"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

samedi 31 mai 2014

Café givré de Suzanne Selfors


La présentation de l'éditeur :

"Vous croyez aux signes ? La foudre qui frappe une voiture dont vous sortez à l'instant, un chat noir qui traverse votre chemin... Vous voyez ce que je veux dire ? Le hasard, peut-être. Moi, je n'y ai jamais cru, à ce genre de trucs. Avant de le rencontrer, lui".

Chez Anna est un petit café où le temps s'est arrêté. Katrina y vit paisiblement avec sa grand-mère. Jusqu'au jour où la magie et la poésie s'immiscent dans sa vie...

Avis :

Katrina est une adolescente sans histoires qui partage sa vie entre le café de sa grand-mère Anna et le lycée.  Son temps libre, elle le passe avec son ami d’enfance, Vincent, membre de l’équipe de natation et Elizabeth, une fille fantasque, douée pour le dessin.  Sa préoccupation majeure : le manque de clients au café depuis l'arrivée d'un Java Heaven, juste à côté...

Quand un matin, Katrina découvre un homme endormi dans l’arrière-cour du café, elle n’écoute que son bon cœur et dépose à ses côtés un café chaud et quelques pâtisseries.  Quelques heures plus tard, l'inconnu débarque au lycée, voulant la remercier de son geste désintéressé.  Il est plutôt mignon mais un peu farfelu et Katrina préférerait passer inaperçue.

Pourtant l’inconnu, baptisé Malcolm, insiste et Katrina s’en débarrasse en acceptant un grain de café supposé lui apporter la fortune.  Tourmentée par l’avenir du café ou le choix de ses études prochaines, elle met le grain de café en poche et n’y pense bientôt plus.

Suzanne Selfors  nous offre ici un roman jeunesse savoureux ; il se déroule à Norsby, dans l’état de Washington, un village à forte influence scandinave.  A la suite de Katrina et de ses amis, j’ai pris plaisir à suivre le destin de Chez Anna dans l’atmosphère douillette de Norsby.  En effet, empreint de traditions, le décor invite au cocooning et à la douceur.  L'auteur y met en scène des personnages attachants et sympathiques, à l’image d’Anna, la grand-mère, des amis de Katrina, des Garçons, les fidèles du café, de Malcolm, ce drôle de garçon portant un kilt, ….   

Dans ce récit tendre et plein de bons sentiments, elle mêle amitié, culpabilité, magie, espoir, … dans un mélange parfumé et dépaysant ; il se dégage de cet ouvrage une ambiance chaude et confortable : un roman léger et bienfaisant !

jeudi 29 mai 2014

Contre toute attente de Linwood Barclay

Lecture en partenariat :  Un grand merci aux éditions J'ai lu pour cette excellente découverte !

Le résumé de l'éditeur :

L'entreprise de Glen Garber va mal : la crise est passée par là, les contrats sont rares, les créanciers pressants, les dettes s'accumulent. Son seul réconfort? Sa femme Sheila et leur fillette Kelly. Un soir, coup de fil de la police : sa femme meurt dans un accident de voiture, elle était ivre. Pourtant elle ne buvait pas. Et puis il y a cette voisine qui le harcèle de questions, ces incidents répétés sur les chantiers, ces appels anonymes, le soir. Et quand une amie proche est retrouvée assassinée, Glen se dit que la mort de Sheila était tout sauf un accident et qu'il est grand temps de mettre Kelly à l'abri... 

Avis 

Pour Glen Garber, entrepreneur en bâtiment, la crise est bien là : les chantiers se font rares et l’avenir est sombre.  Pourtant son épouse Sheila est bien décidée à le soutenir, elle suit d’ailleurs des cours du soir pour l’aider dans sa comptabilité.  Sans oublier les fameuses lasagnes dont elle régale la famille, pour remonter le moral des troupes.

Justement, ce soir, avant de prendre la route pour l’école, elle évoque brièvement une façon d’aider au budget familial mais n’a pas le temps de s’attarder sur la question.  Le sujet est remis à plus tard.

Finalement, la discussion ne reprendra pas : Sheila provoque un accident en rentrant, y laissant la vie et tuant deux personnes.  Elle était ivre et s’est endormie au volant.

Pour Glen, l’univers s’effondre : Sheila ne buvait jamais, comment a-t-elle pu agir de cette façon ?  Tandis que la vie s’organise autour de Kelly, sa petite fille, Glen s’étonne du comportement des amies de Sheila, tout en cherchant  à comprendre. 

Un procès en responsabilité, une vitre brisée par une balle, des propos incompréhensibles, un détective privé, …  Peu à peu, son quotidien se transforme, ayant tout pour l’inquiéter. Mettant de côté chagrin et colère, Glen décide de mener l’enquête à son tour.

