"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

mercredi 28 mars 2012

Le tertre des âmes de Ludovic Rosmorduc



La note de l'éditeur :

La licorne, animal emblématique de Sétiladom, vient d'être assassinée, et le coupable semble tout désigné : Héribold, le chef de garde. Mais les apparences sont parfois trompeuses et seul le banni d'hier pourra devenir le sauveur de demain. Héribold aura tôt fait de réunir un étrange alchimiste, un arbalétrier redoutable et un imposant guerrier pour une quête incertaine et aveugle : traverser mers et banquises afin de ramener une nouvelle licorne à Sétiladom. Faute de quoi, les Enfers se déchaîneront.

Avis :

Ayant fortement apprécié « L’héritière du temps » et « Trahisons et faux semblants » de Ludovic Rosmorduc, je me suis donc, logiquement et anarchiquement, tournée vers « Le tertre des âmes », le premier roman de l’auteur.

Sétiladom est en effervescence : la licorne, l’animal protecteur de la ville, a été assassinée et les soupçons se portent sur Héribold le chef de la garde. Lors de son procès, il peut compter sur l’aide d’Ambroise de Liemmos, son mentor et est disculpé des charges pesant contre lui. Le vieil érudit semble avoir réfléchi longuement à la situation et, pour protéger la ville des dangers qui la menacent, il charge une expédition de trouver une nouvelle licorne. Entouré de compagnons sûrs, Héribold se met donc sur la piste de l’animal mythique.

Avec ce premier roman, l’auteur met en place l’univers fantastique, moyenâgeux de Sétiladom et nous présente ses personnages. Certains, comme Héribold, Yorel ou Dungal, s’embarquent pour un voyage périlleux à la recherche d’une licorne. D’autres comme Ambroise ou Sixéla demeurent à Sétiladom.

Ainsi, Sixéla est une enfant délurée, elle n’a pas froid aux yeux et aimerait prouver qu’elle vaut autant qu’un garçon, surtout à Héribold, son père… Ambroise de Liemmos est un savant, curieux de tout, il n’aura de cesse que d’assurer la survie de sa ville et de ses amis.

L’auteur alterne avec bonheur le récit du périple des aventuriers et le quotidien de ceux restés à Sétiladom où la vie s’organise pour faire face à un siège. Des deux côtés, le danger rôde et les héros auront fort à faire pour sauver Sétiladom et ses habitants. Le suspense est palpable, pesant ; il garde le lecteur en haleine, d’un bout à l’autre duroman, dans une aventure passionnante !

vendredi 23 mars 2012

Théodore Boone : l'enlèvement de John Grisham



Présentation de l'éditeur :

La jeune April a disparu.
Une mère un peu instable,
Une police impuissante,
Un détenu en cavale, aperçu la veille du drame près de la maison de l adolescente...

Theo, 13 ans, qui la connaît mieux que personne n a aucune idée de ce qui a pu lui arriver. Mais devant l impuissance des adultes, il se lance dans une enquête éperdue pour tenter de sauver April avant qu il ne soit trop tard...

Avis :


Théodore Boone est fils d’avocat et passionné par le droit. A treize ans, il sait déjà quelle sera sa voie : il suivra les traces de ses parents et deviendra juge ou avocat. En attendant, il assiste à des procès, prête assistance à des camarades qui sont inquiétés par la justice, passe son temps libre au trobunal…

Lorsque son amie April est enlevée, Theo se fait beaucoup de souci et décide de mener sa petite enquête plutôt que de rester inactif.

L’enlèvement est apparemment le deuxième volet de la série que John Grisham consacre à Theodore Boone, un héros adolescent, passionné par la justice. N’ayant pas lu le premier volume, j’ai pu suivre sans aucun mal cette histoire. De style simple, facile à lire, L’enlèvement est un roman qui se lit vite mais qui ne m’a pas fait forte impression. Construit autour d’un mystère, en l’occurrence la disparition de la jeune April, ce récit m’a semblé plutôt simpliste : l’intrigue m’a parue au final bien mince et je suis restée un peu sur ma faim. Même en sachant que cette série est destinée à un jeune public…

J’ai également rencontré quelques difficultés avec la famille de Theo : les dialogues me paraissaient artificiels et leur langage peu naturel. Je formulerais la même remarque à propos de leur mode de vie, les repas par exemple. J’ai donc trouvé que les personnages étaient peu crédibles : ainsi la passion de Theo ne m’a pas réellement convaincue et je me rends compte que je suis passée à côté de l’histoire.

J’ai hâte de découvrir l’avis de ma fille, à qui ce livre était préalablement destiné mais je pense qu’il s’agit d’une série que je ne suivrai pas…

jeudi 22 mars 2012

Sur la ligne noire de Joe R. Lansdale



Le résumé de l'éditeur :

Profitant des vacances, Stanley, treize ans, se balade dans les bois écrasés de chaleur situés derrière le cinéma en plein air que son père vient d'acheter. Les temps sont durs dans ce trou paumé du Texas. Les non-dits et les histoires anciennes pèsent sur la communauté comme des maléfices. Stanley, en déterrant dans une ruine calcinée une boîte en fer contenant de vieilles lettres d'amour, réveille un drame qui enflamme son imaginaire. Deux jeunes filles seraient, une décennie plus tôt, mortes dans la même nuit sans qu'on retrouve la tête de la seconde. Plus Stanley pose de questions, plus ce qu'il comprend le fascine. Le père de son meilleur ami n'est-il pas le premier à se taire? Un vieux projectionniste du drive-in, ancien policier des réserves indiennes, cache lui aussi bien des choses…

Avis :

Fraîchement débarqué à Dewmont avec sa famille qui a racheté le cinéma en plein air de la ville, Stanley, treize ans, profite de ses vacances pour explorer les alentours et se familiariser avec sa nouvelle vie. Dans les bois, il découvre une maison en ruines et trouve de vieilles lettres d’amour. Il n’en faut pas plus pour éveiller son imagination et se plonger dans le mystère. Surtout que deux jeunes filles seraient mortes au cours de la même nuit des années auparavant…

Stanley est un garçon attachant et naïf qui sait peu de choses de la vie dans les années cinquante. Il grandit au cœur d’une famille plutôt tolérante en cette période de ségrégation. Cet été sera pour lui l’occasion de nombreuses découvertes : la maltraitance, les conditions de vie des noirs, les barrières entre classes sociales, le pouvoir de l’argent, l’adolescence …

Cette période marquera également son passage vers un monde plus adulte car ces découvertes vont l’aider à grandir et à s’affirmer. Préoccupé par les lettres qu’il a trouvées, Stanley mène l’enquête avec l’aide du vieux projectionniste noir du cinéma. Parallèlement à ces investigations, il aborde son quotidien, sa vie en famille, les conditions de vie de l’époque. Le récit revêt ainsi un caractère réaliste et nous évoque les années cinquante.

