie des os qui le ronge, parviendra-t-il à faire entendre raison à la
jeune procureur Kaufmann et aux policiers qui l’assistent ?
Dans ce roman
policier à la trame classique, Alexis Ragougneau plante le décor au cœur de la
cathédrale de Notre Dame, véritable fourmilière. Il restitue l’ambiance effrénée qui y
règne : touristes, surveillants, prêtres, sacristains, … Tout ce petit monde est en ébullition depuis
la macabre découverte, l’atmosphère déjà habituellement agitée est montée d'un
cran: figurant parmi les premiers lieux touristiques de France, Notre Dame est,
incontestablement, une petite industrie.
Plus de cinquante mille visiteurs y passent chaque jour et rien n'y est
laissé au hasard. Agent de sécurité ou
personnel d'accueil, chacun y a un rôle bien défini à jouer et la mécanique est
bien rodée.
Choisissant de
laisser de côté les véritables acteurs sortis du Quai des Orfèvres tout proche,
l'auteur place au centre de l'intrigue
un enquêteur pour le moins atypique : un aumônier de prison, handicapé par une
insidieuse maladie, luttant chaque jour avec son passé.
Elle aussi assez
éloignée de nos attentes, la personnalité de la victime occupera une grande
place dans cette enquête et sera au cœur des préoccupations du père Kern,
devant, pour s'y intéresser, se faire violence.
C'est donc à lui
qu'appartiendra de faire toute la lumière sur cette affaire, grâce à l'aide
inattendue de marginaux qui voient en la cathédrale un refuge quotidien. Beaucoup d'humanité et d'écoute, loin de
l'implacable machine judiciaire, seront nécessaires pour entendre ces
laissés-pour-compte.
Ce volet
profondément humain et cet enquêteur imparfait sont autant d'atouts à mettre au
crédit de ce premier roman : j'y ajouterais le profond réalisme de l'intrigue
et le décor grandiose dont la vie est si habilement rendue. Bien sûr, cette histoire pourrait se résumer
à un combat du bien contre le mal mais ce serait à mon sens un peu réducteur car
l'auteur met en scène ici de grandes qualités qui font de ce roman un excellent
polar.

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