"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

dimanche 31 mars 2013

La Grande Odalisque de Bastien Vivès - Mulot - Ruppert

Lecture avec PriceMinister  pour l'opération La BD fait son festival : un grand merci pour ce livre !

La présentation de l'éditeur :

Une réinterprétation moderne du mythe de la cambrioleuse féline popularisé par "Cat's Eyes" ou "La Main au collet d'Alfred Hitchcock".
    
Alex et Carole sont deux cambrioleuses de haut vol, séduisantes et sans complexes, capables d'aller chercher n'importe quel tableau dans n'importe quel musée. À la recherche d'un chauffeur, elles rencontrent Sam, une championne de moto aux multiples talents. Le trio qui vient de naitre est appelé à entrer dans la légende...

Quand l'étoile montante de la BD française s'associe à l'un des meilleurs duos de la BD indépendante pour réinventer les trois héroïnes les plus connues (et les plus sexy) de l'animation japonaise, le résultat ne peut que faire des étincelles.



Avis :


Intriguée depuis quelques temps par ce titre, j'ai profité de l'opération La BD fait son festival pour découvrir cette aventure rocambolesque de la collection Aire Libre. Dès les premières pages, le rythme est rapide et le lecteur entre directement dans l'action, en plein vol du Déjeuner sur l'herbe.
 
Carole et Alex opèrent en tandem, spécialisées dans les vols improbables. Après cette opération, elles sont contactées pour exercer leurs talents au Louvre et Carole, face à l'instabilité de sa partenaire, envisage de recruter.  Ce sera Sam, spécialiste en moto, qui viendra étoffer l’équipe.  Entre les repérages, une escapade au Mexique pour délivrer un marchand d’armes, l’entraînement de la nouvelle recrue,… peu de temps mort pour le lecteur et de raison de s’ennuyer…  Quand arrive enfin le grand final, les moyens sont lourds et le trio ne recule devant aucun sacrifice pour mener à bien sa mission…

Si j’ai beaucoup aimé le volet graphique de cet album : palette de couleurs,    découpage, …, j’ai été beaucoup moins touchée par  le récit.  L’histoire, elle, m’a un peu déçue : je n’ai pas vraiment accroché à ce trio, à leur manque d’états d’âme, à leur immoralité, …  J’ai sans doute été dépassée par les grands moyens utilisés par le gang et je suis restée un peu en marge de leurs aventures.  Dommage...

 Un grand merci à PriceMinister, en la personne de Juan Luis, pour cette lecture trépidante !

Ma note : 13/20

A noter pour avril...




Chez Dup et Phooka, avril sera le mois d'Oliver Peru : chroniques, interview participative, ... 

N'hésitez pas à y participer !  Pour ma part, je suis plongée dans Druide, à bientôt !

mercredi 27 mars 2013

Balancé dans les cordes de Jérémie Guez

Lecture en partenariat : Un grand merci aux éditions J’ai lu pour cette découverte !
La présentation de l'éditeur : Jeune boxeur sans histoire, Tony consacre sa vie au sport, prépare son premier combat professionnel et se tient à l'écart des trafics de sa cité. Mais sa mère se laisse entretenir par des voyous et finit par se retrouver à l'hôpital, battue par l'un d'eux. Par soif de vengeance, Tony fait appel à Miguel, le caïd du coin. Mais rien n'est gratuit...
 
Avis :
 
Au cœur des banlieues, Tony fait profil bas : au pied de son immeuble, les trafics sont fréquents et il est plus sage de fermer les yeux.  Petit, la boxe lui a permis de s’affirmer et d’éviter les ennuis.  Aujourd’hui, il se prépare pour son combat professionnel et travaille le jour dans le garage de son oncle.  Ce match représente pour lui l’espoir d’une nouvelle vie,  libre, sans étiquettes, sans entraves…   Une existence qui permettrait également à sa mère d'échapper à ses démons : la drogue, les hommes, …
Pourtant, sans le vouloir, Tony va se retrouvé plongé au cœur des ennuis et contraint de faire appel à Miguel, un malfrat dangereux.   Bien involontairement, le voilà lié à la violence et aux trafics qu’il a toujours soigneusement évités.  Car Miguel entend bien profiter de la dette de Tony…
Balancé dans les cordes nous entraîne de façon magistrale dans le monde des banlieues, de la violence, de la drogue, …  Pour Tony, la boxe est une échappatoire et l’espoir d’un monde meilleur.  Le cheminement du jeune boxeur est habilement dressé par Jérémie Guez : violent, sombre, inéluctable …  Tant dans les dialogues que dans les personnages, la violence transparaît à chaque instant et gangrène le récit, une belle réussite.  En décrivant ainsi le parcours de Tony, l’auteur nous offre un roman fort, captivant : un roman que le lecteur referme, sonné.
Sélectionné parmi les trois finalistes du Prix Polar SNCF, Balancé dans les cordes est le deuxième volet de la trilogie parisienne, entamée avec Paris la nuit, un titre que je ne tarderai pas à découvrir.
 