En choisissant de faire de Stanley son narrateur, l’auteur donne à son roman un charme particulier et confère à son thriller une touche plus humaine, toute en finesse. Ses autres personnages éveillent également l’intérêt du lecteur : très travaillés, chacun est décrit dans ses bons et ses mauvais côtés, ses peurs et ses espoirs. Des héros tels que Buster, le projectionniste, les membres de la famille de Stanley, Rosy, la cuisinière … sont remarquablement esquissés par leur côté authentique et réaliste.

Le temps, marquant chacun de son empreinte, viendra mettre une touche finale au roman et à ses mystères... Au final : un polar attachant et sensible, une belle lecture que je dois à Manu, un grand merci !

mercredi 21 mars 2012

Un gille... C'est quoi un gille ?


































A la demande de ma copine Syl à qui j'avais annoncé un week-end chargé pour cause de Carnaval, voici quelques explications sur le gille, personnage emblématique de ces journées de festivité.


J'habite une petite ville qui ne fête pas le Carnaval lors du Mardi gras mais célèbre plutôt la Laetare à la mi-carême. Ce week-end était donc festif et dès le vendredi un air de fête règnait en ville. Aujourd'hui mercredi, la fête est finie mais pas tout à fait oubliée : on peut encore voir oranges et confetti "décorer" les rues.

Ces fêtes ont comme objectif de chasser l'hiver au son des tambours et les participants martellent le sol en musique pour faire place au printemps. Cette année, c'est assurément mission accomplie !

Le gille est un personnage folklorique vêtu d'un costume de toile, orné de motifs qui rappellent, par leurs couleurs et leurs motifs, le drapeau de la Belgique. La blouse porte un grelot, elle est remplie de paille et forme ainsi des bosses. Une collerette blanche couvre les épaules. A la taille, le gille porte l'apertintaille, une ceinture composée de clochettes.

Sur la tête, le gille porte un bonnet de coton blanc et un mouchoir de tête. Plus rarement, le gille porte un chapeau en plumes d'autruche. Au pied, des sabots décorés de rubans plissés comme la collerette.

Lors du cortège, le gille porte un panier d'osier contenant des oranges qu'il lance dans la foule. Vide, ce panier se porte renversé. En autres temps, le gille tient en main, un ramon, des baguettes de bois assemblées par des ligaments en rotin. C'est avec ce ramon ou son panier que le gille rythme la cadence.

Si le gille est ici le roi inconstesté du Carnaval, on trouve également dans un cortège d'autres costumes. Il arrive également que d'autres personnages soient le clou du Carnaval : ainsi les Blancs-Moussis de Stavelot, les Chinels à Fosses-la-Ville, ... Chez nous, on trouve une société de paysans. Le paysan porte un sarrau bleu sur un pantalon blanc et un chapeau blanc décoré de plumes et de rubans blancs. Un très joli costume !

Le jour de la Laetare débute par l'habillage du gille, on parle aussi de bourrage, un moment partagé en famille et entre amis. A l'aube, le gille, muni de son ramon, quitte la maison, accompagné d'un tamboureur. En musique, il procède au "ramassage" des autres gilles de sa société. Au complet, chaque société est accueillie par les autorités communales.

L'après-midi, le cortège démarre au son des tambours et autres instruments, les gilles offrent des oranges et si le temps le permet, certains portent le fameux chapeau en plumes d'autruche. La journée se clotûre par un rondeau constitué de l'ensemble des participants au cortège.

D'autres festivités sont prévues durant le week-end : bal d'enfants, feu d'artifice, ... N'ayant pas eu l'occasion de prendre des photos, je vous invite visiter le blog de Fontaine l'évêque qui reprend toutes les activités locales et notamment toutes les photos de la Laetare. Vous pourrez ainsi visualiser les costumes et les moments dont je vous ai parlé.

Si vous voulez en savoir plus sur le Carnaval, je vous conseille le site consacré au Carnaval de Binche, reconnu Patrimoine Oral et Immatériel de l’Humanité par l’UNESCO en 2003, un modèle en la matière.

Voilà, si comme nous, vous avez constaté une amélioration de la météo, vous saurez maintenant à qui vous la devez...

mardi 20 mars 2012

Le premier crâne de Nicolas Sker


Lecture en partenariat avec Book en Stock et les Editions Michel Lafon : un grand merci pour cette découverte.

La note de l'éditeur :

Directeur d’un laboratoire d’archéologie, Marcus Sambre aime les certitudes. Mais le jour où son ex-femme lui envoie un crâne retrouvé sur un chantier de fouilles en Angleterre, son univers bascule : la datation de l’ossement remet en cause toute l’histoire de l’humanité…

Aidé de la journaliste Evannah Poleska, Marcus se lance dans une quête obstinée pour percer un mystère où science, art et religion se côtoient dans un vertigineux engrenage.

Du Centre d’énergie atomique de Saclay au Golgotha à Jérusalem, talonné par des individus prêts à tuer, ce couple détonant devra repousser les limites de la raison pour affronter un secret qui pourrait se révéler bien plus redoutable que les hommes qui le traquent sans merci.

Avis :

Alors qu’il s’apprête à passer la soirée en charmante compagnie, le professeur Marcus Sambre est rappelé avec insistance par son assistant. Tous deux sont employés dans un laboratoire d’archéologie qui procède notamment à des datations et une analyse semble poser problème. S’agit-il d’un ennui technique dû au spectromètre chargé de l’analyse ou l’objet à dater, un crâne, est-il responsable de l'anomalie constatée?