Quand le monde de Glen part en lambeaux, il décide de prendre les choses en main et se jure d’y trouver une explication.  Sans savoir où il met les pieds !  Le voilà donc embarqué dans une enquête trépidante, passionnante pour le lecteur. 

Suspects et rebondissements se bousculent pour donner vie et action à ce récit.  Au fil des chapitres, l’auteur alterne le point du vue de Glen et celui des personnages extérieurs. L’ensemble est vivant: crise et contrefaçon occupent le devant de la scène, de façon très réaliste.  Les scènes décrites ont un air qui peut malheureusement sembler familier…

Pour conclure : du rythme, du suspense, un héros ordinaire, …  Un excellent policier !

mercredi 28 mai 2014

Pas son genre de Philippe Vilain

Lecture en partenariat :  Un grand merci aux éditions J'ai lu pour cette excellente découverte !

Le résumé de l'éditeur :

Il est professeur de philosophie, elle est coiffeuse. Contraint de quitter la capitale pour enseigner à Arras, le premier rencontre la seconde sans vraiment la remarquer. Langage, goûts, références... tout les oppose, et pourtant, elle devient son amante. Le mépris et l'ennui se profilent à l'horizon, mais qui croit mener le jeu peut bien être joué.

Avis 

Professeur de philosophie, François est affecté à Arras.  Une situation qui ne l'enchante pas trop.  Prenant ses quartiers dans la ville pour une partie de la semaine, il rencontre Jennifer, coiffeuse, ne lui prêtant vraiment attention.  Les semaines passant, cherchant à se distraire, François invite pourtant la jeune femme à prendre un verre.  De fil en aiguille, ils deviennent amants.  Jennifer n'est pourtant pas son genre...

Dans ce court roman François prend la parole; il revient sur la relation qu'il a nouée avec Jennifer, il en raconte les prémices et s'étonne.  Il passe en revue son amante, il dissèque ses faits et gestes, décrit ses petits travers, son manque de goût et de culture.  

A travers le portrait qu'il dresse de la jeune femme, il ne se montre pas sous son meilleur jour, paraissant à l'occasion pédant et sectaire.  Jennifer, elle, apparaît touchante dans cet amour perdu d'avance, amatrice de plaisirs simples et pleine de bon sens.  Dans cette chronique douce-amère, c'est plutôt François que l'on plaint de ne savoir aimer simplement, sans ratiociner, ni juger. 


Servi par un style soigné très plaisant, Philippe Vilain nous propose un roman psychologique agréable à suivre : les personnages sont attachants malgré/grâce à leurs défauts,  les dialogues ont l'accent de la vérité, les situations sont décryptées tout en finesse, ...  Un joli roman bâti autour de l'amour et des préjugés !

lundi 26 mai 2014

Affaire classée de Danielle Thiéry

Lecture en partenariat :  Un grand merci aux éditions J'ai lu pour ce policier passionnant !

Le résumé de l'éditeur :

Edwige Marion, commissaire, reprend une enquête concernant la mort accidentelle d'une enfant. Classé depuis cinq ans, le dossier doit néanmoins être rouvert, car elle vient de recevoir un colis contenant les chaussures de la petite victime. Elle n'a d'autre choix que de replonger au cœur de sa première enquête.

Avis :

Commissaire de police connue pour son courage et sa détermination, Edwige Marion, appelée tout simplement Marion par ses proches, jongle entre vie privée et professionnelle.  Il n'est pas toujours simple de concilier un travail exigeant et un jeune enfant.

Aussi, cette nouvelle affaire de corps coupé en morceaux ne l'enchante pas vraiment, d'autant qu'elle a trouvé dans sa boîte aux lettres un colis étrange : des petits souliers rouges, pièce à conviction d'une ancienne affaire dont elle a été chargée.  Une histoire autrefois classée comme accident.  Comment ces chaussures, mises sous scellé, ont-elles pu circuler ainsi ?  Et quel message veut-on lui faire passer ?

Cherchant à concilier la vie des familles et des enquêtes souvent très dures, le commissaire Marion a la vie dure; une équipe de confiance est là pour lui prêter main forte, sur les deux tableaux parfois...  Lorsqu'elle décide envers et contre tout de réouvrir cette vieille affaire, elle se retrouve bien seule, face aux coïncidences du passé. 