jeudi 21 mars 2013

La petite marchande de souvenirs de François Lelord

Lecture en partenariat avec Livraddict et les éditions JC Lattès : un grand merci à tous deux pour cette découverte !

Présentation de l'éditeur :

Dans une Hanoï endormie qui commence à peine à s’ouvrir au monde, Julien, un jeune médecin français, qui n’a connu ni guerre, ni révolution, découvre chaque jour un peu plus un peuple marqué par l’Histoire. Il travaille à l’ambassade de France mais son temps libre il l’occupe à parcourir le pays et à apprendre sa langue.
Aux abords du Lac de l’Epée, il croise souvent une jeune fille en chapeau conique, Minh Thu, Lumière d’Automne, qui tente de vendre des souvenirs aux premiers touristes pour nourrir sa famille. Une complicité naît entre eux, mais ils savent que tout les sépare. Au contraire, tout devrait rapprocher Julien de Clea, une collègue britannique détachée pour un an à l’Institut Pasteur de Saigon, qui rêve d’un avenir avec lui.
Peu avant Noël, une mystérieuse épidémie se déclare dans le service du Professeur Dang, vétéran des guerres révolutionnaires, qui a pris Julien en affection.
Tandis que la ville lentement se referme, Julien et Clea partent en expédition sur la piste des premiers malades, pendant que Lumière d’Automne, bravant l’interdiction de vendre, finit par être arrêtée par la police…
Vivre un grand amour et rester en vie, Julien n’est pas sûr d’y parvenir, mais il a appris de son père à toujours choisir la voie difficile.


Avis :


Jeune chercheur, Julien a saboté sa carrière en refusant d'arranger les résultats d’une étude pour son patron.  Tombé en disgrâce, il a opté pour une carrière de médecin d’ambassade à Hanoï, un travail a priori tranquille.  Julien mène donc une existence paisible, alternant les soins aux familles des expatriés et cours de vietnamien, promenades autour du lac, …  C’est ainsi qu’il fait la connaissance de Wallace et Margaret, un couple d’Américains en vacances.   Ancien combattant du Vietnam, Wallace y a été emprisonné longuement et ne peut se détacher de ce pays fascinant.  C’est également aux abords du lac que Julien tombe sous le charme de Lumière d’Automne, une jeune paysanne qui tente de subvenir aux besoins de sa famille en proposant aux touristes des babioles en tout genre.  Un travail clandestin, durement réprimé par la police qui ne voit pas d’un bon œil les relations entre natifs et touristes.   S’appuyant sur de stricts principes révolutionnaires, la surveillance est permanente, tout comme la délation et la suspicion.  Autant d’obstacles qui semblent séparer Julien et Lumière d’Automne, dans ce pays où les non-dits sont omniprésents.

 

Au cours de ses visites,  à l’approche de Noël, Julien se rend au chevet d’une religieuse française, atteinte d’une mystérieuse affection.  L’état de la patiente  semble nécessiter des mesures d’isolement et l’appel à de plus hautes instances.  Pourtant, dans ce pays, beaucoup de choses sont tues et un appel à l’Occident équivaudrait à une faiblesse.   Tant bien que mal, le professeur Dang tente d’endiguer l’épidémie avec les moyens du bord tandis que Julien, accompagné d’une collègue anglaise, décide de remonter aux sources de l’épidémie, à la barbe des autorités…

 