Le crâne semble en cause : à en croire les analyses, il serait plus ancien que le monde lui-même… Une aberration pour un scientifique comme Marcus ! Pourtant, ce crâne semble receler de mystérieux secrets et dans l’ombre, des inconnus semblent bien décidés à se l’approprier, peu importe les dégâts… Embarqué bien involontairement dans l’aventure, Marcus n’a d’autre choix que de chercher à percer le mystère de cet étonnant crâne.

S’il est un terme qui s’applique à merveille à ce roman, c’est sans doute celui de vitesse. D’entrée de jeu, dès la lecture des premières pages, je me suis sentie happée par cette histoire qui se déroule à toute vitesse et que j’avais envie de découvrir à tout prix. Sous la plume de Nicolas Sker, les chapitres sont courts, les personnages s’enchaînent, le style est vif. L’action suit ce rythme et file à toute allure.

A propos de ce crâne, là aussi, les rebondissements se suivent et ne se ressemblent pas. Les théories les plus folles sont échafaudées et le lecteur saute un peu du coq à l’âne. Embarquée pour ce que je pensais être un thriller historique, je me suis retrouvée plongée en pleine science-fiction… Mais pourquoi pas ? Dans l'action, en plein suspense, j'y ai cru volontiers et me suis empressée de tourner la page ! De solides recherches ont d'ailleurs dû accompagner les premiers pas de ce roman et en étayer les bases.

Prise par le récit, ce n’est qu’après coup, en ayant posé mon livre, que je me suis dit que certaines découvertes étaient un peu trop faciles, certains périls trop vite écartés. Les héros semblent aux prises avec les pires difficultés, les plus grands dangers et finalement s’en sortent « les mains dans les poches ». Pourtant, grâce à la vivacité de l’écriture et à l’art de l’auteur qui s’y entend pour gérer le suspense, ces incohérences sont passées à la trappe et ma lecture m’a beaucoup plu.

En conclusion, une belle maîtrise du sujet et du style vif de l’auteur pour une lecture plutôt agréable que j’ai menée en compagnie de Phooka et Heclea, sous la surveillance de Dup.



Lecture commune avec

samedi 17 mars 2012

L'oiseau de mauvais augure de Camilla Läckberg

Résumé de l'éditeur :

L’inspecteur Patrik Hedström est sur les dents. Il voudrait participer davantage aux préparatifs de son mariage avec Erica Falck, mais il n’a pas une minute à lui. La ville de Tanumshede s’apprête en effet à accueillir une émission de téléréalité et ses participants avides de célébrité, aussi tout le commissariat est mobilisé pour éviter les débordements de ces jeunes incontrôlables. Hanna Kruse, la nouvelle recrue, ne sera pas de trop. D’autant qu’une femme vient d’être retrouvée morte au volant de sa voiture, avec une alcoolémie hors du commun. La scène du carnage rappelle à Patrik un accident similaire intervenu des années auparavant. Tragique redite d’un fait divers banal ou macabre mise en scène ? Un sombre pressentiment s’empare de l’inspecteur. Très vite, alors que tout le pays a les yeux braqués sur la petite ville, la situation s’emballe. L’émission de téléréalité dérape. Les cadavres se multiplient. Un sinistre schéma émerge…

Avis :

Quatrième volet des aventures d’Erika Falck, L’oiseau de mauvais augure met cette fois encore le lecteur face au crime. A première vue, pourtant, l’affaire qui réclame Patrik Hedström ressemble à un banal accident de la circulation. Néanmoins, le sixième sens du policier est alerté et il voudrait s’y consacrer davantage. Pendant ce temps, Tanum sert de décor à une émission de téléréalité et accueille les candidats, de quoi mettre un peu d’animation en ville. Erika, elle, reste en dehors de ces préoccupations, elle a déjà fort à faire avec sa petite famille, bien difficile à gérer avec sa sœur Anna repliée sur elle-même, d’autant plus que la date de son mariage approche à grands pas.

Camilla Lackberg nous livre ici un roman policier au suspense implacable. Au cœur de la petite ville de Tanum, les suspects sont nombreux et les mobiles tout autant. Parmi les candidats de l’émission de téléréalité, peu éveillent la sympathie et feraient des coupables parfaits. La logique et des recherches fouillées vont amener Patrik et ses collègues vers la vérité. Parallèlement à cette intrigue, l’auteur nous décrit les soucis d’Erika, en pleins préparatifs de mariage. Cette période semble raviver des souvenirs familiaux pénibles, apparemment l’amorce d’une prochaine histoire que je suivrai avec joie !

vendredi 16 mars 2012

Un crocodile sur un banc de sable d'Elizabeth Peters


La présentation de l'éditeur :

"Sur la pente en contrebas se tenait la Chose sans Nom, immobile et livide à la clarté des étoiles. La pleine lune projetait sur elle une lumière sans ombre. Il n'y avait pas à s'y tromper : c'était bien elle. Je discernai presque le motif des bandelettes qui enserraient sa poitrine. Sa tête, informe, était enveloppée d'une sorte de linceul. La vue seule de ce monstre au repos avait de quoi faire frissonner mais lorsqu'il se retourna sans hâte, inexorablement, j'eus le plus grand mal à dompter ma terreur. C'était comme une créature marine sans regard et sans yeux, surgie du fond de l'abîme et qui cherchait sa proie."



L'indomptable Amelia Peabody, qui fait ici ses premiers pas sur la Terre des Dieux, se laissera-t-elle abuser par les facéties d'une momie somnambule ? Saura-t-elle soustraire sa protégée aux entreprises d'un chasseur de dot cynique et langoureux ? Parviendra-t-elle à déjouer les roueries des indigènes ou à surmonter les mirages des sables et à dissiper les mystères qui jalonnent sa route, en digne émule de Sherlock Holmes et d'Indiana Jones ?


Avis :

Relatant la « naissance » d’Amelia Peabody, « Un crocodile sur un banc de sable » retrace les débuts de ce personnage intraitable et sa découverte de l’Egypte. Ayant fait un confortable héritage, Amelia décide de parcourir le monde et commence son périple par un voyage en Italie. De là, elle pourra embarquer pour l’Egypte. Dans les rues de la capitale italienne, l’impétueuse Amelia porte secours à une jeune Anglaise qu’elle a tôt fait d’embaucher comme demoiselle de compagnie.