Le poids du temps et de l'oubli, des suspects en pagaille, des fonctionnaires obstinés, un meurtrier retors, un supérieur réfractaire...  Voilà qui viendra compliquer un peu plus la tâche de Marion mais volontaire et décidée, elle entend bien faire face et venir à bout de ses recherches.  Personnage récurrent que j'ai adoré découvrir dans un roman policier sombre et réaliste. Il ne me reste qu'à découvrir les autres titres de l'auteur, bonne nouvelle !

dimanche 25 mai 2014

Le petit joueur d'échecs de Yôko Ogawa

Le résumé de l'éditeur :

Un petit garçon né avec les lèvres scellées vit aujourd’hui avec un léger duvet sur la bouche, une hypersensibilité à tout déplacement d’air. Après la disparition de sa mère, il passe de longs moments sur la terrasse d’un grand magasin, là où serait morte l’éléphante Indira. On dit que ce bel animal, mascotte d’un lancement promotionnel, devint un jour trop gros pour quitter les lieux.

Un matin, cet enfant solitaire découvre le corps d’un homme noyé dans le bleu d’une piscine. Et c’est en cherchant à savoir qui était ce malheureux que le gamin rencontre un gardien d’usine, un être obèse installé dans un autobus immobile et magique. Dès lors se dessinent entre eux une confiance quasi filiale, une relation toute familiale, un désir de legs, une envie d’héritage.

L’homme, passionné par les échecs, va faire du gamin son héritier de cœur, il va lui enseigner la stratégie du jeu, tout un art auquel le jeune garçon ajoute une spécificité : il joue tel un aveugle, sans voir son adversaire, sans voir les pions…

Avis :

Elevé par ses grands-parents, le héros est un petit garçon né avec les lèvres scellées.  Une opération a remédié à ce handicap mais il en a gardé un goût profond pour le silence et une grande sensibilité.  En pensées, il s'accompagne d'Indira une éléphante, animation d'un grand magasin et de Miira, une petite fille disparue entre deux maisons. 

Une rencontre le conduit à apprendre les échecs avec le gardien d'une compagnie d'autobus.  En marge des échecs, se noue une relation profonde faite d'amitié et de respect.  Grâce au maître, l'enfant deviendra Little Alekhine, redoutable aux échecs mais perdant tous ses moyens s'il ne peut jouer caché sous l'échiquier.

A la mort de son mentor, l'enfant continuera à jouer toute sa vie durant, à travers un automate, se contorsionnant pour offrir détente et magie à ses adversaires.


Autour du jeu d'échecs, ce qui ne doit pas rebuter les non initiés dont je fais partie, Yôko Ogawa met en scène, dans ce texte sensible et délicat, un destin hors du commun.  A sa manière, elle crée un univers un peu particulier, fait de rêve et de poésie.  Un petit bijou à découvrir !

jeudi 22 mai 2014

Video Games de Daniel B. Weiss




Lecture en partenariat avec Babelio et les éditions J'ai lu : un grand merci pour cette lecture.



La présentation de l'éditeur :

Adam Pennyman, passionné par les jeux vidéo, est obsédé par l'un d'entre eux en particulier : Lucky Wander Boy. Il est persuadé que s'il était parvenu à passer le légendaire 3e niveau du jeu lorsqu'il avait 15 ans, sa vie aujourd'hui serait tout autre. Pour reprendre sa vie en main, Pennyman va partir à la recherche de Lucky Wander Boy et de son mystérieux créateur, Araki Itachi.

Avis : 

Passionné de jeux vidéo, Adam Pennyman entreprend de rédiger un guide des jeux anciens, son "catalogue des jeux obsolètes".  Il y devise et philosophe autour de jeux vidéo aujourd'hui passés de mode ou dépassés par la technologie. 

C'est ainsi que nous découvrons la place qu'ont occupée ces jeux dans son existence, depuis Microsurgeon offert par son grand-père.  Celui-ci l'a profondément marqué car il y jouait à l'époque où sa grand-mère est décédée d'un cancer.  L'enfant qu'il était a alors créé un parallèle entre le jeu, soigner un patient fictif et la maladie bien réelle, persuadé de guérir sa grand-mère en gagnant.

Dans ce catalogue figure Lucky wander boy, un jeu qu'il n'a jamais pu terminer, la machine ayant été enlevée de la salle d'arcades qu'il fréquentait.  Profondément frustré, Adam rêve d'aller au bout de la quête du héros et ferait n'importe quoi pour découvrir une machine permettant d'y jouer.  Employé comme rédacteur dans une société informatique, il est chargé d'écrire le scénario du film Lucky wander boy.  Voici enfin la chance de sa vie : l'occasion de changer son destin ! 