Dans ce roman dépaysant, l’auteur nous entraîne dans un pays qui, peu à peu, s’éveille au monde à l’image de mademoiselle Fleur qui, au fil des leçons qu’elle donne à Julien, envisage une version de l’Histoire différente de celle donnée par le régime, allant jusqu’à lire des ouvrages décrétés interdits. Au travers du personnage de Lumière d’Automne et de ses amies, il nous décrit une population au quotidien difficile, aux relations avec les étrangers scrupuleusement réglementées, à la liberté réduite, … Un savant mélange de laisser-faire et de paraître semble organisé par le régime en place, une hypocrisie organisée.  Il ne s’agit pas ici d’un décor de carte postale mais bien d’un récit réaliste, sans concession. Les conditions de vie sont misérables pour les autochtones, la débrouillardise est de mise pour subsister et faire vivre sa famille.  Ajoutés à un caractère déterminé, malgré sa timidité, voici autant de points qui font de Lumière d’Automne une héroïne touchante et lui attirent la sympathie.  Julien est quant à lui, un personnage attachant avec ses grands principes et sa sensibilité, on l’imagine facilement en preux chevalier et on ne peut s’empêcher de soutenir, moralement, ses efforts face à la maladie qui touche Hanoï.



A l’identique, François Lelord réserve le même traitement à ses héros qu’au pays évoqué et ne tombe pas dans le piège de l’idylle facile, un choix appréciable. Il aborde également l’histoire du Vietnam, les relations avec l’Occident, les consciences qui s’éveillent, …  Des éléments qui sortent le récit d’un cadre uniquement « romantique » et lui donnent une dimension plus fouillée.  Dans ce décor passionnant à tous points de vue, j’ai aimé suivre les personnages, profondément humains, harcelés par la menace de cette maladie inconnue, souvent contraints à des choix difficiles, voire au renoncement.



Un grand merci à Livraddict et aux éditions JC Lattès pour cet agréable voyage en lecture   !





Logo Livraddict

Au nom du père, du fils et de John Lennon de Laurence Schaack et Goulven Hamel


La présentation de l'éditeur :

Cornelius Caine, jeune aristocrate bègue et maladroit, quitte son collège archi snob pour se plonger dans le « swinging London ». Grâce à sa cousine sexy et délurée, il découvre la mode, les soirées branchées et rencontre même ses idoles, les Beatles. Il tombe sous le charme du plus insaisissable d'entre eux, John Lennon et noue avec l'icône pop une dangereuse amitié qui le mènera à la découverte de lui-même...





Avis :

Mal dans sa peau, Cornélius est un adolescent un peu perdu, accablé par son bégaiement.  La musique le passionne et donne du sens à sa vie, à l’instar des disques qu’il reçoit d’Amérique.   Dans son pensionnat huppé et rigide, il n’hésite pas à faire le mur pour assister en douce à des concerts.  C’est ainsi qu’un soir, il est pris, la main dans le sac, par le directeur venu lui annoncer le décès de son père…

 

Alors qu’il se traîne dans une période de déprime, sa grand-mère, une vieille dame adorable et excentrique, lui conseille une visite à Londres pour y rencontrer sa cousine Alice.  Une décision qui chamboulera son existence trop calme…  Fasciné, il y découvre le Swinging London, retrouve un ancien camarade de classe, bien introduit dans le milieu musical, croise les Beatles, décroche un boulot de photographe, …


 
Aux côtés de Cornélius, tout au long de sa "construction", ce roman vivant et attachant comme son  héros nous entraîne dans le Londres endiablé des années 60.  Soirées, enthousiasme,  artistes célèbres, mode, …  se mêlent pour recréer une ambiance un peu folle, survoltée. La rencontre entre Cornélius et John Lennon aborde les thèmes de la filiation et de la recherche des origines, à travers une histoire d’amitié orageuse…    Un roman attirant et passionnant, suivi d’un dossier fourni sur les personnages et faits clés de l’époque présentée.







jeudi 14 mars 2013

La marche de Mina de Yoko Ogawa

 Le résumé de l'éditeur :

A onze ans, Tomoko s’apprête à passer une année seule chez son oncle et sa tante. Ces gens, qu’elle ne fréquentait pas jusqu’alors, vivent près de Kobe dans une très belle demeure. Leur fille Mina, une enfant de douze ans étonnamment mûre pour son âge, passe ses journées dans les livres, collectionne les boîtes d’allumettes illustrées et se promène à dos d’hippopotame quand sa santé fragile le lui permet.
Mais ce n’est pas la seule particularité de cette famille. Pour Tomoko, le plus étrange se situe peut-être au niveau de leurs origines car la grand-mère Rosa se souvient de son Allemagne natale et parle de cette Europe lointaine que Tomoko ne connaît pas.