Toutes deux partent donc pour Alexandrie et choisissent de visiter le pays en suivant le cours du Nil à bord d’une dahabieh. Faisant route vers le Sud, les deux voyageuses s’arrêtent, entre autres, à Tell El-Amarna, la cité du roi hérétique Akhenaton et y retrouvent des archéologues rencontrés à Alexandrie, Walter et Radcliffe Emerson. L’arrivée des deux jeunes femmes est la bienvenue car Radcliffe est souffrant et Amelia semble pouvoir l’aider. Elle est, en effet, dotée de dons pour la médecine, dispose d’une pharmacie bien fournie ainsi que d’un matériel médical impressionnant et rêve de pratiquer une amputation…

Ce premier tome nous permet donc de découvrir le personnage d’Amelia Peabody, une héroïne haute en couleurs, dotée d’un tempérament volcanique et ne craignant rien, ni personne… Pour cette tout nouvelle héritière, pas question de profiter de sa fortune, dans la campagne anglaise, en brodant sagement ou en se mariant ! Il lui faut voir du pays et vivre dans l’animation. Si c’était possible, elle porterait des pantalons, chose impensable en cette fin de dix-neuvième siècle.

J’ai pris grand plaisir à faire la connaissance de cette héroïne au caractère bien trempé et à suivre, notamment, ses joutes verbales avec Radcliffe Emerson. Entre eux, les occasions de s’empoigner semblent nombreuses et donnent lieu à de savoureuses scènes. Parallèlement à ces vicissitudes liées au tempérament d’Amelia, la vie quotidienne sur un chantier de fouilles, à laquelle vient se greffer un mystère, font de ce roman une intrigue captivante que j’ai pris plaisir à suivre. Une série bien plaisante dont d’autres volumes m’attendent sagement dans ma PAL.

jeudi 15 mars 2012

Bifteck de Martin Provost



Résumé de l'éditeur :

Chez Plomeur, à Quimper, on est boucher de père en fils. Dès sa puberté, en pleine guerre de 14, André, fils unique de Loïc et Fernande, développe un don très particulier, celui de faire « chanter la chair » – et pas n’importe laquelle : celle des femmes qui viennent faire la queue à la boucherie Plomeur, dans l’espoir de goûter au plaisir suprême. André assume gaiement et avec talent le devoir conjugal des absents partis au front. Mais l’armistice survient et les maris reviennent. Un matin, André trouve devant la boucherie un panier en osier avec à l’intérieur un bébé. Puis un deuxième, un troisième, un quatrième... sont déposés devant sa porte. Du jour au lendemain, voilà André père de sept enfants et poursuivi par un mari jaloux décidé à lui nuire ! Afin de protéger la chair de sa chair pour qui il se découvre un amour infini, il décide de prendre la mer et de rallier les lointaines Amériques. En chemin, la remuante tribu échoue sur une île déserte…

Avis :


Dans la famille Plomeur, on est boucher de père en fils. Et le jeune André ne faillit pas à la tradition : il apprend à lire, écrire et compter au milieu de la boutique familiale, en situation réelle. Ainsi, son alphabet ressemble à ceci : A comme abats, B comme bifteck, C comme côtelette, … Très tôt, le jeune homme découvre, en charmante compagnie, son don pour l’amour : sorti de son comptoir, le jeune boucher sait également faire chanter la chair. Un atout de taille à une époque où les hommes sont mobilisés au front. Devant la boucherie, on fait file pour les charmes d’André…

Avec l’armistice, vient la démobilisation et les hommes regagnent leur foyer. C’est alors que sont déposés sur le seuil de la boucherie Plomeur les fruits des amours d’André et de ses conquêtes. Au total, pas moins de sept couffins et leur occupant rejoignent la famille Plomeur, au grand désespoir des parents. André, lui, se découvre la fibre paternelle et est prêt à assumer ses ébats. Pourtant, un mari jaloux risque de mettre en péril ce foyer tout neuf…

Ce petit roman a des airs de conte et sous des dehors bien sympathiques, il nous narre les aventures d’André qui, bien décidé à mettre à l’abri sa nombreuse famille, embarque pour l’Amérique en compagnie de ses sept enfants. Le récit est plaisant, savoureux et il prend, vers la fin, des couleurs fantastiques. Les enfants grandissent à vue d’œil, ils développent des dons inattendus, le paysage est mystérieux, … L’auteur mêle l’humour à cette fable et charme son lecteur, en mettant en évidence la paternité et l’amour des siens. Une savoureuse découverte !

mercredi 14 mars 2012

Le livre des étoiles : Le Visage de d'Ombre (tome 3) d'Erik L'Homme


Lecture commune en trois volets avec Syl

Résumé de l'éditeur :

La nouvelle a retenti comme un coup de tonnerre au pays d'Ys : Guillemot a été enlevé par l'Ombre, l'adversaire le plus redoutable qu'il ait jamais eu à affronter! En le retenant prisonnier, l'Ombre veut accéder aux ultimes sortilèges du "Livre des Étoiles". Malgré ses pouvoirs exceptionnels, Guillemot résistera-t-il à cette puissance maléfique qui s'apprête à dominer les Trois Mondes? Une lutte sans merci s'engage...



Avis :

Ce troisième et dernier tome nous ramène dans le monde incertain, en compagnie de nos héros. Guillemot a été capturé par l’Ombre qui cherche à en faire son allié par tous les moyens. Heureusement pour lui, le jeune magicien dispose de nombreuses ressources et l’Ombre n’est pas au bout de ses surprises. Pendant ce temps, un détachement de chevaliers auxquels se sont joints quelques magiciens de confiance cherche à libérer le jeune homme. Ces guerriers vont recevoir une aide inattendue des amis de Guillemot, prêts à mettre toutes les chances de leur côté pour libérer leur ami et sauver ainsi leur monde des maléfices de l’Ombre.

Voici donc la fin de cette trilogie centrée sur la magie et l’étrange cohabitation entre les trois univers si différents que sont le pays d’Ys, le monde certain et le monde incertain. Le temps des combats est venu et chacun des héros pourra faire montre de sa grandeur d’âme et de son courage. L’auteur nous réserve même quelques surprises…

Erik L’Homme clôt ainsi une série où les valeurs comme l’amitié, la fidélité, le sacrifice prennent toute leur importance. Les questions en suspens trouvent une réponse, les mystères se dissipent et l’heure des (re)trouvailles sonne. J’ai pris grand plaisir à découvrir cette série à l’univers si particulier, où sorciers et chevaliers se mêlent au quotidien dans un monde moderne. A nouveau donc une belle LC en compagnie de Syl dont vous pourrez lire l'avis par ici !

mardi 13 mars 2012

Sherlock Holmes : De Baker Street au grand écran de Natacha Levet


Lecture en partenariat dans le cadre de l'opération Masse Critique : un grand merci à Babelio et aux Editions Autrement.