La présentation du roman m'avait attirée par cette possibilité de remettre sa destinée en question.  Je trouvais intéressante cette seconde chance et le rôle joué par les jeux vidéo.  Pourtant, ma lecture entamée et bien avancée, j'ai eu l'impression, au diapason du Lucky wander boy de me trouvée perdue dans le désert : je ne savais trop ce qu'Adam avait exactement en tête et il ne me donnait pas l'image de quelqu'un souhaitant sauver sa vie.  Il se complaisait plutôt dans le marasme ambiant...   


Au cours de la lecture, les parallèles entre le roman et le jeu apparaissent bien : tout comme le héros du jeu vidéo disparu, Adam mène une quête lui permettant de grimper les niveaux et de découvrir enfin le niveau 3 tant espéré, après avoir traversé un désert.  En effet, comme le jeu, le livre est découpé en trois parties et comme Lucky, Adam collectionne des objets au cours de son errance. 

Néanmoins, à mes yeux, ceci ne m'a pas rendu le récit passionnant, ou ne serait-ce qu'intéressant.  Je n'ai pas eu l'impression de progresser dans la vie d'Adam.  Il faut dire que je n'ai pas éprouvé de sympathie pour le héros de D.B.Weiss : fixé sur les jeux, sa vie privée et professionnelle est un grand ratage et hormis Lucky wander boy, tout lui semble plutôt indifférent.  Ceci ajouté à son apathie m'aurait plutôt donné envie d'abandonner ma lecture, ce que je n'ai pas fait.  J'ai donc suivi Adam/Lucky dans sa découverte du troisième niveau et même si cela n'a pas rattrapé mon impression globale, la fin m'a bluffée.  C'est pourtant sur une grosse déception que je referme ce roman mais j'imagine que d'autres lecteurs pourront y trouver leur bonheur.


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Été de Mons Kallentoft

Le résumé de l'éditeur :

Linköping se consume sous le soleil brûlant. C’est l’été du siècle en Suède. De quoi perdre la raison, pense l’enquêtrice Malin Fors. Une adolescente est retrouvée nue dans le parc municipal, hagarde ; une autre, assassinée. Seul point commun : une peau irréellement propre. Pervers prudent ou rituel de nettoyage ? Pour Malin, l’horreur devient totale quand sa propre fille est enlevée.

Avis :

Tandis que la canicule règne sur Linköping, une adolescente est retrouvée, nue, au jardin botanique.   Elle ne se souvient de rien, sinon avoir fait le mur pour aller au cinéma et semble aller plutôt bien.  

Au même moment, une autre adolescente est portée disparue.  Les deux affaires pourraient être liées mais rien ne permet de l'affirmer.  Lorsqu'un corps est découvert près du lac Stora Rängen, le doute n'est plus permis car les deux jeunes filles présentent des lésions très similaires.

Pendant que Malin Fors et son équipe planchent sur cette sordide affaire, l'opinion publique s'émeut.  Une enquête délicate s'annonce...

Nous retrouvons ici Malin Fors, aux prises avec une vie un peu à la    dérive : en ce moment, sa fille est à Bali, avec son père.  La canicule complique une affaire déjà difficile; la violence faite aux femmes est au centre du roman.  Sous la chaleur, tout est plus compliqué : même marcher est difficile, les effectifs sont réduits, des incendies de forêt menacent la ville, ...


L'enquête semble se traîner elle aussi, la chaleur et les efforts qu'elle implique sortent des pages.  Les préjugés et le racisme viennent également compliquer la donne.  Les suspects défilent, les recherches obligent les enquêteurs à traverser la ville, le lecteur souffre de concert.  De quoi le ferrer un peu plus jusqu'à la fin de cet excellent policier...

mercredi 21 mai 2014

Nils Hazard chasseur d'énigmes : La Dame qui tue de Marie-Aude Murail

Le résumé de l'éditeur

Tout commence par la réouverture d'une tombe étrusque vide, probablement dévalisée par des pillards. Mais si cette tombe ne contient plus rien, pourquoi ses couloirs ont-ils été soigneusement murés ? Pourquoi est-elle truffée de pièges ? Et pourquoi le matériel utilisé pour les fouilles disparaît-il ? Une fois de plus, pour Nils Hazard et Catherine Roque, les héros de Dinky rouge sang et L'assassin est au collège, les énigmes s'accumulent. Quel étrange secret les jumelles Angela et Mina sont-elles susceptibles de révéler ? Pourquoi Mateo, l'idiot du village, tombe-t-il à genoux, tétanisé par la peur, lorsqu'il voit une femme en noir ? Et par quelle ironie l'ouverture d'un tombeau peut-elle devenir une course contre la mort ?

Avis

Plus que jamais passionné par les Etrusques, Nils Hazard enrage : ses étudiants, en stage en Italie, auraient fait une découverte d'importance dans une tombe mise au jour d'après ses indications.  Ne tenant pas en place, il boucle sa valise et part pour la Toscane, embarquant sa fidèle secrétaire Catherine dans l'aventure.

