"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

samedi 26 juillet 2014

C'est la pause !




Les vacances approchent : il est temps de boucler les valises et de filer vers le soleil et la plage !  Profitez bien de cet été, à très bientôt...

Au nord-est d'Arzew d'Alain Bonet, Pacosales, Carlos Maiques

Lecture en partenariat avec Babelio et les éditions Steinkis : un grand merci pour cette lecture.

La présentation de l'éditeur
 

Chaque année, Paul, Pierre et Bachir passent l'été avec leur famille dans des cabanons en bord de mer, à Arzew, au nord-est d'Oran.

Paul est juif, Bachir musulman et Pierre chrétien. Ils vont à l'école, font les 400 coups et suivent le tour de France ensemble. Ils sont amis, tout simplement.

On est en Algérie. En 1954.

Peu à peu, ce qu’on nomme alors les « événements » vont changer leurs vies et entamer leur insouciance.

Au nord-est d'Arzew restitue les moments particuliers d'une enfance algérienne, tour à tour joyeuse, cruelle, tendre, violente, comique et grave.

Avis 

Au nord-est d'Arzew nous amène dans l’enfance de Paul, Bachir et Pierre : des moments privilégiés comme les vacances sur la plage ou les retransmissions du Tour de France.  Séparés par leur nationalité et leur confession, les trois enfants sont amis et mènent une vie insouciante, entre l’école et les bêtises en trio.

Dans ce décor de carte postale, le drame couve pourtant et peu à peu le bonheur simple de ce paradis se transforme : au fil des incidents et des représailles, la guerre s’approche insidieusement.


Dans cette chronique d’une enfance rattrapée par l’Histoire, les auteurs mêlent textes et dessins en tons pastel : les couleurs sont douces et le graphisme naïf.  Le récit est découpé en chapitres, marqués par des doubles pages à l’aquarelle.  L’ensemble décrit avec succès cette région idyllique contaminée par la violence : la joie et la vie simple des débuts, la peur et les choix,  malgré un ciel radieux.  

C’est à travers les yeux des enfants que cette douloureuse période de l’Histoire nous est rendue : la nostalgie transparaît, l’amitié prime et le danger semble si loin des préoccupations de ces gamins.  Pourtant, l’Histoire marquera en quelque sorte la fin de l’enfance.

vendredi 18 juillet 2014

La grand-mère de Jade de Frédérique Deghelt


La présentation de l'éditeur :


"J'ai beaucoup lu, depuis très longtemps. Je suis une lectrice assidue, une amoureuse des livres. On pourrait le dire ainsi. Les livres furent mes amants et avec eux j'ai trompé ton grand-père qui n'en n'a jamais rien su pendant toute notre vie commune. Jade eut l'impression que Mamoune lui assénait cette révélation comme si elle avait fait le trottoir, transformant la lecture en une activité inavouable."

Avis :


Lorsqu’elle apprend que sa grand-mère a fait un malaise et que ses tantes envisagent de la placer, Jade abandonne tout et propose d’héberger la vieille dame.  Elle rejoint alors la Savoie et invite Mamoune à partager son appartement à Paris : voici comment commence une cohabitation originale entre Jade, journaliste trentenaire et Jeanne, sa grand-mère.

Profondément liées, les deux femmes se redécouvrent pourtant et trouvent leurs marques dans un quotidien qui diffère de ce qu’elles ont toujours connu.  Peu à peu, elles se créent un nouveau cadre de vie, de nouvelles habitudes aussi. 

Jade en vient même à évoquer un projet de livre, un manuscrit qu’elle a envoyé aux éditeurs.  Stupéfaite, elle apprend ainsi que Mamoune aime les livres et ce depuis bien longtemps.  Voilà qui ne cadre pas avec l’image que Jade avait de sa grand-mère, ne l’ayant jamais vue un livre entre les mains !


Tout en tendresse et en émotions, ce roman de Frédérique Deghelt nous relate, à travers les mots de Jade et de Mamoune, cette cohabitation exceptionnelle et la vie des deux femmes à Paris.  Le récit est tour à tour drôle, parfois triste mais une chose est sûre : Mamoune a choisi de prendre les choses du bon côté et elle déteint doucement sur sa petite fille.  A travers les pages, elle transmet sa joie de vivre et son optimisme !  Un très joli roman, à la fin assez inattendue…

lundi 14 juillet 2014

Expo 58 de Jonathan Coe

Le résumé de l'éditeur :

Londres, 1958. Thomas Foley dispose d’une certaine ancienneté au ministère de l’Information quand on vient lui proposer de participer à un événement historique, l’Exposition universelle, qui doit se tenir cette année-là à Bruxelles. Il devra y superviser la construction du Pavillon britannique et veiller à la bonne tenue d’un pub, Le Britannia, censé incarner la culture de son pays.

Le jeune Foley, alors qu’il vient de devenir père, est séduit par cette proposition exotique, et Sylvia, son épouse, ne voit pas son départ d’un très bon œil. Elle fera toutefois bonne figure, et la correspondance qu’ils échangeront viendra entrecouper le récit des nombreuses péripéties qui attendent notre héros au pays du roi Baudouin, où il est très vite rejoint par de savoureux personnages : Chersky, un journaliste russe qui pose des questions à la manière du KGB, Tony, le scientifique anglais responsable d’une machine, la ZETA, qui pourrait faire avancer la technologie du nucléaire, Anneke, enfin, l’hôtesse belge qui va devenir sa garde rapprochée…

Avis :

1958 : alors que la Belgique lance les invitations pour l’Exposition universelle, à Londres, on s’organise pour y mettre en avant l’identité culturelle du pays.  Il y aura donc le Pavillon proprement dit et le Britannia, un pub, élément incontournable du paysage britannique.  

Pour Thomas Foley, un jeune employé du ministère de l’Information, l’aventure commence : grâce à une mère belge et à un père patron de pub, il sera chargé de superviser le Britannia.  Le voilà donc parti pour Bruxelles, abandonnant pour six mois à la banlieue londonienne femme et enfant : une folle aventure commence ! 

C’est à Bruxelles, au beau milieu de la guerre froide que nous transporte Jonathan Coe : les rencontres s’y font de façon tout à fait inhabituelle à l’époque.  Nationalités, idées nouvelles, espions, … s’y emmêlent dans un climat de fête et de légèreté.  L’ensemble est joyeux, un brin nostalgique.

 Thomas est tiraillé entre sa famille et les amis qu’il se fait à Bruxelles, entre un pays trop traditionnel et le bouillonnement de l’exposition.  Un décor qui fait rêver, un peu d’humour, de l’espionnage, un petit air british, une ambiance de fête : en conclusion, un récit drôle et captivant que je dois à Angeselphie que je remercie encore pour ce cadeau personnalisé !