Présentation de l'éditeur :

'Elémentaire, mon cher Watson ...' : que celui qui n'a jamais prononcé cette phrase lève le doigt! L'enquêteur britannique, armé de sa cape, de son violon et de sa dose de cocaïne, est sans doute le détective le plus connu au monde, plus célèbre même que son créateur, Arthur Conan Doyle.

Depuis sa naissance à la fin du XIXe siècle jusqu'aux relectures les plus récentes, Sherlock Holmes n'a cessé d'être réinterprété. Héros inattendu d'un film de Billy Wilder, il affronte Jack l'Eventreur sous la plume des romanciers, se téléporte au XXIe siècle dans la série Sherlock 2.0 et devient un personnage de film d'action devant la caméra de Guy Ritchie. Pas de doute possible : Sherlock Holmes est bel et bien vivant !

Avis :

Consacré à l’un des détectives mythiques de la littérature, « Sherlock Holmes : De Baker Street au grand écran » de Natacha Levet est plus un essai qu’un ouvrage destiné au grand public. Rédigé dans un langage simple et agrémenté de nombreux exemples, ce livre aborde la genèse du célèbre personnage créé par Arthur Conan Doyle, ses attributs, ses influences, sa logique implacable et ses reprises sous diverses formes en littérature. Le volet consacré à ses apparitions théâtrales, télévisées et cinématographiques est traité seulement en fin d’ouvrage, un peu à contre-courant du titre.

Les anecdotes sont nombreuses, en voici un exemple. Dans sa partie intitulée « Sherlock Holmes existe, je l’ai rencontré ! », l’auteur met en avant la force qu’a acquise le personnage au point de devenir pour certains une personne réelle. Ainsi, un important courrier adressé, de tous temps, au 221B Baker Street, une adresse pourtant purement imaginaire. Certains correspondants allant jusqu’à solliciter l’aide du limier à propos de sujets comme le Watergate ou l’enlèvement de Patty Hearst…

L’auteur aborde également une filiation entre Sherlock Holmes et le docteur House. Je préfère vous garder en réserve les multiples preuves qu’avance Natacha Levet et je n’évoquerai que le parallèle établi entre les méthodes d’analyse du détective et du praticien.

Soigneusement documenté, étayé de nombreuses références, dûment référencées, ce livre ne manque pas de qualités mais revêt, par là-même, un caractère sérieux et scientifique qui pourrait rebuter Monsieur-tout-le-monde dans sa lecture. La couverture et la quatrième de couverture, assez accrocheuses, étant elles destinées au commun des mortels. Cet ouvrage s’adresse plutôt, à mon avis, aux spécialistes d’Arthur Conan Doyle, désireux d’approfondir la naissance de Sherlock Holmes et ses prolongements sous diverses formes. Un grand merci à Babelio et aux Editions Autrement pour cette lecture intéressante !



jeudi 8 mars 2012

La Pyramide rouge de Rick Riordan



La note de l'éditeur :

À l'instant où leur père, un brillant égyptologue, disparaît en faisant sauter la pierre de Rosette au Bristish Museum, Carter et Sadie Kane sont précipités dans un autre monde. Là où les malédictions antiques n'ont rien d'une légende. Là où les divinités égyptiennes sont bien vivantes... et résolues à dominer le monde à nouveau. Pour empêcher une apocalypse et surtout sauver leur père, Sadie et Carter, descendants de magiciens, doivent apprendre à utiliser leurs propres pouvoirs. Les Kane s'embarquent alors dans une quête haletante, qui va les mener du Caire à Paris en passant par le désert de l'Arizona, où s'élève la terrifiante pyramide rouge érigée par Seth, le dieu du Chaos...

Avis :

Présenté sous la forme d’un enregistrement audio, la pyramide rouge met en scène Sadie et Carter Kane. Tour à tour, les deux enfants prennent la parole pour relater leurs aventures, en compagnie de divinités égyptiennes. Elevés loin l’un de l’autre, Sadie et Carter se connaissent peu et ont des personnalités diamétralement opposées : tout semble les séparer, apparence, caractère, vie quotidienne, … Il leur faudra pourtant compter l’un sur l’autre et œuvrer de concert pour survivre au cataclysme que leur père a déclenché en pulvérisant la Pierre de Rosette au beau milieu de British Museum. De découvertes en surprises, Sadie et Carter s’apprêtent à vivre les aventures les plus inattendues…

En compagnie des enfants Kane, Rick Riordan invite le lecteur à revisiter le panthéon de la mythologie égyptienne. Il nous présente deux jeunes héros pleins de ressources et les met en scène dans une aventure captivante et pleine de rebondissements et d’humour. Cette narration à deux voix donne de la vivacité et de la fraîcheur au récit. Face aux divinités égyptiennes et à leur transposition dans le monde actuel, les deux adolescents ont fort à faire pour assurer la survie de leur famille. Quelques alliés d'un genre bien particulier ne seront pas de trop pour les épauler !