Sur place, bien de surprises l'attendent, parmi lesquelles deux cadavres qui font figure de petits jeunes à côté du fameux roi Porsenna !  Tombeau étrusque ou pas : Nils Hazard a du pain sur la planche !  Et, à veiller sur sa vie, Catherine aussi...

Dans ce troisième tome, Nils cumule à nouveau les fonctions de professeur d'étruscologie et de détective : il file encadrer ses étudiants en stage, de peur de rater un hypothétique rendez-vous avec la dépouille du roi Porsenna.  Ici encore il tombe en pleine embrouille, soit deux squelettes assez récents et n'hésite pas à mettre les pieds dans le plat, qu'il y ait ou non prescription.

Légendes, pièges, disparition de matériel, ...  Tout est fait pour dissuader Nils Hazard de continuer ses fouilles et d'enquêter sur les dépouilles cachées sur le chantier.  Qu'à cela ne tienne, notre enquêteur bravache tient à mener à bien ses investigations !  D'autant que de jolies jeunes filles sont dans les parages et que la concurrence est acharnée parmi ses étudiants : nouvel Indiana Jones ou vieux beau ?  Nils ne peut résister à se montrer sous son meilleur jour.  Hum, hum...

Cette fois encore, l'équilibre est respecté : Nils parade et Catherine lui sauve la mise !  Curieux duo d'amoureux : leur vouvoiement entretient un suspense parallèle à l'intrigue.  Le romantisme italien les poussera-t-il à se dévoiler ?

Soleil, mystère et humour, voici comment résumer ce nouvel volet des aventures de Nils Hazard.  Trésor étrusque ou pas, l'aventure m'a plu et je serai au rendez-vous de Tête à Rap, de concert avec Syl.  Son avis est par ici : a-t-elle goûté l'escapade toscane ?

dimanche 18 mai 2014

Tarte aux asperges


Syl m'a proposé une recette commune pour ce dimanche, d'après une recette mise à l'honneur par Nathalie.  Il s'agit d'un plat ancien, tiré d'un roman de Michèle Barrière.  Le résultat est délicieux, très frais : une entrée délicate ou un plat léger accompagné d'une salade.




Ingrédients pour une entrée pour 6 personnes : 

1 fond de tarte brisée - 1,5 kg d’asperges vertes ou blanches  - 25 g de beurre - 40 g de raisins secs (ici, vu les goûts familiaux, j'ai fait l'impasse) - 50 g de parmesan frais - 2 boules de mozzarella  - 2 cuillères à soupe de persil et de menthe hachés - sel et poivre

Préparation : 

Faites cuire les asperges à l’eau bouillante salée 10 minutes. Égouttez-les soigneusement. Coupez-les en tronçons et faites-les revenir à la poêle avec le beurre 8 minutes environ. Laissez refroidir quelques minutes et égouttez bien.

Dans un saladier, mélangez la mozzarella coupée en petits morceaux, les herbes, les asperges, le parmesan râpé, les raisins secs, salez et poivrez. 

Étalez la pâte dans un moule et déposez le mélange dessus.

Enfournez dans un four chaud, 220° pendant 35 minutes. 

La tête dans les étoiles
11/20









samedi 17 mai 2014

La peau de César de René Barjavel

La présentation de l’éditeur :

Le coup de la lettre anonyme, ça ne fait rire personne... Encore moins le commissaire Julien Mary et surtout si les mots maladroitement collés sur le blanc de la feuille lui annoncent un meurtre prévu devant près de vingt mille personnes. Que faire? Prendre la menace au sérieux? Attendre? Se noyer dans la foule? S'occuper d'autre chose? 

Julien Mary, homme d'allure ordinaire, passa inaperçu tant que l'on n'a pas croisé son regard. Le comportement des hommes le consterne. La compassion lui a fait les cheveux gris dès la trentaine et il serait plutôt du genre à éprouver davantage de pitié pour les victimes que d'animosité envers les coupables... Alors, si l'on menace César, il pense à l'acteur qui le joue. Si on lui parle de crime, il cherche à l'éviter. La comédie humaine peut s'avérer tragique! Julien Mary croyait connaître ses classiques ; il avait oublié qu'en matière de meurtre tout reste à relire, à voir et à entendre...

Avis :

Tandis que les arènes de Nîmes s’apprêtent à accueillir le César de Shakespeare, la police reçoit une lettre anonyme annonçant la mort de César.  Le commissaire Mary se penche immédiatement sur l’affaire, s’interrogeant sur la possibilité de commettre un meurtre devant vingt mille spectateurs.