 A travers la passion de Mina pour la littérature, les récits de Rosa, la retransmission à la télévision des Jeux Olympiques de Munich ; c’est une toute nouvelle ouverture sur le monde qui lentement s’offre à Tomoko et le début d’une longue amitié d’enfance au cœur des années soixante-dix, du Japon jusqu’à Francfort, où Mina deviendra plus tard agent littéraire.

Avis :


Dans La marche de Mina, Yoko Ogawa donne la parole à Tomoko, aujourd’hui adulte.  Elle nous livre ses souvenirs de l’année de ses onze ans  et nous raconte son séjour près de Kobe.   Après le décès de son père, sa mère avait entrepris des études et Tomoko avait été confiée à la famille de sa tante.  C’est à la fois une maison, une famille, un monde inconnu qu’elle découvre à l’époque.   

 A sa suite, le lecteur fait la connaissance de toute la maisonnée depuis Mina, sa jeune cousine à la santé défaillante, jusqu’aux employés de maison.  Sans oublier Pochiko, l’hippopotame-nain, adulé de tous.  L’auteur nous décrit ainsi une galerie de personnages attachants et tendrement croqués, dans leurs petites manies et particularités.

L’originalité de ce foyer vient principalement de Rosa, la grand-mère de Mina, venue d’Allemagne et qui a amené avec elle traditions et habitudes qui paraissent extraordinaires aux yeux de Tomoko.  C’est ainsi qu’elle découvre une habitation à l’architecture occidentale, des préparatifs inhabituels pour les fêtes de Noël, …  Elle suivra également de manière avertie les Jeux Oympiques de Munich et c’est, à travers les yeux de Grand-mère Rosa déjà douloureusement meurtrie par l’Holocauste, qu’elle assistera à la prise d’otages des athlètes israéliens menée par le commando Septembre Noir. 
 
Avec la candeur de l’enfance, elle nous offre un récit tendre et sensible, teinté de nostalgie.  Les souvenirs chéris, l’amitié solide, les amours naissantes, l’adolescence qui s’annonce… se mêlent et créent, sous la plume de Yoko Ogawa, une atmosphère douce et envoûtante. 











Challenge Ecrivains japonais : Lecture du mois de mars, Yoko Ogawa

mardi 12 mars 2013

Rideau ! de Ludovic Zekian

Lecture en partenariat dans le cadre de l'opération Masse Critique : un grand merci à Babelio et aux Editions Phébus.

La présentation de l'éditeur :

Enfant, je suis le fils du magasin vert…
Combien de fois cette fichue expression a résonné ! Elle émane de mes professeurs comme des parents de mes camarades de classe. Je souris et prends bien garde de maintenir mes lèvres closes, de n’en laisser échapper aucun son.
Ne pas répondre.
Surtout ne pas répondre.

Originaire de province, issu « de la race des fils de commerçants. De petits commerçants. », le narrateur est confronté à son passé lorsque la maison de la presse-librairie familiale dans laquelle il a grandi va fermer. Cet événement qui lui paraît tout d’abord dans l’ordre des choses le conduit à accompagner sa mère, prise au piège de bouleversements aussi brusques qu’inéluctables. Peut-il l’aider quand les commerces de proximité et les librairies sont chassés des centres-villes ? Qui remplacera les discussions avec les habitués du petit matin, les coups de cœur et les vitrines ? Le rideau métallique va tomber. Entre silences et non-dits, entre délicatesse et questionnement, Rideau !, hommage à la librairie traditionnelle et à tous ceux qui la défendent, témoigne de ces vies que l’on affirme minuscules et des liens sociaux quotidiens qui se tissent dans les rayons.

Avis :

Enfant de commerçant, Ludovic Zékian nous relate, dans ce texte intime et sensible, le parcours familial depuis un magasin de prêt-à-porter à Bourgoin-Jallieu jusqu’à la Maison de la Presse de la Tour du Pin où sa mère prendra sa retraite.  Face à l’annonce de la fermeture, il retrace le cheminement de sa mère, fille de forain, habituée, dès son plus jeune âge, sur les marchés, au métier de commerçant, et y liée corps et âme.