Voici une série jeunesse bien réussie : le style est vif, l’intrigue ne s’essouffle pas un instant, les héros attirent la sympathie, ... Autant d’ingrédients qui, couplés au contexte de la mythologie égyptienne et à son prolongement inattendu dans notre monde moderne en font une histoire originale et une série à suivre et à ne pas réserver aux plus jeunes !

mercredi 7 mars 2012

Le livre des étoiles : Le seigneur Sha (tome 2) d'Erik L'Homme


Lecture commune en trois volets avec Syl


Résumé de l'éditeur :

Après son extraordinaire voyage dans le Monde Incertain, Guillemot poursuit son apprentissage de la magie à Gifdu. La Guilde des Sorciers a décidé d'envoyer une expédition, avec Qadehar à sa tête, pour mettre un terme aux menaces de l'Ombre, créature démoniaque. L'attaque échoue. Maître Qadehar, accusé d'être responsable de l'échec, doit s'enfuir. Un mystérieux personnage, le Seigneur Sha, réussit à s'introduire dans le monastère de Gifdu. Et Guillemot, accompagné de ses fidèles amis et de Bertram, un jeune Sorcier, est pris au piège des redoutables Korrigans. Y aurait-il un traître dans la Guilde? Retrouvera-t-on un jour «Le Livre des Étoiles» qui offrira la paix au Pays d'Ys? Qui se cache derrière le Seigneur Sha? Guillemot aura besoin de tous ses talents d'Apprenti Sorcier dans ces nouvelles épreuves…


Avis :

Retour au quotidien après leur opération de sauvetage dans le monde incertain pour Guillemot et ses amis… Si le jeune sorcier poursuit son apprentissage avec Maître Qadehar, les choses ont un peu changé pour Romaric et Gontrand. Tous deux voient leur rêve se réaliser : l’un intégrant le Castel de Bromotul, l’école forteresse de la Confrérie, l’autre étant admis au Conservatoire. Les jumelles, Ambre et Coralie, reprennent simplement le chemin de l’école, rien d’extraordinaire à signaler si ce n’est quelques malaises soudains pour Ambre.

Les fêtes de la Samain approchent et les enfants aspirent à être réunis pour célébrer ensemble le changement de saison. Pendant ce temps, à Gifdu, la Guilde des Sorciers échafaude un plan pour empêcher l’Ombre de nuire mais tout ne se passe pas vraiment comme prévu et la vie de Guillemot pourrait bien en être affectée.

Ce deuxième tome est ce que j’ai envie d’appeler un tome de transition : peu d’action, on y retrouve plutôt les héros dans leur vie quotidienne mais les événements se précisent dans les dernières pages et j’aspire à lire le troisième volet. Si cet épisode a apporté quelques réponses aux questions du premier volume, d’autres demeurent en suspens et le mystère reste entier. D’autant que Guillemot semble toujours aussi, sinon davantage, doué pour la magie…

Malgré le côté plus « calme » du récit, j’ai beaucoup apprécié ma lecture et je suis impatiente de découvrir la suite, notamment de découvrir les origines de Guillemot. Les aventures de la petite bande sont toujours bien agréables à suivre, les caractères des uns tempérant ceux des autres, les idylles se dessinant, … De nouveaux personnages font leur entrée et d’autres prennent davantage de place, un récit intéressant !

D’ici le prochain tome, je vous invite à parcourir avec moi l’avis de Syl, ma copine de LC… Est-elle toujours sensible au charme des graphèmes ? Son billet est ici...

Les Descendants de Kaui Hart Hemmings

Présentation de l'auteur :

Descendant de l’un des plus grands propriétaires terriens de l’île d’Hawaii, Matthew King voit son destin basculer le jour où son épouse, la belle et frivole Joanie, sombre dans le coma après un grave accident de bateau. Bientôt, conformément au testament qu’elle avait rédigé, les appareils seront débranchés, et Matt devra s’occuper seul de ses deux filles, Alex, dix-sept ans, ancien mannequin et déjà quelques problèmes de drogue à son actif, et Scottie, une pétulante petite fille de dix ans. Tandis qu’il demande à la famille et aux amis de Joanie d’aller lui dire au revoir, Matt découvre que sa femme avait un amant. Décidé à le retrouver pour qu’il puisse, lui aussi, faire ses adieux, Matt prend la route avec ses filles et se lance dans une quête salvatrice.


D’une plume tout à la fois incisive et mélancolique, acide et sincère, lucide et drôle, Kaui Hart Hemmings sonde les liens affectifs qui font d’un homme un amant, un mari et un père, et signe, avec Les Descendants, un authentique roman d’amour.

Avis :

A Hawaii, la vie de Matthew King s’écoule sans problème : avocat, sa préoccupation principale est de gérer le « consortium » familial et de décider à qui les terres familiales doivent être attribuées. Les soucis domestiques, grands ou petits, sont du domaine de Joanie, son épouse. Il en va de même avec les deux filles du couple : Scottie, une petite fille fantasque et Alex, une adolescente à problèmes qui a choisi de vivre à l’internat.

Du jour au lendemain pourtant, la vie de Matthew change du tout au tout lorsque Joanie est victime d’un grave accident de bateau. Joanie dans le coma, sur un lit d’hôpital et voilà Matthew devant faire face aux soucis du quotidien dont il ne s’était jamais préoccupé. La difficulté étant accrue par l’état de son épouse : la situation est sans espoir et conformément au testament de vie qu’elle avait rédigé, les appareils seront bientôt débranchés.

Face à la disparition imminente de son épouse, Matthew décide de prévenir famille et amis pour donner à chacun la possibilité d’un dernier adieu. Apprenant que sa femme avait un amant, Matthew décide de le prévenir également et part à se recherche, accompagné de ses deux filles.

Avec Les descendants, Kaui Hart Hemmings réussit un exercice difficile en signant un premier roman sur un sujet aussi sensible que celui-ci. La perte d’un proche, les adieux, la vie après… Autant de questions délicates qui sont abordées ici, sans larmoiements excessifs et sans pathos. Tout à coup, Matt doit assumer les rôles qu’il a trop longtemps délaissés et qui s’imposent à lui. Il doit préserver ses filles et assurer leur avenir.

L’auteur met l’accent sur l’importance des liens familiaux ; à la fois à travers le drame qui touche Matt et les siens, mais aussi en évoquant le devenir des terres hawaiiennes, dans la famille depuis 1840. Les scènes entre le père et ses filles sont à la fois touchantes et drôles. L’escapade de Matt en compagnie d’Alex et de Scottie, donne de la légèreté au texte. Certaines scènes sont assez amusantes, notamment la présence de Sid, l'ami d'Alex, ou via les T-shirts de Scottie. Je ne vous en dirai pas plus, il y a une petite surprise à la lecture ^^

L’écriture de Kaui Hart Hemmings est précise, délicate, elle nous livre la chronique des derniers jours de Joanie, à travers la vie des siens. Elle trace le portrait d’un homme désemparé, qui tout à coup se retrouve face à sa famille, éclatée ; à sa femme, mourante ; à un héritage qu’il n’a jamais vraiment accepté. Une très belle lecture, émouvante, sur la famille et le sens des valeurs.

lundi 5 mars 2012

Les Landes d'Âmevignes, tome 1 : Le Pays des Morts de Anna Kendall


Lecture en partenariat avec Livraddict et les éditions Castelmore : un grand merci à tous deux pour cette découverte !