Le soir de la première, un des acteurs est bien assassiné et Mary est chargé de l’enquête : avant tout, la personnalité de la victime semble pouvoir expliquer rancœurs et menaces.

Avec ce titre, emprunté aux lectures scolaires du fiston, j’ai découvert Barjavel dans un registre inhabituel, le roman policier.  Qu'à cela ne tienne, le résultat est largement à la hauteur : héros charismatique, texte percutant, décor hors du commun, suspense, rebondissements, ...  Tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce texte un excellent policier, de veine classique.  On y trouve même des références aux maîtres du genre comme Simenon. Dites-moi si je me trompe...


Les amateurs du genre regretteront juste qu'il s'agisse là de la seule incursion de Barjavel dans le roman policier, tant le commissaire Mary avait l'étoffe d'un personnage récurrent !

mercredi 14 mai 2014

Léon et Louise d'Alex Capus


La présentation de l'éditeur :

Le jour des obsèques du grand-père, la famille est en train d’attendre le prêtre dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, lorsqu’une petite dame énergique, portant un foulard rouge, s’approche du cercueil, pose un baiser d’adieu sur le front du défunt et, en souriant malicieusement en direction de l’assistance, actionne une vieille sonnette de vélo. Dans les premières rangées, on chuchote. Est-ce vraiment cette Louise ? Elle a donc osé ?

Léon et Louise n’ont pas vingt ans lorsqu’ils se rencontrent dans un petit village français vers la fin de la Première Guerre mondiale. Connus, reconnus, perdus de vue, séparés par les hasards de l’Histoire, les deux jeunes gens ne s’oublieront jamais.

Avis :

Le récit débute aux obsèques du grand-père de l'auteur, Léon : une vieille dame surprend l'assemblée par son adieu au défunt, à l'aide d'une sonnette de vélo.  Louise est venue rendre un dernier adieu à son amour de toujours, faisant fi des convenances.

Parmi la famille abasourdie, Alex Capus entreprend de remonter le temps jusqu'à la rencontre de Léon et de Louise, en Normandie, vers la fin de la première guerre mondiale.  Au travers des années, il revient sur cet amour naissant, contrarié par les aléas de l'Histoire.

La guerre finie et les années passant, Paris les réunira à son tour, chacun ayant, sans le savoir, construit sa vie près de celle de l'autre.  Léon est marié et père de famille, il travaille au Quai des Orfèvres; Louise est secrétaire à la Banque de France.

Leur amour évoluera au fil des époques, parfois loin, parfois proche.  Ce roman en fait le récit, en parallèle des grands événements de l'Histoire et des étapes de chacun des protagonistes.  Un texte agréable et doux à lire, une chronique délicate; même, si je l'avoue, j'ai un peu de mal face à la position de l'auteur relatant donc l'amour extra-conjugal de son grand-père.


lundi 12 mai 2014

L'invité arrive de Du Fu & Sara

Lecture en partenariat avec Babelio et Hongfei Cultures : un grand merci pour ce superbe album.

Quatrième de couverture 

L'invité arrive... et ma maison ne sera plus la même.

Une poésie chinoise vieille de plus de mille ans. Les joies de l’amitié et de l’hospitalité, pour aujourd’hui !

Avis 

A l'aide de papiers déchirés de couleur, Sara illustre une ancienne poésie chinoise : on y retrouve l'attente de l'invité et les préparatifs qui s'imposent pour le recevoir.  A la manière d'un zoom, les illustrations se rapprochent peu à peu de la maison et de la table dressée.  Les couleurs changent, s'entremêlent ou s'opposent mais restent l'impatience et la fébrilité en attendant cet invité.



Tout au long de l'album, le procédé reste le même, il restitue avec bonheur hommes, animaux ou décors.  Les émotions transparaissent et le lecteur reste émerveillé face à la finesse ainsi rendue.  Un très bel album où dépaysement et poésie priment !




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vendredi 9 mai 2014

L'été des lucioles de Gilles Paris

La présentation de l'éditeur :

Du haut de ses neuf ans, Victor a quelques certitudes : c’est parce que François, son père, n’ouvre pas son courrier qui s’amoncelle dans un placard que ses parents ne vivent plus ensemble ; c’est parce que Claire et Pilar adorent regarder des mélos tout en mangeant du pop-corn qu’elles sont heureuses ensemble. Et c’est parce que les adultes n’aiment pas descendre les poubelles au local peint en vert qu’il a rencontré son meilleur ami Gaspard.