« Elle est le magasin.
Il lui ressemble trait pour trait.  Plus qu’une patte, qu’une marque qu’elle lui aurait imprimée, il est sa créature.  Il vit par elle, qui lui donne son souffle.

Qui vit pour et par lui. »

Attentive au moindre détail, l’œil sans cesse aux aguets, elle a engrangé idées et aménagements à reproduire dans son propre commerce, son khanout selon l’expression arménienne familiale.  Inlassablement, elle cherche à innover, à séduire le client, à mettre en valeur les produits proposés à la vente, ne reculant devant aucun effort.  Ainsi, cette folle devanture au moment des fêtes : deux façades décorées en branches de sapin !  Des efforts et de l’imagination qui n’empêcheront pourtant pas le rideau métallique de se baisser définitivement.

Fonctionnaire, établi à Paris, Ludovic Zékian rend hommage avec ce texte à sa mère, à sa ténacité et à son dévouement au commerce familial.  Il évoque, à travers elle, les petits commerçants et les magasins traditionnels qui soufrent de la crise et survivent péniblement à la conjoncture actuelle.  En présentant les petites joies et les côtés plus sombres de cette profession, indispensable au bien-être de notre tissu social, il nous invite à nous pencher sur la disparition de ces lieux de convivialité, fortement malmenés à l’époque des méga-centres commerciaux, impersonnels et uniformisés.

L’auteur conclut sur une note touchante, en imaginant les efforts qu’aurait déployés sa mère pour la sortie et la mise en avant de ce livre : séance de dédicace, commande extravagante, podiums, … Une jolie manière de refermer ce texte personnel, hautement réaliste et émouvant.   Tous mes remerciements à  Babelio et aux Editions Phébus pour cette belle découverte !

tous les livres sur Babelio.com

lundi 11 mars 2013

Mes Parents font des SMS d'Alexandre Hattab

La présentation de l'éditeur :

Après le succès de Vie de Merde, le site « Mes Parents font des SMS » est en train de devenir la nouvelle tendance du web ! Il rassemble un florilège des messages les plus insolites que les parents envoient à leurs enfants par textos. Quand les parents ne comprennent pas comment faire un SMS ou quand ils ne savent pas vraiment utiliser les expressions courantes, de drôles de conversations peuvent se produire et donnent lieu à des SMS maladroits, loufoques, fous, ou tout simplement hilarants !

Avis :
 
Inaugurée le 13 février par les éditions J’ai lu, la collection Humour vise faire rire, sourire, voire déclencher un fou rire chez les lecteurs. Grâce à la gentillesse de Silvana, j'ai pu en avoir un aperçu avec les trois livres déjà parus. Mes Parents font des SMS est le premier titre que j'ai choisi de vous présenter. Peut-être parce que dès son arrivée, mes ados se sont rués dessus et ont repris à leur compte certains des messages publiés, m’envoyant des textos moqueurs. Aucun respect !
 
Cet ouvrage bien sympathique reprend des exemples de messages échangés entre parents et enfants : technologie, autorité, vannes, ... Voici quelques-unes des thématiques abordées, chacune étant plus savoureuse que la précédente... 
 
Personne n’est épargné : parents et enfants sont, tour à tour, pointés du doigt et mis sous la lumière des projecteurs.  Difficile donc de se pas s’y retrouver ou de ne pas y reconnaître un proche, entre les parents dépassés par la technologie, les ados qui se trompent de destinataire, les recommandations en tout genre, les stratégies pour obtenir une réponse…
 
Pour résumer : un ouvrage à recommander à qui a envie de passer un moment de détente et d’oublier les soucis du quotidien.  Un grand merci aux éditions J’ai lu pour cette lecture "Eclats de rire garantis" en partenariat.
 
 

Il était une rivière de Bonnie Joe Campbell

Lecture en partenariat avec Livraddict et les éditions JC Lattès : un grand merci à tous deux pour cette lecture !