Résumé de l'éditeur :

Roger, quinze ans, a un don: il peut traverser la frontière entre le monde des vivants et le pays des Morts. Ce genre de pouvoir est tabou et seul son oncle en a connaissance... et en abuse. Il envoie Roger interroger les morts pour revendre à prix d'or leurs derniers mots aux familles.

Jusqu'au jour où l'oncle Hartah va trop loin: Roger s'enfuit et échappe de peu à la mort... pour se retrouver à la cour de la reine Caroline. On dit de celle-ci qu'elle est une sorcière; Roger devra faire preuve de ruse et d'intelligence pour survivre aux intrigues de la cour... quitte à réintroduire les Morts dans le monde des vivants!

Avis :

Roger est orphelin et vit avec son oncle Hartah et sa tante Jo. Pourtant son plus grand malheur, Roger a un don, il est capable de passer dans le monde des morts. Conscient du potentiel que l’adolescent représente, Hartah n’hésite pas à le maltraiter pour le faire « traverser » et exploiter ainsi ses capacités hors du commun. Le jour où une occasion se présente, Roger n’hésite pas à se débarrasser de son tortionnaire et s’enfuit. Il tente sa chance à la cour et cherche à se fondre dans la masse des travailleurs qui assurent l’intendance du château. Roger sera donc lingère et cherche à cacher ses étranges pouvoirs mais un tel secret est bien difficile à taire…

Anna Kendall met donc en scène un orphelin doté d’un pouvoir trop lourd à assumer. Pour le malheureux Roger, seul et désemparé, il s’agit plus d’une fatalité que d’un don. Sommé de taire ces capacités étranges, il est à la merci de personnes peu scrupuleuses qui veillent uniquement à leurs intérêts.

Roger est un personnage qui attire la sympathie, on ne peut s’empêcher de le plaindre, tant sa vie est sombre et misérable. Même lorsque sa vie semble s’améliorer, en étant accueilli à la cour, ses ennuis continuent et il se trouve pris dans un conflit dont les enjeux le dépassent largement et il ne parvient pas à se libérer des pressions qui s’exercent sur sa personne.

Le thème de ce roman est assurément original, la mise en scène du Pays des morts et les passages de Roger d’un monde à l’autre sont, selon moi, inédits. Leur exploitation est intéressante et les rebondissements sont nombreux. A la fin de ce tome, certains mystères ont été dévoilés mais d’autres persistent et ont attiré ma curiosité. Le deuxième volume sera dont le bienvenu pour apporter une réponse à mes questions.

Simple et agréable à lire, le style d’Anna Kendall donne vie à cet univers surprenant et novateur. La vie à la cour de la reine Caroline, les intrigues, les rivalités entre les reines constituent une fresque passionnante, captivante. L’auteur décrit avec réalisme et brio l'atmosphère, les décors, les personnages. Ainsi, le pays des morts et les paysages désolés d’Amevignes semblent lugubres et bien peu engageants.

Au final donc, l’intrigue reste entière et m'appuyant sur ce premier roman que j'ai trouvé très plaisant, j’attendrai avec impatience la lecture du tome suivant de cette série fantasy originale. Un grand merci à Livraddict et aux éditions Castelmore pour cette lecture captivante.




Logo Livraddict

Far aux pruneaux





Voici une recette tirée du livre de recettes familial, elle me vient de mon arrière-grand-mère et je n'ai pas résisté à vous la livrer, dans le cadre du challenge de Syl. Juste avant d'emporter mon gâteau à l'école, histoire d'étrenner mon sac à tarte Mademoiselle Bérénice.



Mélangez 200 gr de farine, une pincée de sel, 2 oeufs entiers, 125 gr de sucre fin et assez de lait pour obtenir une pâte coulante mais pas trop liquide.

Beurrez un plat allant au four et mettez-y 200 gr de pruneaux.

Versez la pâte sur les fruits et faites cuire 30 minutes à four chaud.

Servez tiède.


En ce moment chez Dup et Phooka :

Mars sera le mois de Nicolas Sker, auteur de Le premier crâne, sur Book en Stock !




Une interview participative et un débat sont déjà au programme. N'hésitez pas à aller y faire un tour !

A comme Association : Car nos coeurs sont hantés d'Erik L'Homme


Lecture commune avec Syl

La note de l'éditeur :

Réveillé en fanfare par Fafnir, son sortilège-espion, Jasper s'apprête à partir sur les traces du dangereux chamane. Lorsque Jean-Lu, venu à la rescousse, tombe sur trois sbires évanouis sur le pas de la porte, il lui faut inventer une nouvelle série de mensonges - un art très prisé par l’Association ces derniers temps. Mais les ennuis ne s’arrêtent pas là. Jasper, devenu ennemi public numéro un, est pourchassé par des Anormaux enragés, par un Mage rancunier et même par mademoiselle Rose, transformée en chef de guerre ! Si notre magicien en herbe découvre les secrets des mondes qui l’entourent, il lui manque encore de nombreuses réponses ; à commencer par le mystère des pouvoirs de Nina ! Heureusement, Ombe est là pour le guider, que ce soit pour affronter un loup-garou ou une jolie fille...

Avis :

Vacances obligent, j’ai dû attendre quelques jours pour me procurer le dernier tome de A comme Association. Si tôt acheté, si tôt dévoré ! Et me revoilà plongée dans les aventures de Jasper pour mon plus grand bonheur...