Les vacances au Cap-Martin, cet été-là, seront pour Victor et son copain Gaspard l’occasion de partir à l’aventure sur l’étroit chemin des douaniers qui surplombe la côte. En guidant les garçons jusqu’aux passages secrets menant aux somptueuses villas, papillons, baronne et jumeaux feront bien plus que leur ouvrir la porte des jardins enchantés.


Un voyage au pays de l’enfance qui déborde d’émotion et de tendresse.

Avis


Victor a neuf ans et décide raconter l'histoire de cet été exceptionnel, l'été des lucioles. Il aimerait écrire un livre pour sa maman qui en a toujours un à la main. Il ouvre donc son cahier à spirale et s'applique. 

La famille, pour commencer : Victor a deux mamans et un papa.  Deux mamans car Claire, sa vraie maman,  ne vit plus avec son papa : il refuse de grandir, accumulant les factures.  Claire est libraire et vit avec Pilar, qui peint les paysages de son enfance en Argentine.  Papa est photographe, il vit seul et Victor le rejoint de temps en temps mais revient  à la maison tout triste.  Victor a aussi une grande sœur, Alicia : elle cherche le bon garçon et est un peu perdue entre Luigi et Lorenzo.

Ensuite il y a les copains : Gaspard, le meilleur ami qu'il retrouve en vacances, en descendant les poubelles et Justine qui lui chavire le cœur.  Ensemble, ils iront jouer sur le chemin des douaniers.  Les jumeaux Tom et Nathan les guideront dans les villas abandonnées du Cap Martin car en plus de quelques secrets, ils détiennent les clés de toutes ces vieilles demeures.  Cet été s'annonce riche en aventures.

Dans un style inimitable et si aisément identifiable, l'auteur nous invite à suivre Victor au cours de cet été: il se met à la place du petit garçon et nous relate, avec candeur et délicatesse, ses journées en famille et les escapades entre copains. 

Victor parle à cœur ouvert, décrivant ses joies et ses peines.  Ce quotidien enfantin est attachant et plaisant à suivre, fait de rêves et de candeur.  Sous le regard de Victor, ces semaines estivales prennent une autre dimension.  Ses petites escapades sur le chemin des douaniers passent par le prisme de l'enfance et deviennent de fabuleuses aventures, tout en mystère et en frissons.

Si le récit de Victor est teinté d'innocence,  il n'est pas insouciant pour autant : car Victor s'inquiète pour son papa, cet adulte qui refuse de grandir et de revenir dans la "belle résidence", où il a passé, lui aussi, ses vacances étant enfant.  Victor profite de son séjour pour trouver une explication à cette maladie et tenter de lever le voile sur le mystère qu'il devine.


Donnant la parole à ce héros si jeune et charmant, Gilles Paris aborde des thèmes sérieux, parfois tristes mais les présente, grâce à ses personnages, de manière légère et candide.  Ainsi exposées, les aventures de Victor et la vision qu'il porte sur le monde des adultes offrent un roman innocent, riche en émotions: un texte rafraîchissant qui prête tant à rire et à pleurer, un cocktail de tendresse et d'émerveillement, qui porterait le nom d'une des somptueuses villas que rêvent de visiter, en toute insouciance, Victor et ses amis.



Lu dans le cadre des Chroniques de la rentrée littéraire : un grand merci à Abeline et aux éditions Héloïse d'Ormesson !


jeudi 8 mai 2014

Aux anges de Francis Dannemark

La présentation de l'éditeur :

Deux hommes, qui ont perdu le fil de leur vie, voyagent ensemble. Sur leur route, des rencontres insolites vont changer leur destin. Un roman lumineux sur la puissance des sentiments ou l'on retrouve la sensibilité et la poésie de Francis Dannemark.

Amis d'adolescence, Pierre et Florian se retrouvent, après trente ans d'absence, à l'occasion d'un long voyage en voiture. L'un et l'autre ont un peu perdu le fil de leur vie. Avec émotion et humour, ils évoquent leurs fêlures, leurs doutes face à l'avenir. Mais ce voyage, dicté par les rendez-vous professionnels de Pierre, ne se déroule pas comme prévu.

Sur le bord d'une route, ils croisent Emiliana di Castelcampo. Dans son château en ruine, telle une fée facétieuse, la vieille comtesse italienne va bientôt bouleverser l'existence des deux hommes. Car la vie trouve son sens et sa magie dans les rencontres que l'on y fait et dans notre capacité à rêver et à accueillir l'imprévu.


Avis :

La vie a séparé Pierre et Florian, amis d’adolescence.  Se retrouvant après une parenthèse de trente ans, les deux amis décident d’un périple à deux, en marge d’un voyage d’affaires de Pierre.  Confidences discrètes et incidents de parcours donnent à cette escapade une autre direction que celle initialement prévue.