Le résumé de l'éditeur :

Murrayville, petite cité ouvrière du Michigan, située au bord de la rivière Stark. Margo Crane, seize ans, y a vécu toute son enfance au côté de son grand-père, qui lui a appris à tirer comme personne et à pêcher dans les eaux poissonneuses de la rivière. Lorsque son grand-père meurt, que sa mère l’abandonne, les adultes vont très vite trahir la confiance que la jeune fille, solitaire et fragile, leur avait accordée.
Seule au monde, Margo s’embarque dans le bateau de son grand-père et, munie de sa carabine, de quelques provisions et de la biographie de son héroïne, Annie Oakley, « la petite femme au tir sûr », elle part à la recherche de sa mère. Mais le paradis de son enfance est devenu un lieu dangereux et inhospitalier pour une jeune fille qui doit survivre par elle-même.
Au cours de cette odyssée à travers le Michigan rural, où le contact avec la nature est parfois violent, Margo va devoir transcender de nouvelles épreuves et décider du prix à payer pour accomplir ses choix et trouver la paix intérieure.

Avis :

Pour Margo, seize ans, la Stark est tout : l’enfance, les leçons de son grand-père, les jeux avec ses cousins, l’endroit où elle retrouvait sa mère, … Aujourd'hui, sa mère est partie en laissant mari et enfant et son grand-père est mort. La rivière reste son équilibre, son repère. Seule, au milieu des adultes, la jeune fille est une proie facile et la fuite est sa seule solution.

 Une fois de plus, c’est la Stark qui la guide, vers sa mère… Munie d’un fusil, de la barque léguée par son grand-père, Margo garde en tête les exploits d’Annie Oakley, son modèle depuis toujours, et se lance, espérant trouver sa place auprès de celle qui l'a abandonnée. Une quête qui l’amènera à faire de bonnes et de mauvaises rencontres et à choisir un sens à sa vie.

Il était une rivière célèbre la communion entre Margo et la nature.  Dans un monde hostile, la jeune fille préfère tout quitter et tenter de survivre dans les bois, s’appuyant sur ce que lui a appris son grand-père : chasse, pêche, préparation du gibier, …  Une tâche rude et difficile mais rien n’est impossible pour cette jeune femme pleine de courage et de persévérance.

 D’un bout à l’autre du récit, la rivière est présente, Margo ne se résout pas à la quitter, elle y puise sa force, y retrouve ses racines.  Outre le portrait d’un caractère entier, ce roman présente une nature riche, tantôt secourable, tantôt hostile mais qui fait corps, à tout moment, avec la jeune femme tenace qui a choisi d’y réaliser sa destinée.  Un grand merci à Livraddict et aux éditions JC Lattès  pour cette découverte !




Logo Livraddict

vendredi 8 mars 2013

L'Attentat de Yasmina Khadra

Lecture commune avec Mo' et Cristie

Le résumé de l'éditeur :

Dans un restaurant de Tel Aviv, une jeune femme se fait exploser au milieu de dizaines de clients. À l'hôpital, le docteur Amine, chirurgien israélien d'origine arabe, opère à la chaîne les survivants de l'attentat. Dans la nuit qui suit le carnage, on le rappelle d'urgence pour examiner le corps déchiqueté de la kamikaze. Le sol se dérobe alors sous ses pieds: il s'agit de sa propre femme. Comment admettre l'impossible, comprendre l'inimaginable, découvrir qu'on a partagé, des années durant, la vie et l'intimité d'une personne dont on ignorait l'essentiel? Pour savoir, il faut entrer dans la haine, le sang et le combat désespéré du peuple palestinien...

Avis :


D’origine arabe mais naturalisé, le docteur Amine Jaafari est bien intégré à Tel Aviv.  Une femme aimante, un travail passionnant, une maison dans les beaux quartiers, …  tout semble sourire à ce fils de bédouin qui s’est construit une vie paisible et sereine. 

Tout d’abord choqué par le nouvel attentat qui vient de frapper un restaurant de la ville, il le vit comme un nouveau défi à relever et montre une incompréhension mêlée de pitié face aux blessés en triste état qui ne cessent d’arriver à l’hôpital.  Sans aucun signe annonciateur, son univers bascule brutalement : à sa plus grande surprise, les forces de l’ordre lui annoncent que son épouse Sihem serait la kamikaze responsable de cette tragédie. 

Partagé entre hébétude et incrédulité, Amine entame alors un long périple pour tenter de faire la lumière sur les motivations de son épouse et de son geste meurtrier.  Dans un pays déchiré, s’impose, pour Amine, âpre et obstiné, un retour douloureux vers ses racines et sa terre natale.
Sous la plume de Yasmina Khadra, les émotions surgissent, fortes, implacables.  Ses descriptions nous permettent d'appréhender paysages et ambiances, dans toute leur splendeur ou leur désespoir.  Envoutés, nous suivons Amine, à la recherche de réponses. Son calvaire est aussi le nôtre : la découverte du visage caché de Sihem, sa révolte et son renoncement nous atteignent également. 