Réfugiés pour la nuit dans l’appartement de notre agent stagiaire préféré, Jasper et Nina, alertés par Fafnir, se remettent sur la piste d’Otchi, le mystérieux et redoutable chamane. A peine sortis, ils trouvent trois sbires de l’Association bien mals en point et Jean-Lu. Pas facile de justifier ces corps inanimés, même à son meilleur ami… Et voilà Jasper obligé d’inventer une sombre histoire de drogue et de dettes impayées ; et Jean-Lu de s'inviter dans la poursuite. De quoi compliquer encore davantage la tâche de nos agents stagiaires…

Pendant ce temps, dans les locaux de l’Association, Mademoiselle Rose se lance sur le sentier de la guerre, prête à en découdre avec celui qu’elle croit responsable de la mort du Sphinx. Pour tout ce petit monde, l’heure des explications va bientôt sonner et quelques surprises se préparent…

Voici donc un nouveau tome, tout en action et en rebondissements. Autour de Jasper, le complot se précise, avec le retour de vieilles connaissances et les masques tombent. Jasper est toujours au centre de l’histoire et il peut compter sur Ombe, présente à sa manière, pour l’épauler. En quelques mois, le jeune agent stagiaire a progressé, mûri. Aujourd’hui, il doit faire face au chaos et se pose beaucoup de questions. Certaines, existentielles.

Dans la galerie des personnages secondaires de cet épisode, certains occupent davantage d’espace, comme Fafnir, le sortilège espion, et d’autres déploient des ressources insoupçonnées. D’autres, enfin, nous reviennent comme d’heureuses surprises, d’autres beaucoup moins. Inutile de dire que, pour Jasper, la partie sera serrée…

Dans cet avant-dernier tome, Erik L’homme nous a concocté quelques révélations saisissantes et, si quelques pistes se précisent, des interrogations persistent et la lumière n’est pas encore faire sur toute l’affaire. De quoi tenir le lecteur en haleine jusqu’au mois d’octobre, date de sortie du huitième tome. Mission accomplie !

Allons découvrir l'avis de Syl, son billet est ici.

vendredi 2 mars 2012

Un classique pour le goûter : Jeux d'enfants aux pommes


Pour ma première participation au challenge Les livres gourmands de Syl, j'ai choisi un cake classique que j'ai l'habitude d'aromatiser en fonction de mes envies ou du contenu du frigo. Aujourd'hui donc, version aux pommes ! La recette est tirée des Carnets de cuisine, Petite et grande pâtisserie des éditions Hachette Pratique.



Ingrédients :

250 g de farine - 1 sachet de levure - 2 oeufs - 200 g de sucre - 125 g de beurre mou - 1,5 dl de lait tiède - 1 sachet de sucre vanilliné ou 1 zeste de citron ou 100 g de cacao ou 2 pommes pour l'arôme



Préparation :

Tamisez la farine et la levure.

Ajoutez les oeufs au centre de même que le sucre, le beurre et le lait.

Travaillez jusqu'à l'obtention d'une pâte lisse.

Ajoutez l'arôme.

Cuire au four, thermostat 6 1/2 pendant 40 minutes.




Et voilà ! Facile et rapide, ce gâteau porte bien son nom et il a été dûment appouvé (ou dévoré, au choix) par le jury maison...

jeudi 1 mars 2012

Les Ecriveurs : tome 1 - La cité lumineuse de Frédéric Mars



Le résumé de l'éditeur:

« Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi ce cadeau ou cette place d’honneur qui vous semblaient destinés ont atterri dans les mains d’un autre que vous ? Pourquoi des obstacles de dernière minute se dressaient sur votre route alors que rien ne semblait s’opposer à votre succès ? Pourquoi le bus que vous deviez prendre partait sans vous, à quelques secondes près ?

Vous invoquez le sort, la malchance, la fatalité ? Vous pensez que c’est comme ça et qu’on n’y peut rien ?

Mais bientôt, dans quelques instants, vous saurez. Ma vie et la vôtre, que vous le vouliez ou non, sont dorénavant liées à jamais…

Pourquoi ça ?

Oh, c’est très simple. Ça se résume même en une phrase :

VOTRE VIE, C'EST MOI QUI L’ÉCRIS ! »

Avis :

Je tiens avant tout à remercier les Editions Baam qui m’ont donné la chance de lire le nouveau roman de Frédéric Mars ! Conquise par son précédent livre Non stop, c’est avec grand intérêt et autant de curiosité que j’ai répondu favorablement à cette offre.

J’ai donc découvert Lara, une adolescente qui a perdu très tôt sa maman et vit avec un père peu présent et deux demi-sœurs, Bethsie et Rhonda. Particularité de la vie de Lara : elle habite Hometone, une île cachée du reste du monde.

A priori, la vie de Lara peut ressembler à celle de nombreux ados. Pourtant, elle souffre de dysgraphie et trace ses lettres en miroir. Outre ce léger handicap, la cohabitation de Lara et Bethsie est plutôt mouvementée, Lara étant le souffre-douleur de Bethsie.

Ce sont néanmoins les mauvais traitements de Bethsie qui vont marquer l’entrée de Lara dans le monde des Ecriveurs. Inconsciemment, tentant d’échapper à Bethsie, Lara est « révélée » et découvre l’existence des Ecriveurs, ces personnes qui ont la charge d’écrire l’histoire de leurs protégés, les Ecrits.

Parallèlement à ces révélations, Lara découvre que sa dysgraphie est finalement un don et qu’une nouvelle existence s’offre à elle… Une vie où tout est à découvrir et où les responsabilités semblent bien lourdes mais peut-être également une possibilité de faire la lumière sur le décès de sa mère.

Avec ce personnage de Lara, adolescente déterminée et sympathique, Frédéric Mars nous ouvre la porte d’un univers inédit, complexe, intriguant. Dans un style vif et passionnant, il nous emmène dans des aventures que nous n’aurions pas imaginées un instant.

A la manière des poupées russes, les pistes semblent multiples et tout semble possible, livré au bon vouloir des Ecriveurs. Nous suivons d’une part la vie de Lara, partagée entre sa vie d’adolescente ordinaire et sa tâche d’Ecriveur, et d’autre part, celle de ses Ecrits. Sans compter que dans l’ombre, certains tirent les ficelles et complotent…

A la fin de ce premier tome, les questions sont nombreuses et le suspense reste entier. Autre point fort du roman : l’humour et la causticité que manie avec brio Lara qui n’a décidément rien de la victime consentante. J’ai pu à nouveau constater le pouvoir hautement addictif de l’écriture de Frédéric Mars et je n’ai pas manqué de conseiller ce volume à mes ados, histoire de le partager. C’est avec beaucoup d’impatience que j’attendrai le second tome de ces Ecriveurs ! Un grand merci à Elena des Editions Baam pour sa gentillesse et la possibilité de découvrir ce roman jeunesse captivant.