Lorsqu’au détour d’un chemin, ils découvrent une voiture dans le fossé, ils n’hésitent pas à se porter au secours de la conductrice.  C’est ainsi qu’ils rencontrent la comtesse Emiliana di Castelcampo et vont au devant de rencontres qu’ils n’auraient jamais rêvées.

Une amitié retrouvée, voici l’occasion pour Pierre et Florian de dresser le bilan des trente années passées et de faire le point vers la cinquantaine.  Pierre ne se sent plus proche de Béatrice, son épouse.  Après trois divorces et une fille qu’il voit peu, Florian vit plus ou moins seul, sans réelle attache. Un peu de fantaisie est la bienvenue après ces décomptes plutôt moroses : au gré de leurs étapes et des rencontres qu’ils y font, nos héros envisagent l’avenir sous un jour nouveau, sensiblement plus ensoleillé.

Francis Dannemark signe cette fois un titre court.  Qu’à cela ne tienne, les ingrédients qui m’ont charmée dans La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis ou Histoire d'Alice, qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris, plus un)  figurent également au casting de ce récit : dans cette escapade un peu folle et imprévisible, il met en avant l’optimisme et la joie de vivre.  A l’image de la comtesse Emiliana di Castelcampo, la fée de ce roman et de ses (improbables) pensionnaires.

Il nous offre ainsi une jolie leçon de vie : prendre le temps et ouvrir les yeux sur ce(ux) qui nous entoure(nt).  Ne serait-ce qu’en commençant par se poser en compagnie d’un livre, doux et enjoué, comme celui-ci ! 



mercredi 7 mai 2014

Gâteau renversé à l’ananas



La semaine dernière, les étudiants m'ont réclamé un gâteau pour la pause: tous les moyens sont bons pour entretenir le moral des troupes !  Voici ce que je leur ai préparé : 




Ingrédients :

100 g de beurre - 50 g de cassonade - 4 tranches d’ananas au sirop - quelques cerises au sirop - 75 g de sucre en poudre - 1 œuf - 125 g de farine tamisée - 5 cl de lait - extrait de vanille

Préparation :

Malaxez 50 g de beurre ramolli et la cassonade pour obtenir la consistance d’une crème. Étalez le mélange ainsi obtenu sur les bords intérieurs et sur le fond d’un moule rond.



 Disposez les tranches d’ananas sur la crème, au fond du moule. Décorez éventuellement avec des cerises.

Malaxez le reste du beurre avec le sucre en poudre, dans un saladier. Ajoutez l’œuf, en battant bien. Incorporez la farine et le lait, parfumez avec quelques gouttes d’extrait de vanille.

Préchauffez votre four à 180 °C (therm. 6).

Versez la pâte régulièrement dans le moule, par-dessus les fruits. Faites cuire à four modéré, pendant environ 30 minutes.

Laissez le gâteau refroidir dans le moule. Démoulez avant de servir, les fruits devant apparaître sur le dessus.


La tête dans les étoiles : 
10/20




Recette  Petit Larousse Pâtissier pour le Challenge Nos gourmandises 2014 avec Syl

mardi 6 mai 2014

Un endroit discret de Seichô Matsumoto

La présentation de l'éditeur :

Un homme ordinaire, fonctionnaire bien noté et sans histoire, découvre après le décès brutal de sa femme qu'elle était une belle-de-jour. Il mène l’enquête et se fait justicier, ouvrant sa vie à l'angoisse du remords et à celle d'être découvert.

Matsumoto est considéré dans son pays comme le "Simenon japonais".

Avis :

Fonctionnaire au ministère de l'agriculture, Tsuneo Asai est momentanément en mission en province.  Dérangé au milieu d'un repas d'affaires par un appel téléphonique, il apprend le décès de son épouse Eiko d'une crise cardiaque.

Rentré d'urgence, il est étonné par l'endroit où Eiko est décédée, un magasin de cosmétiques.  Eiko menait pourtant une vie calme, sortant peu, habituée à ménager son cœur. Les funérailles passées, Tsuneo se penche sur la vie de son épouse et de fil en aiguille, en vient à nourrir d'étranges soupçons.

Seichô Matsumoto nous décrit le cheminement de ce veuf qui s'interroge sur son épouse défunte : il échafaude différentes théories, mène l'enquête, interroge le personnel de maisons de rendez-vous, ...  L'enquête est lente, méticuleuse. 


L'infidélité de l'épouse avérée, le roman prend une tout autre tournure mais reste passionnant jusqu'au dénouement final.  L'auteur nous offre ainsi un polar psychologique pour le moins atypique où les traditions et les convenances au sein de la société japonaise occupent une grande place.