Un ouvrage criant de vérité et qui rend palpables des années de conflit.  Il frappe par son côté réel, dur et inévitable.  A travers les errances d’Amine, le lecteur découvre une histoire faite d'humiliation, d’affrontements, de    méfiance, …  Une escalade qui semble sans fin, tant chacun y est impliqué et prêt à prendre les armes.

En quelques mots : le portrait d’un homme dévasté, en quête de sens à sa vie…  Un texte que j’ai pris beaucoup de plaisir à relire, en compagnie de Mo’ et de Christie.  Pour découvrir leur appréciation du roman:
Le billet de Mo'
Le billet de Cristie

 
Résultat du concours L'attentat :
 
En marge de cette LC, nous organisions un petit concours avec, à la clé, un exemplaire du texte qui nous a tant plu.  Voici la liste des participants : 
  1. Ink
  2. Marinette
  3. Landry Anaïs
  4. Moka
  5. Elodie
  6. Tomisika
  7. Dakota
  8. Isaure
  9. Wolfsrain
  10. Verototo
  11. Jérôme69
  12. Stef Elane
Et le verdict de Random :
 
Bravo, Moka !  Peux-tu me communiquer ton adresse par mail ?
 

lundi 4 mars 2013

Les Chroniques de Wildwood, tome 1 de Colin Meloy

La présentation de l'éditeur :

Il était une fois un pays interdit où les animaux avaient décidé d'imposer leur loi… Prue a toujours été une jeune fille obéissante. Et lorsque son père lui demande de ne jamais s'aventurer dans les Territoires Infranchissables, elle l'écoute sagement. Jusqu'au jour où son frère est kidnappé dans son berceau par des corbeaux qui l'emmènent au-delà de la frontière défendue. Avec son ami Curtis, elle décide de braver l'interdit et de partir à son secours. La mission se transforme rapidement en une lutte pour la libération de cette contrée enchantée qu'on appelle Wildwood.

Avis :

Grande soeur attentive et aimante, Prue prend bien soin de son petit frère Mac.  Pourtant, lors d'une visite au parc, elle ne peut empêcher une bande de corneilles d'enlever le bébé et voit les oiseaux l'emmener vers les Territoires infranchissables, une zone où personne n'ose s'aventurer. 

Soucieuse de retrouver Mac, la petite fille n'hésite pas à passer outre la sinistre réputation des lieux et à s'engager dans les bois.  Dans cette quête, elle reçoit l'aide inattendue de Curtis, un camarade de classe trop curieux.  Ensemble, ils traversent la forêt et découvrent une armée de coyotes à l'allure étrangement humaine.  Forcés à se cacher pour échapper aux coyotes, les deux amis sont séparés : Curtis capturé et Prue secourue par Richard, un agent des postes.

Chacun de leur côté, tout en tentant de retrouver Mac, les deux enfants vont découvrir l'histoire et les habitants de cette mystérieuse contrée. 

Attirée par la couverture de ce roman, je n'ai pas résisté longtemps à le lire.  L'ouvrage est superbe, abondamment et joliment illustré.  Le papier est épais, découpé de manière irrégulière.  L'ensemble est dû au travail commun de Colin Meloy, pour le texte et de Carson Ellis, son épouse, pour les dessins.  Une belle résussite !

Avec les aventures de Prue et de Curtis, j'ai pris plaisir à pénétrer dans cet univers fantastique où les animaux sont aux prises aux mêmes tracas que les humains.  Recherche désespérée du pouvoir, cupidité, mésentente, rebéllion ...  Tels sonts les problèmes auxquels Prue et Curtis devront remédier pour libérer Mac et rentrer à la maison.  Une mission qui les obligera à fédérer les peuples de Wildwood et à prôner la solidarité.

Si j'ai "tiqué" sur la réaction des parents face à la disparition de leur fils, le reste du récit m'a beaucoup plu et je pense qu'il plaira aux jeunes lecteurs.  Quant à moi, j'aspire à découvrir la suite des aventures des enfants à Wildwood et d'en suivre la "reconstruction".










Un petit rappel : concours et lecture commune de L'attentat en compagnie de Mo' et de Cristie